Bois + Paille = Gymnase !

Au cœur de la ZAC du Bon Lait (Lyon 7e), le gymnase omnisport « Alice Milliat » est essentiellement construit en bois et paille. Ses performances environnementales et énergétiques lui ont permis de décrocher le prix national de la construction bois.

Le gymnase bois de la ZAC du Bon Lait a reçu un prix national

Le gymnase bois de la ZAC du Bon Lait a reçu le prix national de la construction bois en 2017

Seule sa structure est en béton armé. Le reste : du bois et de la paille. Le gymnase de la ZAC du Bon Lait est sorti de terre en avril 2016, 15 mois après le lancement des travaux. Il s’agit du premier équipement public de la Ville de Lyon construit avec une ossature bois et isolé en paille. « La charpente est en bois, tout comme les façades principales. Et l’une d’entre elles présente la particularité d’être intégralement en paille », détaille Cécile Wicky, responsable de la mission maîtrise de l’énergie. Autres caractéristiques principales : une toiture végétalisée, un vitrage peu émissif (1,10 d’Uw) et une alimentation en chauffage via le réseau de chaleur urbain.

Le bois, réponse à un cahier des charges exigeant

L’ossature bois est une proposition du groupement d’architectes retenu pour le projet (les autrichiens Dietrich Untertrifaller Architekten et le groupe lyonnais Tekhne), la réponse à un cahier des charges exigeant de la part de la ville. « Nous avons engagé une démarche environnementale dans tous nos projets au début des années 2000. Nous n’imposons pas d’utiliser tel ou tel matériau pour construire, nous demandons juste des garanties environnementales. Il faut viser un niveau de performance, définir son besoin et le décrire. Puis c’est au concepteur d’apporter la solution. » Ici, les solutions ont été l’utilisation de matériaux biosourcés, de revêtements aux faibles impacts sur la qualité de l’air intérieur, ainsi que la toiture végétalisée.

Sobriété et sécurité

Le jury a été séduit par les performances environnementales du bâtiment : l’utilisation du bois (mélèze et Épicéa), des fibres bois et de la paille, ainsi qu’une conception bioclimatique avec un large ensoleillement des façades et parois vitrées. La sobriété du bâtiment a aussi compté : « La volumétrie est simple, le bâtiment est compact avec très peu de surfaces de déperditions et une très bonne isolation, ce qui contribue à l’efficacité énergétique », analyse Cécile Wicky. L’aspect sécurité a également été décisif car construire avec de la paille pose la question de la résistance au feu, pour laquelle « il a fallu lever certains freins ». Ainsi, pour respecter la norme d’isolation au feu (stabilité au feu minimum d’1/2 heure), la paille n’a pas mise en œuvre sur le chantier, mais a été préfabriquée : elle est arrivée sous forme de caissons, entre deux plaques de bois isolantes.

Un prix national, récompense d’un projet innovant

L’équipement a reçu le 1er prix national de la construction Bois, dans la catégorie Bâtiments Publics Education et Culture. « C’est une grande fierté et une vraie marque de reconnaissance d’être distingué parmi les projets exemplaires, estime Cécile Wicky. D’autant plus que ce prix, délivré par France Bois Régions et au niveau local par FIBOIS Auvergne Rhône-Alpes, est reconnu dans le secteur et met en avant les projets pilotes. »

Un exemple pour l’avenir, sur de multiples points

La consommation énergétique du gymnase est de 72 kWh/m².an en énergie primaire, soit 4 fois moins que les gymnases construits avant lui. Outre ses qualités environnementales indéniables, le gymnase de la ZAC du Bon Lait présente également d’autres points positifs, et qui peuvent être de bons modèles pour les constructions à Lyon. La préfabrication chantier, avec des éléments qui ont été assemblés, au préalable, hors site, est un des grands points forts du projet. Les équipes travaillent en amont, au calme, dans des situations bien plus favorables que sur un chantier classique. Les camions sont moins nombreux sur le site et l’empreinte carbone s’en trouve diminué. « L’intérêt de la préfabrication bois a séduit nos directions techniques, » confirme Cécile Wicky qui ajoute : « Depuis cette réalisation, nous avons encore augmenté les exigences environnementales de nos bâtiments, en analysant les cycles de vies de nos projets. Le gymnase a été un bon exemple d’inspiration. Une fois le bâtiment livré, on a contrôlé s’il correspondait bien aux exigences que l’on s’était fixé : le résultat du test d’infiltrométrie a été de 0,58 m3/h par m² de surface déperditive ». C’est bien mieux que ce qui était attendu, la norme réglementaire imposant de se situer en-dessous de 1,7. À l’usage, les performances se sont confirmées : le gymnase a affiché des températures correctes en période de grand froid ou lors de fortes chaleurs.

