Les Clochettes font peau neuve !

>> Action 4.5 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.40]

Dans le cadre de son Plan Climat, la Métropole de Lyon encourage les rénovations d’immeubles au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) sur son territoire. Nous nous rendons à Saint-Fons pour visiter la copropriété des Clochettes en compagnie de M. Jobard, propriétaire, et de M. Monteil, chef de projet pour le PACT ARIM du Rhône.                  

Les Clochettes en travaux 

Nous nous installons dans le jardin situé au cœur de la copropriété, où de nombreux habitants de tout âge et de toute origine se rencontrent. La copropriété des Clochettes accueille près de 1 000 habitants, soit environ un quart de la population du plateau des Clochettes !

Construite au début des années 1960, la résidence se compose de 272 logements répartis en quatre bâtiments. Même si ces immeubles ont fait l’objet de travaux régulièrement, la copropriété a aujourd’hui décidé de s’engager dans une rénovation plus complète. Retour sur une réhabilitation ambitieuse.

Une copropriété engagée

A la demande de la copropriété qui rencontrait quelques difficultés, un plan de sauvegarde a été signé en 2010 par l’État, l’Agence Nationale de l’Habitat, le Grand Lyon, la Ville de Saint-Fons, le Conseil Général et Procivis. L’engagement du conseil syndical, des copropriétaires et des partenaires a permis d’élaborer étape par étape un projet de réhabilitation complet, avec l’accompagnement du PACT ARIM. L’objectif : revaloriser les immeubles en luttant contre la précarité énergétique tout en travaillant sur l’amélioration de son fonctionnement.

En 2012, la possibilité de mobiliser de nouvelles aides grâce au Plan Climat du Grand Lyon et à la Région Rhône-Alpes a permis à la copropriété de se fixer comme nouvel objectif l’atteinte du niveau de performance énergétique « BBC rénovation ». Avec une diminution de moitié des consommations de chauffage, les ménages feront des économies importantes et le confort des logements sera amélioré, en hiver comme en été.

Une réhabilitation complète

L’absence d’isolation dans les constructions des années 1960 fait qu’il est nécessaire aujourd’hui de faire de gros travaux pour atteindre le niveau « BBC rénovation ». Le programme de travaux, voté en 2012 en assemblée générale des copropriétaires, a dû être ajusté en 2013 suite à la découverte d’amiante dans certains matériaux (façades, toiture, fenêtres). Les travaux ont commencé en juillet 2014 et se termineront en décembre 2016.

Ancienne façade

L’ancienne façade

Le premier volet des rénovations vise à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, avec :

  • L’isolation thermique par l’extérieur des façades, terrasses et caves
  • Le changement des fenêtres (non obligatoire pour les propriétaires les ayant remplacées peu auparavant)
  • La pose de volets-roulants
  • L’installation d’une ventilation naturelle assistée 
Une nouvelle isolation pour une nouvelle façade

Une nouvelle isolation pour une nouvelle façade

Le deuxième volet a pour but de sécuriser les immeubles avec notamment :

  • L’amélioration de la sécurité incendie
  • Le remplacement de l’éclairage des caves
  • La reprise de l’électricité des parties communes

Enfin, d’autres travaux sont réalisés pour compléter la rénovation :

  • Installation de bouquets de paraboles sur le toit de chaque immeuble
  • Désamiantage

Ces travaux ont permis de réaliser une économie de 634 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 72 tours du monde en avion ou encore de plus de 2,6 millions de kilomètres en voiture !

Les travaux continuent !

Les travaux continuent !

Quel montage financier ?

Coût total de la réhabilitation : 6,7 millions d’euros soit en moyenne 24 600 € / logement.

A titre exceptionnel, les partenaires ont contribué au financement des travaux à hauteur de 70% du montant de l’opération, en octroyant des aides collectives et des aides individuelles selon les niveaux de ressources des propriétaires. Les restes à charge, compris entre 500 et 13 000 € par logement, sont relativement faibles comparés à l’ampleur du projet. En outre, certains propriétaires ont accès à des dispositifs d’avance de trésorerie et de prêt à taux zéro proposés par Procivis.

Rendez-vous début 2017 pour voir le résultat !

Hiver 2013 : Vaulx-en-Velin se chauffe au bois

Le bois est devenu, à 65%, le premier combustible de la chaufferie centrale de Vaulx-en-Velin. Une révolution énergétique pour le réseau de chaleur quarantenaire qui, jusqu’en 2011, fonctionnait au charbon, gaz et fioul lourd.

