L’automne des audits !

Rentrée studieuse pour le Plan Climat… Côté collectivité, le Grand Lyon a obtenu  un score de 62% pour le label « Cit’ergie », qui évalue sa politique Energie-Climat. Côté territoire, le suivi des émissions de Gaz à Effet de Serre publié par Air Rhône-Alpes a été passé au crible des critères « M, R, V ». Le projet s’est lui aussi clôturé par un audit le 13 et 14 octobre, avec un retour très positif.

Un plan climat labellisé « Cit’ergie »

>> Mesure 1.1 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.8]

 

Les participants à l'audit du 24 octobre : la partie émergée de l'ice-berg, puisque le travail a mobilisé près de 50 personnes pour l'évaluation.

Les participants à l’audit Cit’ergie du 24 octobre : ce n’est que la partie émergée de l’ice-berg, puisque le travail a mobilisé près de 50 personnes pour l’évaluation de la prise en compte de l’énergie dans tous les processus et services.

 Cit’ergie, qu’est-ce que c’est ?

Le label Cit’ergie est à la base un label européen (European Energy Award). Il a été décliné en France par l’ADEME (plus d’infos sur le site dédié.) Un conseiller a travaillé pendant 10 mois avec les services pour « passer en revue » les 79 critères qui permettent, au final, d’avoir une note. Si la collectivité obtient plus de 50%, elle peut demander le label qui lui sera délivré par la CNL (Commission Nationale du Label).

La démarche a-t-elle permis de trouver de nouvelles actions ?

Si l’on retrouve des sujets classiques du Plan Climat (où en sont les modes doux sur le territoire ? quelle est la part d’EnR dans le mix énergétique des réseaux de chaleur? etc), d’autres critères nous poussent à explorer des champs nouveaux (les référents énergie-climat sont-ils identifiés dans leur fiche de poste ? la collectivité a-t-elle un budget énergie ?). Enfin, certains liens entre nos politiques n’étaient peut-être pas suffisamment explicités dans le Plan Climat : lien au Plan Local de Prévention des Déchets (moins de déchets, c’est au final moins de CO2 lié à leur collecte et leur traitement), lien au Shéma Directeur de l’Energie en cours d’élaboration, etc.

62%, c’est un bon score ?

Pour une première fois et au regard de la taille de la collectivité, c’est un score très satisfaisant, d’autant que les 6 domaines Cit’ergie sont assez équilibrés. Le graphique ci-dessous illustre bien cette répartition :

Les scores obtenus sur les différents "domaines" de Cit'ergie.

Les scores obtenus sur les différents « domaines » de Cit’ergie.

Où en sont les autres communes ?

Les villes de Lyon, Rilleux-la-Pape et Vénissieux se sont elles aussi lancées dans la démarche Cit’ergie. La ville de Lyon devrait pouvoir prétendre au label en Juin 2015.

 

Des émissions « M,R,V » avec Air Rhône-Alpes

 >> Mesure 7.1 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.60]

Le projet MRV : des émissions de CO2 "Mesurables, Rapportables, Vérifiables" sur les territoires du Grand Lyon, de Strasbourg et de Nantes métropole.

Le projet MRV : des émissions de CO2 « Mesurables, Rapportables, Vérifiables » sur les territoires du Grand Lyon, de Strasbourg et de Nantes métropole.

M, R, V en quelques mots

Cet acronyme signifie « Mesurable, Rapportable, Vérifiable » : c’est un processus qualité que l’on est obligé de respecter dans certains engagements internationaux, par exemple le protocole de Kyoto. Ainsi, l’ONU vérifie chaque année que les émissions de CO2 calculées par les Etats respectent bien ces critères, car des mécanismes financiers sont liés (quotas carbone sur les industries).

Qu’est-ce que le projet a apporté ?

Air Rhône-Alpes est l’association qui suit chaque année les émissions de CO2 et de polluants de l’agglomération (voir ici pour l’air et ici pour les GES). Pour arriver à ce résultat, plusieurs sources de données sont utilisées : les déclarations d’émissions des industriels, le trafic routier, les livraisons de carburant, de gaz ou d’électricité… pour répartir finement l’énergie consommée (et donc le CO2 émis) par usage, certains hypothèses sont utilisées, c’est pour cela que l’on parle de modèle.