Chiffres-clés

  • 2757 m2
  • 1070 m2 de salle omnisports
  • 9 m de hauteur sous plafond
  • 45 m de long pour le terrain
  • 15 mois de travaux

Pour en savoir plus…

Retrouvez ici les lauréats du concours régional (dont le centre de loisirs de Givors, sélectionné parmi les 8 lauréats régionaux!)

 

Hiver 2013 : Vaulx-en-Velin se chauffe au bois

Le bois est devenu, à 65%, le premier combustible de la chaufferie centrale de Vaulx-en-Velin. Une révolution énergétique pour le réseau de chaleur quarantenaire qui, jusqu’en 2011, fonctionnait au charbon, gaz et fioul lourd.

>> Mesure visée par l’action 2.2 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 12]

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La chaufferie biomasse inaugurée en juin 2013 produit 89 % de l’énergie nécessaire au réseau de chaleur vaudais.

Fin octobre, début novembre. Les jours raccourcissent, les matinées se font plus fraîches, on se surprendrait même à allumer le radiateur en soirée : c’est la saison de chauffe qui débute avec les prémisses de l’hiver. Après une phase de tests concluante cet été, Vaulx-en-Velin passe son chauffage urbain à l’énergie bois.

Une production énergie soucieuse de l’environnement
Exploitée en délégation de service public par Cofely Services – filiale du groupe GDF Suez, la chaufferie biomasse compte trois chaudières bois interopérables pour une puissance cumulée de 22,5 MW. A titre de comparaison, la chaufferie biomasse de Vénissieux produit 12,7 MW ; celle de La Duchère 14 MW.

Sur place, M.Verand, directeur d’exploitation veille au grain : « c’est ici qu’est produite la chaleur nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire des habitations, écoles, collèges lycées et établissements professionnels – soit 12000 équivalents-logements. »
La chaufferie biomasse assure à elle seule 89% de la demande en énergie du réseau ! Pour le reste, elle est couplée avec des équipements d’appoint – une cogénération et deux chaudières gaz. Précaution oblige, une chaudière de sécurité au fioul demeure de manière à parer les sollicitations exceptionnelles du réseau, lors d’une période prolongée de grand froid par exemple.

La commune de Vaulx-en-Velin acte par là-même une mutation exemplaire, inscrite au titre du Plan Climat Énergie Territorial. L’installation rutilante permet d’économiser chaque année l’équivalent de 15000 tonnes de pétrole et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 37800 tonnes de CO2. « Soit l’équivalent de 7785 tours de la Terre en petite cylindrée ! » précise le directeur d’exploitation.

Un approvisionnement en circuits courts
Pour assurer le ravitaillement de la chaufferie au plus fort de l’hiver, 12 à 13 camions acheminent quotidiennement le bois de combustion – plaquettes forestières (50%), rafles de maïs, résidus agricoles et forestiers – depuis la plateforme de Saint-Maurice-de-Gourdans, à 30 km à peine de Lyon.
Au total, 12 exploitations locales, voire régionales, sont mobilisées pour fournir les 40000 tonnes annuelles nécessaires au fonctionnement de la chaufferie biomasse.

La chaufferie biomasse dispose d'une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

La chaufferie biomasse dispose d’une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

Une fois réceptionné, le bois est stocké, brûlé, séché puis carbonisé pour alimenter le réseau en énergie. On récupère les cendres en bout de course : 1200 tonnes annuelles dont 800 revalorisées en béton de mâchefer.

« En terme d’émission carbone, la combustion du bois est neutre, rappelle le directeur d’exploitation. Elle se contente de réémettre dans l’atmosphère le CO2 absorbé par l’arbre lors de sa croissance. »

Un prix de l’énergie plus avantageux
Nous l’avons vu, la chaufferie biomasse assure 65 % de la production de chaleur avec une énergie renouvelable. Coïncidence hasardeuse ? Point du tout : au dessus de 60%, la TVA passe à 5.5 pour la biomasse – contre 19,6 % pour les énergies fossiles. Une économie à la source répercutée sur le consommateur final.

Résultat ? Dès 2014, la facture moyenne de chauffage/eau chaude devrait diminuer de 18 % en moyenne : une réponse solidaire à la montée inquiétante de la précarité énergétique.

SAMSUNG CSCLe chauffage urbain Vaudais en chiffres

  • 25 km de réseau primaire
  • 135 sous-stations
  • 12 000 équivalents logements desservis
  • 40 000 tonnes de bois par an au maximum
  • 37 800 tonnes de CO2 par an en moins
  • 22,5 MW de puissance bois
  • 15 à 20% de baisse du prix de l’énergie
  • 65% de la chaleur produite par le bois