>> Mesure visée par l’action 2.2 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 12]

SAMSUNG CSC

La chaufferie biomasse inaugurée en juin 2013 produit 89 % de l’énergie nécessaire au réseau de chaleur vaudais.

Fin octobre, début novembre. Les jours raccourcissent, les matinées se font plus fraîches, on se surprendrait même à allumer le radiateur en soirée : c’est la saison de chauffe qui débute avec les prémisses de l’hiver. Après une phase de tests concluante cet été, Vaulx-en-Velin passe son chauffage urbain à l’énergie bois.

Une production énergie soucieuse de l’environnement
Exploitée en délégation de service public par Cofely Services – filiale du groupe GDF Suez, la chaufferie biomasse compte trois chaudières bois interopérables pour une puissance cumulée de 22,5 MW. A titre de comparaison, la chaufferie biomasse de Vénissieux produit 12,7 MW ; celle de La Duchère 14 MW.

Sur place, M.Verand, directeur d’exploitation veille au grain : « c’est ici qu’est produite la chaleur nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire des habitations, écoles, collèges lycées et établissements professionnels – soit 12000 équivalents-logements. »
La chaufferie biomasse assure à elle seule 89% de la demande en énergie du réseau ! Pour le reste, elle est couplée avec des équipements d’appoint – une cogénération et deux chaudières gaz. Précaution oblige, une chaudière de sécurité au fioul demeure de manière à parer les sollicitations exceptionnelles du réseau, lors d’une période prolongée de grand froid par exemple.

La commune de Vaulx-en-Velin acte par là-même une mutation exemplaire, inscrite au titre du Plan Climat Énergie Territorial. L’installation rutilante permet d’économiser chaque année l’équivalent de 15000 tonnes de pétrole et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 37800 tonnes de CO2. « Soit l’équivalent de 7785 tours de la Terre en petite cylindrée ! » précise le directeur d’exploitation.

Un approvisionnement en circuits courts
Pour assurer le ravitaillement de la chaufferie au plus fort de l’hiver, 12 à 13 camions acheminent quotidiennement le bois de combustion – plaquettes forestières (50%), rafles de maïs, résidus agricoles et forestiers – depuis la plateforme de Saint-Maurice-de-Gourdans, à 30 km à peine de Lyon.
Au total, 12 exploitations locales, voire régionales, sont mobilisées pour fournir les 40000 tonnes annuelles nécessaires au fonctionnement de la chaufferie biomasse.

La chaufferie biomasse dispose d'une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

La chaufferie biomasse dispose d’une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

Une fois réceptionné, le bois est stocké, brûlé, séché puis carbonisé pour alimenter le réseau en énergie. On récupère les cendres en bout de course : 1200 tonnes annuelles dont 800 revalorisées en béton de mâchefer.

« En terme d’émission carbone, la combustion du bois est neutre, rappelle le directeur d’exploitation. Elle se contente de réémettre dans l’atmosphère le CO2 absorbé par l’arbre lors de sa croissance. »

Un prix de l’énergie plus avantageux
Nous l’avons vu, la chaufferie biomasse assure 65 % de la production de chaleur avec une énergie renouvelable. Coïncidence hasardeuse ? Point du tout : au dessus de 60%, la TVA passe à 5.5 pour la biomasse – contre 19,6 % pour les énergies fossiles. Une économie à la source répercutée sur le consommateur final.

Résultat ? Dès 2014, la facture moyenne de chauffage/eau chaude devrait diminuer de 18 % en moyenne : une réponse solidaire à la montée inquiétante de la précarité énergétique.

SAMSUNG CSCLe chauffage urbain Vaudais en chiffres

  • 25 km de réseau primaire
  • 135 sous-stations
  • 12 000 équivalents logements desservis
  • 40 000 tonnes de bois par an au maximum
  • 37 800 tonnes de CO2 par an en moins
  • 22,5 MW de puissance bois
  • 15 à 20% de baisse du prix de l’énergie
  • 65% de la chaleur produite par le bois

Rénovation énergétique, de nouvelles subventions pour sauter le pas

Pour encourager les ménages à la rénovation énergétique de leur habitat, le gouvernement développe de nouvelles aides. Ce sont désormais 46 % des français qui pourront obtenir une subvention publique pour leurs travaux d’éco-rénovation. Pour accompagner les (co)propriétaires et locataires dans leurs démarches et connaître les modalités de financement, un guichet unique a été mis en place.