Le projet MRV a permis de mener une vérification complète des processus de calcul d’Air Rhône-Alpes, que ce soit sur la traçabilité des données utilisées, le recours à de la donnée réelle de consommation, la formalisation des processus de calcul, jusqu’au stockage informatique des données… Tout a été remis à plat sur les années 2010 et 2012 en particulier.

A l’occasion de ce projet, l’inventaire des émissions a été complété pour avoir la totalité des GES : aux gaz CO2, CH4 et N2O ont été ajouté les gaz fluorés (HFC, PFC et SF6). Le graphique ci-dessous illustre cet ajout : au final c’est tout de même 6 à 8% des émissions de CO2 du territoire ! Ces gaz sont principalement utilisés dans l’industrie et la réfrigération (climatisation des locaux ou des véhicules).

 

Contribution des différents Gaz à Effet de Serre dans les émissions de CO2 de l'agglomération.

Contribution des différents Gaz à Effet de Serre dans les émissions de CO2 de l’agglomération.

Qui a audité Air Rhône-Alpes ?

Le CITEPA est l’organisme qui – entres autres – est chargé de déclarer chaque année les émissions de CO2 de la France dans le cadre des accords internationaux sur le Climat (dont le protocole de Kyoto). Deux auditeurs du CITEPA sont venus pendant 2 jours auditer en détail le fonctionnement de l’association Air Rhône-Alpes, ses bases de données, ses méthodes de travail. Le retour a été positif car l’association a des bases solides en matière de suivi qualité, pour autant de nouvelles actions d’amélioration ont été trouvées.

Et la suite ?

Maintenant que nous avons l’assurance que le modèle est le plus complet possible, nous allons pouvoir travailler sur les indicateurs et sur la pédagogie : en effet c’est un sujet technique, mais la compréhension est essentielle pour comprendre où va le territoire en matière d’impact sur le climat ! Que ce soit pour guider les politiques publiques ou pour favoriser la prise en main du sujet par les acteurs du territoire, citoyens, entreprises…

 

Geco-Drive ou le challenge d’éco-conduite accessible à tous

​Après le Challenge mobilité, l’Institut Français du Pétrole Energies Nouvelles (IFPEN) et le Grand Lyon lancent un challenge d’éco-conduite interentreprises, qui se déroulera du 3 au 19 novembre 2014.

>> Mesure visée par le 2.4 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.16]

challenge d'éco-conduite GécoL’éco-conduite est une conduite automobile économe en carburant, écologique et économique adaptée aux moteurs actuels. Cette conduite a un impact significatif sur la consommation (entre 10 et 15 % d’économie) et l’environnement, ainsi que sur la sécurité.

L’objectif du challenge est simple : récompenser les entreprises qui auront le plus participé et celles dont les salariés auront réalisés les meilleurs scores sur l’application smartphone « Geco – Drive », une application gratuite développée par l’IFPEN et disponible sur l’app store, Googleplay ou via le site www.geco-drive.fr.

Pour participer, rien de plus simple !

  • Téléchargez l’appilcation Geco – Drive sur www.geco-drive.fr
  • Rendez-vous sur le site www.geco-drive.fr pour s’identifier et s’enregistrer
  • Lancez l’application Geco – Drive à chaque utilisation de votre véhicule

 

Quand la propreté roule à l’eau et carbure à l’électrique !

Dans le cadre de ses démarches visant à réduire l’impact carbone global des services urbains, le Grand Lyon expérimente deux dispositifs appliqués à la propreté urbaine. L’enjeu ? Diminuer les consommations de carburant de ses flottes de véhicules.

>> Mesure visée par l’action 1.1 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 8]

En 2013, 5 balayeuses ont été équipées d'un procédé fonctionnant à l'eau qui permet une baisse de 15% des consommations de carburant.

En 2013, 5 balayeuses ont été équipées d’un procédé fonctionnant à l’eau qui permet une baisse de 15% des consommations de carburant.

De l’eau pour booster les moteurs !

Dispositif HKM fixé sur une balayeuse, près du moteur.

