La 3e Conférence Energie Climat mobilise les partenaires

Salle comble pour la 3e Conférence Énergie Climat qui s’est tenue le 28 octobre dernier à l’Hôtel de Communauté. L’objectif ? Dresser le bilan des actions engagées, deux ans la signature du Plan Climat Énergie Territoriale (PCET) et réaffirmer la volonté de maintenir une dynamique collective sur le sujet.

>> Mesure visée par l’action 2.2 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 58]

Salle comble pour la 3e Conférence Energie Climat du 28 octobre 2013. © J.Léone

Un auditoire dense et attentif pour la 3e Conférence Énergie Climat du 28 octobre 2013. © J.Léone

Rappelez-vous : les dernières CEC –  qui se sont respectivement tenues en mai 2010 et novembre 2011 – avaient abouti à l’élaboration partenariale des 26 actions cadres du Plan Climat et l’engagement de tous les partenaires à les mettre en oeuvre dans leurs domaines de compétence (transport, énergie, habitat).

Émissions de Co2, deux ans d’actions récompensées

Deux ans après la signature du PCET, il était temps de dresser un premier bilan et de réaffirmer la volonté de maintenir une dynamique collective sur le sujet ! Nous accueillons donc 18 nouveaux signataires en 2013,  portant à 73 le nombre officiel de partenaires mobilisés à l’échelle du territoire.

En matière d’émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), les actions directement liées au Plan Climat ont permis d’économiser -100 000 tonnes de CO2/an en 2 ans. Les actions les plus impactantes ont été :

  • la mise en place de chaufferies biomasse sur les réseaux de chaleur, avec 70MW de puissance installés aujourd’hui pour un objectif de 160MW en 2020 (-53 000 tonnes de CO2/an)
  • la mise en oeuvre du Plan Mode doux : nous avons atteint l’objectif initial de 520km de pistes cyclables fin 2013 et la part modale du vélo en ville a doublé depuis 2006 (-26 000 tonnes de CO2/an)
  • le succès du covoiturage : une récente enquête auprès de 1000 grand lyonnais a montré que 24 000 à 42 000 personnes covoiturent régulièrement, alors que l’objectif du Plan Climat est de 50 000 en 2020 (-13 000 tonnes de CO2/an)
  • la montée en puissance des rénovations au niveau BBC dans le parc social, avec déjà 2000 logements dont la rénovation sera terminée en 2014 (-2 000 tonnes de CO2/an)
Evolution entre 2000 et 2010 des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) du territoire du Grand Lyon. Source : Air Rhône-Alpes et OREGES, 2013.

Evolution entre 2000 et 2010 des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) du territoire du Grand Lyon. Source : Air Rhône-Alpes et OREGES, 2013.

 

GES, la tendance est à la baisse

Cette réduction, qui correspond à –1% à -2% des émissions du territoire, s’inscrit dans une tendance de baisse généralisée sur l’agglomération. En effet, le baromètre développé par Air Rhône-Alpes et publié sur le site de l’OREGES (Observatoire Régional des Gaz à Effet de Serre)  montre qu’en 10 ans, les émissions de GES du territoire ont baissé de -10% (période 2000-2010).

 

 

Quand on regarde un peu plus en détails, on s’aperçoit que chaque secteur ne s’est pas comporté de la même manière pendant ces 10 années.

 

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur des Transports sur le Grand Lyon

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur des Transports sur le Grand Lyon

Volet Transport

Ainsi, le transport (qui représente toujours près de 30% des émissions du territoire), a vu ses émissions de GES décroître fortement, principalement en lien avec les évolutions réglementaires imposées aux constructeurs (normes sur les émissions des voitures). En effet, sur cette période la mobilité des Grands Lyonnais n’a pas diminué : si le trafic a diminué dans le centre-ville, il est en hausse en périphérie (voir la publication de l’Observatoire des déplacements de l’agence d’Urbanisme sur le trafic routier). 

2 actions des partenaires ont été présentées à la Conférence Energie Climat sur le volet « Transport », des services d’auto-partage 100% électriques :

 

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur de l'Industrie sur le Grand Lyon

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur de l’Industrie sur le Grand Lyon

Volet Industrie

Du côté de l’Industrie (à peu près 1/3 des émissions), la baisse est largement visible et – surprise ? – pas uniquement liée à la conjoncture économique : on peut penser que la pression accrue du coût de l’énergie et d’autres contraintes (réglementation, quotas carbone) ont poussé le secteur industriel à s’intéresser de près à la question de l’efficacité énergétique.

« Une partie des réponses au défi climatique réside dans l’innovation » ont rappelé les partenaires à cette occasion. De nombreuses initiatives privées fleurissent sur le territoire pour faire du Grand Lyon un terrain d’expérimentations grandeur nature de la transition énergétique.

 

Volet Énergie
Comme nous l’avons évoqué plus tôt, le déploiement du bois-énergie sur les réseaux de chaleur porte la puissance des installations en place à 70MW en 2013 ! En parallèle, les expérimentations de nouvelles formes de consommation énergétiques se multiplient – plaçant l’usager au cœur du dispositif.

