Quand la propreté roule à l’eau et carbure à l’électrique !

Dans le cadre de ses démarches visant à réduire l’impact carbone global des services urbains, le Grand Lyon expérimente deux dispositifs appliqués à la propreté urbaine. L’enjeu ? Diminuer les consommations de carburant de ses flottes de véhicules.

>> Mesure visée par l’action 1.1 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 8]

En 2013, 5 balayeuses ont été équipées d'un procédé fonctionnant à l'eau qui permet une baisse de 15% des consommations de carburant.

En 2013, 5 balayeuses ont été équipées d’un procédé fonctionnant à l’eau qui permet une baisse de 15% des consommations de carburant.

De l’eau pour booster les moteurs !

Dispositif HKM fixé sur une balayeuse, près du moteur.

Dispositif HKM fixé sur une balayeuse, près du moteur

Saviez-vous qu’on peut rouler à l’eau ? Partons à la découverte d’un dispositif très simple testé par le service Propreté pour utiliser les propriétés « détonantes » des molécules de l’eau et diminuer ainsi la consommation de carburant des balayeuses.

Rappelons-nous de nos cours de chimie : l’eau « H2O » est composée d’hydrogène et d’oxygène. Or, l’hydrogène explose, et l’oxygène est un gaz qui améliore la combustion (quand souffle sur des braises, par exemple). Il suffit juste de séparer ces molécules, ce que propose le procédé « H-H-O » qui utilise une électrode connectée à un simple réservoir d’eau distillée : le courant électrique transforme l’eau en gaz.

« Nous avons testé le procédé de la société HKM énergie : l’eau décomposée en gaz  améliore la combustion dans le moteur et fournit plus de puissance », explique Thierry Bonnot, directeur de la subdivision Logistique et Véhicules Industriels qui gère l’atelier de maintenance. « Injecté juste au niveau de l’admission d’air, ce système permet un gain CO2 de -15% et un gain encore plus important sur les autres polluants, car la combustion est ainsi plus complète. 5 balayeuses sont d’ores et déjà équipées, 12 le seront bientôt. »

Ce système s’adapte à de multiples procédés pourvu que la puissance soit à peu près constante (ex: transport longue distance, groupes électrogènes…). Alors, avis aux mécanos !

En savoir plus

Des bennes électriques pour la collecte des ordures

En parallèle, le Grand Lyon expérimentent le ramassage électriques des ordures ménagères, via son prestataire SITA.  « 8 bennes à ordures ménagères [BOM] électriques, particulièrement adaptées aux secteurs denses, sont ainsi déployées sur les arrondissements de Lyon 2, Lyon 5 et Lyon 6″ précise la Direction de la Propreté du Grand Lyon.

La motorisation électrique présente en effet des avantages certains :

  • zéro émission de gaz à effet de serre en ville,
  • la réduction effective des nuisances sonores grâce à une collecte plus silencieuse.

SITA a d’ailleurs équipé ces véhicules en février 2014 pour mesurer les impacts environnementaux réels de la démarche. Bilan des courses : les 8 BOM électriques utilisées 6 jours par semaine permettent une économie moyenne de 2500 litres de gasoil tout en épargnant à l’environnement le rejet annuel de 8000 tonnes de CO2.

Pour mémoire, les services du Grand Lyon émettent environ 370 000 tonnes de CO2 par an soit 5% des émissions du territoire.

La glace de la patinoire Baraban recyclée en eau de nettoiement

La glace de la patinoire Baraban déversée dans la cuve de stockage.

L’eau issue de la seule fonte de la glace de la patinoire Baraban représente une économie de 14 000 litres d'eau potable par jour.

>> Mesure visée par le 1.1 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.8]

Dans un souci de préservation de la ressource en eau, les services du Grand Lyon et de la Ville de Lyon ont imaginé un dispositif efficace pour recycler l’eau de la patinoire Baraban, jusqu’alors rejetée dans le réseau d’assainissement. Un projet innovant qui s’est concrétisé fin novembre, grâce à la mobilisation des deux collectivités.

Compétent en matière de propreté pour l’ensemble du territoire, le Grand Lyon utilise de l’eau potable en grande quantité pour assurer le nettoiement des rues, des caniveaux et des trottoirs. « Jusqu’ici, les eaux issues de la fonte de la glace étaient directement réinjectées dans le circuit d’assainissement. Quant aux eaux pluviales, elles ruisselaient le long des toitures avant de gagner prestement le caniveau » confie le directeur des services techniques de la patinoire.

Limiter le recours à l’eau potable

Avec les eaux récupérées de la fonte de la glace et des toits de la patinoire Baraban,  la Ville de Lyon fournit un volume de 20 m3 d’eau par jour aux engins de nettoiement du Grand Lyon, mobilisés sur les 3e et 6e arrondissements de la ville.

Concrètement, la Ville de Lyon collecte l’eau provenant de la glace et des toits de la patinoire et la stocke dans une cuve de 50 000 litres, mise à disposition des véhicules de nettoiement du Grand Lyon qui s’approvisionnent directement à la source. « Ce dispositif permet de couvrir 17 % des besoins en eau pour les laveuses‐balayeuses du Grand Lyon » précise la Direction de la Propreté.

Un partenariat innovant qui devrait permettre au service de nettoiement de recycler près de 20 000 litres d’eau par jour – soit 5 millions de litres d’eau par an ! – pour économiser autant d’eau potable provenant du réseau.

Diminuer les émissions carbone

Cercle vertueux, la démarche collaborative permet de réduire les rejets d’eau dans le circuit d’assainissement, de diminuer en conséquence la quantité d’eau traitée à la station d’épuration Feyssine pour réduire, in fine, les émissions de CO2 liées au traitement de l’eau. Au total, les économies d’eau correspondent à 1.3t eq CO2/an (1m3 d’eau potable engendre une émission de 250g eq CO2 pour sa production, transport et traitement).

Par ailleurs la proximité du lieu d’approvisionnement en eau induit une réduction significative  de la consommation de carburant – et des rejets de Co2 associés – des engins de nettoiement.

Le dispositif pourrait être étendu à la patinoire Charlemagne et aux piscines municipales,  à l’image de la Ville de Rennes où les eaux de vidange des piscines municipales sont réemployées au nettoiement de la voirie depuis 2011. «Reste à trouver les moyens de stocker l’eau », tempère toutefois le service de nettoiement.

Un signe fort des deux collectivités qui, à travers cette action, affichent une volonté commune de s’engager dans des projets soucieux de l’environnement, sans altérer toutefois la qualité de service rendu aux usagers.