Dispositif HKM fixé sur une balayeuse, près du moteur

Saviez-vous qu’on peut rouler à l’eau ? Partons à la découverte d’un dispositif très simple testé par le service Propreté pour utiliser les propriétés « détonantes » des molécules de l’eau et diminuer ainsi la consommation de carburant des balayeuses.

Rappelons-nous de nos cours de chimie : l’eau « H2O » est composée d’hydrogène et d’oxygène. Or, l’hydrogène explose, et l’oxygène est un gaz qui améliore la combustion (quand souffle sur des braises, par exemple). Il suffit juste de séparer ces molécules, ce que propose le procédé « H-H-O » qui utilise une électrode connectée à un simple réservoir d’eau distillée : le courant électrique transforme l’eau en gaz.

« Nous avons testé le procédé de la société HKM énergie : l’eau décomposée en gaz  améliore la combustion dans le moteur et fournit plus de puissance », explique Thierry Bonnot, directeur de la subdivision Logistique et Véhicules Industriels qui gère l’atelier de maintenance. « Injecté juste au niveau de l’admission d’air, ce système permet un gain CO2 de -15% et un gain encore plus important sur les autres polluants, car la combustion est ainsi plus complète. 5 balayeuses sont d’ores et déjà équipées, 12 le seront bientôt. »

Ce système s’adapte à de multiples procédés pourvu que la puissance soit à peu près constante (ex: transport longue distance, groupes électrogènes…). Alors, avis aux mécanos !

En savoir plus

Des bennes électriques pour la collecte des ordures

En parallèle, le Grand Lyon expérimentent le ramassage électriques des ordures ménagères, via son prestataire SITA.  « 8 bennes à ordures ménagères [BOM] électriques, particulièrement adaptées aux secteurs denses, sont ainsi déployées sur les arrondissements de Lyon 2, Lyon 5 et Lyon 6″ précise la Direction de la Propreté du Grand Lyon.

La motorisation électrique présente en effet des avantages certains :

  • zéro émission de gaz à effet de serre en ville,
  • la réduction effective des nuisances sonores grâce à une collecte plus silencieuse.

SITA a d’ailleurs équipé ces véhicules en février 2014 pour mesurer les impacts environnementaux réels de la démarche. Bilan des courses : les 8 BOM électriques utilisées 6 jours par semaine permettent une économie moyenne de 2500 litres de gasoil tout en épargnant à l’environnement le rejet annuel de 8000 tonnes de CO2.

Pour mémoire, les services du Grand Lyon émettent environ 370 000 tonnes de CO2 par an soit 5% des émissions du territoire.

Hiver 2013 : Vaulx-en-Velin se chauffe au bois

Le bois est devenu, à 65%, le premier combustible de la chaufferie centrale de Vaulx-en-Velin. Une révolution énergétique pour le réseau de chaleur quarantenaire qui, jusqu’en 2011, fonctionnait au charbon, gaz et fioul lourd.

>> Mesure visée par l’action 2.2 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 12]

SAMSUNG CSC

La chaufferie biomasse inaugurée en juin 2013 produit 89 % de l’énergie nécessaire au réseau de chaleur vaudais.

Fin octobre, début novembre. Les jours raccourcissent, les matinées se font plus fraîches, on se surprendrait même à allumer le radiateur en soirée : c’est la saison de chauffe qui débute avec les prémisses de l’hiver. Après une phase de tests concluante cet été, Vaulx-en-Velin passe son chauffage urbain à l’énergie bois.

Une production énergie soucieuse de l’environnement
Exploitée en délégation de service public par Cofely Services – filiale du groupe GDF Suez, la chaufferie biomasse compte trois chaudières bois interopérables pour une puissance cumulée de 22,5 MW. A titre de comparaison, la chaufferie biomasse de Vénissieux produit 12,7 MW ; celle de La Duchère 14 MW.

Sur place, M.Verand, directeur d’exploitation veille au grain : « c’est ici qu’est produite la chaleur nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire des habitations, écoles, collèges lycées et établissements professionnels – soit 12000 équivalents-logements. »
La chaufferie biomasse assure à elle seule 89% de la demande en énergie du réseau ! Pour le reste, elle est couplée avec des équipements d’appoint – une cogénération et deux chaudières gaz. Précaution oblige, une chaudière de sécurité au fioul demeure de manière à parer les sollicitations exceptionnelles du réseau, lors d’une période prolongée de grand froid par exemple.