 

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur de l'Habitat et du tertiaire sur le Grand Lyon

Evolution 2000-2010 des émissions de GES du secteur de l’Habitat et du tertiaire sur le Grand Lyon

Volet Habitat

Enfin, dans le secteur de l’habitat et du tertiaire, on observe une certaine stabilité des émissions de GES. De fait, en 10 ans, nous avons construit davantage de logements, mais qui consommaient moins d’énergie, ce qui peut expliquer cette stabilité. Comment infléchir la courbe? On voit bien que la production de logements et de bureaux neufs performants ne suffira pas, l’effort est à porter sur la rénovation…
Le Grand Lyon a justement voté un budget de 10 millions d’euros pour un plan de rénovation du parc privé et public existant portant sur 3200 logements . 275 logements de la Cité Perrache – qualifiés de « véritables passoires énergétiques » – vont notamment bénéficier d’une réhabilitation en règle pour l’atteinte du niveau BBC Rénovation.

 

18 nouveaux partenaires ont paraphé le précieux document à l'issue de la Conférence Enrgie Climat. © J. Léone

18 nouveaux partenaires ont paraphé le précieux document à l’issue de la Conférence Énergie Climat. © J. Léone

Il est enfin difficile de chiffrer quelle est la part de chaque facteur – notamment les changements de comportements dont on sait qu’ils ont une influence très forte… En témoigne le défi Famille à Énergie positive permettant la diminution de 12 à 17% des consommations énergétiques par la simple adoption d’écogestes, faciles à mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

Prochaine étape ? L’élaboration du volet « Adaptation ». Il s’agit de s’interroger ici sur les changements climatiques et leur influence induite sur nos modes de faire, de vivre.  Dès 2014, l’équipe du Plan Climat repartira en campagne pour mobiliser les acteurs concernés et initier une nouvelle démarche partenariale.
Pour aller plus loin

Économies d’énergie, les gardiens communaux de Saint-Fons se forment pour agir

Quels gestes adopter dans les bâtiments municipaux pour baisser les consommations d’énergie ? Telle était la question posée aux gardiens des structures communales de Saint-Fons dans le cadre d’une formation dispensée cet automne par l’Agence Locale de l’Energie (ALE). L’objectif ? Renforcer la capacité des gardiens à adopter des gestes simples et par là même, transmettre l’éco-attitude aux usagers.

>> Mesure visée par le 3.3 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.30]

Double-vitrage, isolation, réfection des toits… pour réussir à réduire sa facture énergétiques, les travaux ne font pas tout ! Les comportements vertueux recèlent des marges de progression réelles. Eclairage, bureautique, chauffage, climatisation – excluant l’éclairage à la bougie ou la bouillotte pour seule source de chaleur hivernale – des actions de mobilisation suivies de mesures ont démontré que des baisses de 10 % à 20% sont – raisonnablement – atteignables.

Occupation des bâtiments, objectif de réduction 15%

Approuvé en décembre 2012, le Plan Climat de la Ville de Saint-Fons intègre un volet interne, orienté sur les services municipaux. « La formation des agents est inscrite à l’engagement « Généraliser les modes d’occupation et de gestion favorisant une baisse des consommations d’énergie dans les bâtiments communaux » avec un objectif de réduction de 15% d’ici 2020, » explique David Leyval, DGA du pôle développement territorial à la Ville de Saint-Fons.

Dans ce scénario là, les gardiens des bâtiments communaux – établissements scolaires et sportifs pour la plupart – occupent le haut de l’affiche. Acteur clé à double titre, le gardien communal, par ses gestes, a une incidence directe sur la consommation de son bâtiment. Dans le même temps, le gardien présent sur site, au contact quotidien de ses occupants, devient le relais privilégié de l’éco-attitude.

Formation ALE, décryptage énergétique pour action

La  première session de formation, qui a réuni 8 gardiens en octobre dernier, alternait séances théoriques et ateliers pratiques. Bons élèves, les gardiens ont ainsi planché sur l’identification des sources de déperditions énergétiques de leurs bâtiments : « des exercices concrets, particulièrement bien adaptés à nos métiers » estiment-ils.

Au cours d’une seconde séance, les gardiens se sont interrogés sur ces gestes simples, susceptibles de réduire les consommations énergétiques. « Au final, nous avons retenu 10 éco-actions faciles à mettre en œuvre dans le cadre de nos missions quotidiennes. » Par exemple ? Mettre au ralenti ou en arrêt les équipements pendant les vacances scolaires, couper les veilles et appareils non-utilisés, ouvrir et éclairer uniquement les locaux utilisés ou encore nettoyer les bouches de ventilation, détartrer les pommeaux de douches et les chasses d’eau.

Dans le même temps, le groupe a travaillé sur la déclinaison de 10 éco-gestes à l’intention des usagers, parmi lesquels fermer les portes et fenêtres après utilisation des lieux, couper le chauffage à la sortie ou éteindre les ordinateurs plutôt que d’opter pour la veille prolongée. Une lettre de mission, à la signature du maire, viendra officialiser les gardiens dans leur rôle de « référent DD sur site« .

Pour suivre les évolutions de consommation, les gardiens ont opté pour la mise en place d’un tableau de bord par site.

« Outre le travail plus théorique encadré par l’ALE, la visite de l’école HQE Jean Guéhenno de Saint-Fons, commentée par le gardien et préparée en amont avec l’ALE et les services techniques municipaux, a été très profitable, » souligne David Leyval, estimant par ailleurs que  » les objectifs les plus opérationnels au regard du plan climat sont atteints. »