La commune de Vaulx-en-Velin acte par là-même une mutation exemplaire, inscrite au titre du Plan Climat Énergie Territorial. L’installation rutilante permet d’économiser chaque année l’équivalent de 15000 tonnes de pétrole et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 37800 tonnes de CO2. « Soit l’équivalent de 7785 tours de la Terre en petite cylindrée ! » précise le directeur d’exploitation.

Un approvisionnement en circuits courts
Pour assurer le ravitaillement de la chaufferie au plus fort de l’hiver, 12 à 13 camions acheminent quotidiennement le bois de combustion – plaquettes forestières (50%), rafles de maïs, résidus agricoles et forestiers – depuis la plateforme de Saint-Maurice-de-Gourdans, à 30 km à peine de Lyon.
Au total, 12 exploitations locales, voire régionales, sont mobilisées pour fournir les 40000 tonnes annuelles nécessaires au fonctionnement de la chaufferie biomasse.

La chaufferie biomasse dispose d'une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

La chaufferie biomasse dispose d’une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

Une fois réceptionné, le bois est stocké, brûlé, séché puis carbonisé pour alimenter le réseau en énergie. On récupère les cendres en bout de course : 1200 tonnes annuelles dont 800 revalorisées en béton de mâchefer.

« En terme d’émission carbone, la combustion du bois est neutre, rappelle le directeur d’exploitation. Elle se contente de réémettre dans l’atmosphère le CO2 absorbé par l’arbre lors de sa croissance. »

Un prix de l’énergie plus avantageux
Nous l’avons vu, la chaufferie biomasse assure 65 % de la production de chaleur avec une énergie renouvelable. Coïncidence hasardeuse ? Point du tout : au dessus de 60%, la TVA passe à 5.5 pour la biomasse – contre 19,6 % pour les énergies fossiles. Une économie à la source répercutée sur le consommateur final.

Résultat ? Dès 2014, la facture moyenne de chauffage/eau chaude devrait diminuer de 18 % en moyenne : une réponse solidaire à la montée inquiétante de la précarité énergétique.

SAMSUNG CSCLe chauffage urbain Vaudais en chiffres

  • 25 km de réseau primaire
  • 135 sous-stations
  • 12 000 équivalents logements desservis
  • 40 000 tonnes de bois par an au maximum
  • 37 800 tonnes de CO2 par an en moins
  • 22,5 MW de puissance bois
  • 15 à 20% de baisse du prix de l’énergie
  • 65% de la chaleur produite par le bois

Débat national sur la transition énergétique – « Nous allons devenir une population consciente de l’énergie. »

Le débat national sur la transition énergétique (DNTE) qui se déroule dans toute la France jusqu’en juillet doit conduire à un projet de loi de programmation à l’automne 2013. Les deux ateliers débats, organisés en mai 2013 – le premier à l’initiative du Grand Lyon ; le deuxième co-organisé par l’ALE, ERDF et le Grand Lyon – ont été l’occasion de mobiliser en nombre les acteurs stratégiques locaux pour croiser les premiers retours d’expériences menées à l’échelle du territoire.
Alors que la transition énergétique éveille des échanges passionnés, de grandes tendances se dessinent et semblent d’ores et déjà faire consensus dans les salles combles.

>> Mesure visée par le 4 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 32]

Vers la transition énergétique, l’échelon local s’impose

La transition énergétique est un objectif de bien commun incontournable dans lequel les collectivités territoriales ont un rôle primordial à jouer. « Dans la mesure où elle peut proposer des solutions modelées sur les caractéristiques intrinsèques de son territoire, l’institution communautaire apparaît un échelon pertinent pour prendre en compte les enjeux économiques, sociaux, techniques et financiers liés à l’Énergie » appuie Eymeric Lefort, responsable de la mission Énergie à la DPPA.

En s’intéressant à la planification énergétique jusqu’ici laissée à d’autres acteurs : l’État dans un contexte national ; la collectivité reprend son rôle d’aménageur du territoire et combine les outils et les partenaires – usagers, promoteurs, gestionnaires de réseaux, collectivité via ses aménageurs – autour de l’élaboration d’un schéma directeur énergie.

Ce changement de paradigme permettant une meilleure coordination des réseaux (électrique, gazier et chaleur) à l’échelle locale arrive à l’heure où nous entrons dans un nouveau cycle d’investissement du système électrique (1700 milliards d’euros répartis sur le système électrique horizon 2030), induisant nécessairement de nouveaux usages.

Dans cette configuration, le Grand Lyon incarne cette entité neutre, capable de rassembler et de fédérer les partenaires autour de projets intelligents pour l’avènement d’un modèle énergétique grand lyonnais.

Vers un nouveau modèle énergétique, l’essor des smart grids

Préalables indispensables à la planification énergétique, les réseaux intelligents – dits  « smart grids » – rapatrient de la donnée pour une connaissance fine du territoire : autant d’informations nécessaires aux justes choix des investissements, au meilleur dimensionnement des réseaux, etc.

Les réseaux électriques vont connaître une révolution sans précédent : 95% des installations d’énergies renouvelables seront reliées aux circuits de distribution ! Les réseaux électriques intégreront de plus en plus les nouvelles technologies de l’information et de la communication, encourageant  les gestionnaires à développer leur offre de services auprès des usagers.

L’évolution vers un réseau électrique « smart » devrait donc permettre de développer des solutions innovantes pour l’optimisation globale des différents réseaux en soi et dans leurs relations les uns avec les autres.

Dans ce nouveau modèle, l’usager aura accès à sa consommation énergétique au jour le jour. « Il sera beaucoup plus impliqué et pourra ainsi ainsi s’engager en tant que producteur de sa propre énergie et participer à la stabilité du réseau par ses choix et ses actes. En bref, il devra se réapproprier l’énergie » s’enthousiasme Eymeric Lefort.
Dans cette perspective, les partenariats entre exploitants, gestionnaires et consommateurs vont prendre de l’ampleur, à l’image des expérimentations smart grids testées sur différents sites pilotes de l’agglomération. Avec 4 grands démonstrateurs à l’œuvre – Lyon Smart Community, Greenlys, Watt&Moi et Smart Electric Lyon – Lyon s’impose aujourd’hui comme le terrain privilégié d’expérimentations Smart Grids en France.

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Vers une sociologie de l’énergie, une variable d’ajustement primordiale

Consommer moins, consommer mieux, consommer autrement : tels sont les trois leviers interdépendants au service de la transition énergétique. Si les « smart grids » constituent la base d’un modèle énergétique plus efficace, le consommateur demeure la clé de voûte de ce triptyque gagnant.

« L’intelligence n’est pas (seulement) dans la technique mais (surtout) dans la consommation » indique le sociologue F.Labranche. Les « smart grids » permettent aux citoyens d’être plus sobres à la condition d’être utilisés correctement. En clair, « l’outil technologique cesse d’être un bidule à partir du moment où on m’explique comment m’en servir. »

A cet égard, les profils des usagers sont très différents, chacun s’appropriant l’innovation à sa façon et agissant selon des motivations propres. Les blocages au changement existent – on pense notamment aux inquiétudes liées à la valeur et à la propriété des données personnelles – il faut alors réfléchir sur la capacité et la volonté des usagers à se saisir de ces technologies nouvelles et mettre en place, pour chacune des expérimentations à l’œuvre, un suivi sociologique rigoureux.

« Nous allons devenir une population consciente de l’énergie », martèle le sociologue. Un consommateur éclairé qui n’en demeure pas moins libre d’agir : les comportements à l’égard de la technologie constituent donc une variable d’ajustement primordiale.  » Il est alors important d’intégrer les usagers au processus car la réussite de la transition énergétique ne se fera pas sans eux. Les mutations technologiques à l’œuvre doivent nécessairement s’accompagner d’une sociologie de l’énergie poussée, c’est le principal enseignement de ces rencontres » souligne Eymeric Lefort.

Pour aller plus loin
L’intégralité des ateliers-débats sera restituée sous forme d’actes et de vidéos, disponibles prochainement sur les site et chaîne Youtube du Grand Lyon. Les contributions au débat ont également été remises à la Région puis au Comité national du DNTE.

Bilan carbone® du Grand Lyon

« Le Bilan Carbone® du Grand Lyon? Mais ça fait un bail qu’il a été calculé! »

Oui, mais la synthèse était encore dans les cartons… Vous pouvez la télécharger ici :

Bilan Carbone du Grand Lyon - synthèse (1079 téléchargements )

Économies d’énergie, les gardiens communaux de Saint-Fons se forment pour agir

Quels gestes adopter dans les bâtiments municipaux pour baisser les consommations d’énergie ? Telle était la question posée aux gardiens des structures communales de Saint-Fons dans le cadre d’une formation dispensée cet automne par l’Agence Locale de l’Energie (ALE). L’objectif ? Renforcer la capacité des gardiens à adopter des gestes simples et par là même, transmettre l’éco-attitude aux usagers.

>> Mesure visée par le 3.3 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.30]

Double-vitrage, isolation, réfection des toits… pour réussir à réduire sa facture énergétiques, les travaux ne font pas tout ! Les comportements vertueux recèlent des marges de progression réelles. Eclairage, bureautique, chauffage, climatisation – excluant l’éclairage à la bougie ou la bouillotte pour seule source de chaleur hivernale – des actions de mobilisation suivies de mesures ont démontré que des baisses de 10 % à 20% sont – raisonnablement – atteignables.

Occupation des bâtiments, objectif de réduction 15%

Approuvé en décembre 2012, le Plan Climat de la Ville de Saint-Fons intègre un volet interne, orienté sur les services municipaux. « La formation des agents est inscrite à l’engagement « Généraliser les modes d’occupation et de gestion favorisant une baisse des consommations d’énergie dans les bâtiments communaux » avec un objectif de réduction de 15% d’ici 2020, » explique David Leyval, DGA du pôle développement territorial à la Ville de Saint-Fons.

Dans ce scénario là, les gardiens des bâtiments communaux – établissements scolaires et sportifs pour la plupart – occupent le haut de l’affiche. Acteur clé à double titre, le gardien communal, par ses gestes, a une incidence directe sur la consommation de son bâtiment. Dans le même temps, le gardien présent sur site, au contact quotidien de ses occupants, devient le relais privilégié de l’éco-attitude.

Formation ALE, décryptage énergétique pour action

La  première session de formation, qui a réuni 8 gardiens en octobre dernier, alternait séances théoriques et ateliers pratiques. Bons élèves, les gardiens ont ainsi planché sur l’identification des sources de déperditions énergétiques de leurs bâtiments : « des exercices concrets, particulièrement bien adaptés à nos métiers » estiment-ils.

Au cours d’une seconde séance, les gardiens se sont interrogés sur ces gestes simples, susceptibles de réduire les consommations énergétiques. « Au final, nous avons retenu 10 éco-actions faciles à mettre en œuvre dans le cadre de nos missions quotidiennes. » Par exemple ? Mettre au ralenti ou en arrêt les équipements pendant les vacances scolaires, couper les veilles et appareils non-utilisés, ouvrir et éclairer uniquement les locaux utilisés ou encore nettoyer les bouches de ventilation, détartrer les pommeaux de douches et les chasses d’eau.

Dans le même temps, le groupe a travaillé sur la déclinaison de 10 éco-gestes à l’intention des usagers, parmi lesquels fermer les portes et fenêtres après utilisation des lieux, couper le chauffage à la sortie ou éteindre les ordinateurs plutôt que d’opter pour la veille prolongée. Une lettre de mission, à la signature du maire, viendra officialiser les gardiens dans leur rôle de « référent DD sur site« .

Pour suivre les évolutions de consommation, les gardiens ont opté pour la mise en place d’un tableau de bord par site.

« Outre le travail plus théorique encadré par l’ALE, la visite de l’école HQE Jean Guéhenno de Saint-Fons, commentée par le gardien et préparée en amont avec l’ALE et les services techniques municipaux, a été très profitable, » souligne David Leyval, estimant par ailleurs que  » les objectifs les plus opérationnels au regard du plan climat sont atteints. »

Energie solaire : Meyzieu prête sa toiture contre bons soins

Panneaux photovoltaïques ( vue de dessous)

La production annuelle d'énérgie pourrait atteindre 369 MWh

>> Mesure visée par les 4.6 et 4.10 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.46 et p.50]

Échange de bons procédés : la Ville de Meyzieu libère une grande surface de toiture communale pour l’installation de panneaux photovoltaïques à la société Sol ARcadia, spécialisée dans la production d’énergie solaire. En contrepartie, l’entreprise essonnienne s’engage à rénover  les toits concernés et à entretenir pendant 20 ans.

C’est la nature du deal effectué entrela Villede Meyzieu et Sol Arcadia, officialisée par l’attribution de la concession de travaux publics en février dernier.

20 ans sous concession

Des équipements sportifs aux établissements scolaires, sans omettre la salle des fêtes, 6 bâtiments ont été retenus pour accueillir des panneaux photovoltaïques en toiture.

Pendant les 20 années que dure la concession de travaux, l’entretien des panneaux et des toitures est assuré par Sol Arcadia qui se réserve les droits d’exploitation des installations. A ce titre, elle revend pour son compte la production d’électricité à ERDF, au tarif de rachat dit « intégré ».

Au terme de la concession, l’exploitation des panneaux reviendra à la Villede Meyzieu.

Agilité partenariale

Ce partenariat novateur repose sur la volonté de la commune de réduire les coûts d’une réfection des toitures longue et onéreuse, par ailleurs inéluctable. « Nous recherchions des solutions rentables explique Cyril Guillot, ingénieur Energie, Environnement et Développement durable à la Villede Meyzieu, la concession de travaux publics envisagée avec Sol Arcadia nous permet tout à la fois de maîtriser nos coûts  tout en accordant la part  belle aux énergies renouvelables. »

De fait, les quelques 1 770 m² de toiture concernés devraient atteindre une production annuelle de 369 MWh, soit 2,4% de la consommation énergétique totale de la ville ! « A terme, les bâtiments produiront plus d’énergie qu’ils n’en consomment » précise encore Cyril Guillot.

Risque zéro pour la commune

Le financement des travaux est rendu possible par les recettes uniques de la vente de l’électricité produite. « Le prix de revente de l’électricité est sécurisé sur 20 ans, le risque est neutre pour la commune » indique Cyril Guillot. Coup de chapeau pourla Villede Meyzieu qui s’assure par la même une économie de 350 000 €  tout en améliorant les performances énergétiques des bâtiments.

Cette collaboration innovante pourrait-elle inspirer d’autres communes ? « Ce sont des projets qui nécessitent une réflexion poussée, avec d’innombrables facteurs décisionnels parmi lesquels le choix du type de rachat et la rentabilité du dispositif ». Gageons qu’avec le temps – assorti d’une baisse attendue du coût des matériaux et d’une hausse du rendement solaire – l’initiative Majolane fera des petits.

Les travaux débuteront cet été avec la mise en service progressive des installations à compter de l’été 2013.

La glace de la patinoire Baraban recyclée en eau de nettoiement

La glace de la patinoire Baraban déversée dans la cuve de stockage.

L’eau issue de la seule fonte de la glace de la patinoire Baraban représente une économie de 14 000 litres d'eau potable par jour.

>> Mesure visée par le 1.1 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.8]

Dans un souci de préservation de la ressource en eau, les services du Grand Lyon et de la Ville de Lyon ont imaginé un dispositif efficace pour recycler l’eau de la patinoire Baraban, jusqu’alors rejetée dans le réseau d’assainissement. Un projet innovant qui s’est concrétisé fin novembre, grâce à la mobilisation des deux collectivités.

Compétent en matière de propreté pour l’ensemble du territoire, le Grand Lyon utilise de l’eau potable en grande quantité pour assurer le nettoiement des rues, des caniveaux et des trottoirs. « Jusqu’ici, les eaux issues de la fonte de la glace étaient directement réinjectées dans le circuit d’assainissement. Quant aux eaux pluviales, elles ruisselaient le long des toitures avant de gagner prestement le caniveau » confie le directeur des services techniques de la patinoire.

Limiter le recours à l’eau potable

Avec les eaux récupérées de la fonte de la glace et des toits de la patinoire Baraban,  la Ville de Lyon fournit un volume de 20 m3 d’eau par jour aux engins de nettoiement du Grand Lyon, mobilisés sur les 3e et 6e arrondissements de la ville.

Concrètement, la Ville de Lyon collecte l’eau provenant de la glace et des toits de la patinoire et la stocke dans une cuve de 50 000 litres, mise à disposition des véhicules de nettoiement du Grand Lyon qui s’approvisionnent directement à la source. « Ce dispositif permet de couvrir 17 % des besoins en eau pour les laveuses‐balayeuses du Grand Lyon » précise la Direction de la Propreté.

Un partenariat innovant qui devrait permettre au service de nettoiement de recycler près de 20 000 litres d’eau par jour – soit 5 millions de litres d’eau par an ! – pour économiser autant d’eau potable provenant du réseau.

Diminuer les émissions carbone

Cercle vertueux, la démarche collaborative permet de réduire les rejets d’eau dans le circuit d’assainissement, de diminuer en conséquence la quantité d’eau traitée à la station d’épuration Feyssine pour réduire, in fine, les émissions de CO2 liées au traitement de l’eau. Au total, les économies d’eau correspondent à 1.3t eq CO2/an (1m3 d’eau potable engendre une émission de 250g eq CO2 pour sa production, transport et traitement).

Par ailleurs la proximité du lieu d’approvisionnement en eau induit une réduction significative  de la consommation de carburant – et des rejets de Co2 associés – des engins de nettoiement.

Le dispositif pourrait être étendu à la patinoire Charlemagne et aux piscines municipales,  à l’image de la Ville de Rennes où les eaux de vidange des piscines municipales sont réemployées au nettoiement de la voirie depuis 2011. «Reste à trouver les moyens de stocker l’eau », tempère toutefois le service de nettoiement.

Un signe fort des deux collectivités qui, à travers cette action, affichent une volonté commune de s’engager dans des projets soucieux de l’environnement, sans altérer toutefois la qualité de service rendu aux usagers.

 

Grand Lyon, la flotte de l’année !

17e Trophée L'Automobile & l'Entreprise

17e Trophée L'Automobile & l'Entreprise

Les 17e Trophées du magazine L’Automobile & L’Entreprise ont récompensé trois gestionnaires de Parc Citoyens ce lundi 2 juillet. Seul représentant du secteur public, le Grand Lyon décroche la première place du podium « gestionnaire du parc citoyen 2012 », trophée mérité pour la cohérence de son plan d’actions menées à la faveur d’une mobilité durable.

Dans la catégorie « Gestionnaires de Parc Citoyens » le Grand Lyon s’est démarqué pour la cohérence de son plan d’actions menées au niveau de son parc automobile, avec notamment la prise en compte de la mobilité durable dans le cadre des déplacements professionnels (Plan de déplacements d’entreprises, regroupement des garages, mise en place des pools fédéraux de mobilité professionnelle avec intégration de véhicules électriques et vélos…)

De fait, pour offrir aux agents Grand Lyon des moyens de mobilité garantissant un faible impact environnemental dans leurs déplacements, les pools fédéraux proposent, depuis septembre 2011, 40 vélos dont 20 à assistance électrique et 8 véhicules électriques. Le tout sans réservation, prêt à rouler !

« Je crois à la complémentarité des modes de déplacements professionnels en vélos pour des distances inférieures à 10 km » explique Alain Labrosse, responsable logistique et véhicules à l’origine du dépôt de candidature Grand Lyon. « Je constate d’ailleurs la tendance de la jeune génération à se tourner, presque naturellement, vers ces modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle pour diminuer leur empreinte environnementale

Pour, Hervé Renucci, responsable de la Direction Logistique et Bâtiments du Grand Lyon « ce trophée constitue une belle reconnaissance des actions transversales engagées par les directions du Grand Lyon, depuis 1996, pour la protection de l’environnement ».

Sur la deuxième marche du podium, le parc automobile de BMS (Bristol-Myers Squibb) a été récompensé pour l’ensemble de son plan “ Go Green ” (formations à la sécurité routière, lavage écologique, mise en place de véhicules électriques…) « ex aequo » avec Clear Channel qui s’est distingué avec son plan d’éco-conduite et de prévention du risque routier.

Pour aller plus loin
> Lire aussi « 17e édition pour 18 Trophées remis en 2012 » sur le site dédié