>> Mesure visée par l’action 4.4 et 4.5 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 40]

Conseiller énergie ALE

Un conseiller énergie en plein travail dans les locaux de l’ALE.
© Rose-Marie Loisy – idelibile / ADEME

Changer la chaudière, poser des fenêtres à double vitrage, isoler les murs et la toiture de votre logement, miser sur les énergies renouvelables pour la production eau chaude sanitaire, etc. : nombreux sont les travaux susceptibles de diminuer vos consommations d’énergie – et, par là même de mettre le holà aux factures trop salées.

Deux nouvelles primes à l’éco-rénovation

Les opérations de cette nature chiffrent vite et pour espérer faire des économies à terme, il faut être en capacité d’en supporter l’investissement initial. Pour soutenir l’éco-rénovation et encourager les ménages à mettre la main au porte-monnaie, le gouvernement et l’Agence nationale de l’habitat (Anah) revoient leur dispositif de financement à la hausse.

Deux primes exceptionnelles de 1350 et 3000 euros font ainsi leur entrée :

  • une prime de 1350 euros pour les ménages aux revenus moyens et
  • une prime de 3000 euros pour les ménages les plus modestes.

Résultat ? 46 % des ménages français peuvent désormais compter sur les aides publiques. Pour les autres, le crédit d’impôt développement durable (CIDD) et le prêt à taux zero (PTZ) demeurent des solutions encourageantes.

Un service public de la rénovation énergétique

Pour soutenir la mise en place de ces nouvelles mesures inscrites au dispositif « J’éco-rénove, j’économise», le réseau Rénovation info services se développe partout en France autour des structures locales de l’énergie.

Porte d’entrée pour le territoire du Grand Lyon l’ALE assure le conseil technique et l’accompagnement de projets, elle renseigne sur les moyens de financement ainsi que sur les nouvelles aides disponibles, dont les dossiers éligibles sont montés par l’Anah.

En améliorant la performance énergétique de votre bien, vous augmentez sa valeur et votre confort tout en diminuant votre facture énergétique.

En améliorant la performance énergétique de votre bien, vous augmentez sa valeur et votre confort tout en diminuant votre facture énergétique.

« Nos conseillers répondent gratuitement à toutes les questions techniques et financières sur l’habitat, les économies d’énergie, les énergies renouvelables et l’éco-consommation » explique Stéphane Rouvier, chargé de communication côté ALE.

« On espère que le nouveau dispositif engendrera une augmentation de la demande d’éco-rénovation, notamment dans les copropriétés ». L’ALE a développé dans ce sens un outil de diagnostic en ligne : renocopro, qui propose un parcours chronologique en 4 étapes.

Pour aller plus loin

  • Point info-énergie ALE : permanence téléphonique du mardi au vendredi 04 37 48 22 42, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30
  • Plus d’infos sur le site gouvernemental 

Précarité sur le Grand Lyon: l’analyse de l’INSEE

Dans sa lettre de septembre 2010, l’INSEE analyse la précarité sur le territoire du Grand Lyon. Afin de mesurer et de caractériser la précarité des ménages dans le Grand Lyon, neuf indicateurs ont été retenus. Ils permettent d’évaluer à la fois la précarité monétaire, la précarité familiale et la précarité liée à l’emploi. Ils s’avèrent pertinents pour analyser la quasi-totalité de la population à l’exception des personnes âgées et des étudiants.

La précarité se localise principalement dans les communes de la banlieue est et dans quatre arrondissements de Lyon. Vaulx-en-Velin est la commune où tous les indicateurs atteignent leur valeur maximale. Vénissieux, Saint-Fons et Givors présentent les mêmes caractéristiques à un degré moindre. Quatorze espaces de précarité conséquents apparaissent sur les dix neuf communes de plus de  10 000 habitants du Grand Lyon. Ils correspondent en général aux quartiers prioritaires de la politique de la ville, même si trois d’entre eux ressortent, sans être classés parmi eux.

Il est intéressant de croiser cette carte avec la carte produite dans le cadre de l’élaboration des scenarii d’agglomération.


L’amendement adopté dans la nuit du 5 au 6 mai 2010, lors de l’examen du Grenelle II, donne une défi nition offi cielle et légale à la précarité énergétique. Désormais, « est en précarité énergétique au titre de la présente loi, une personne qui éprouve dans son logement des diffi cultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison notamment de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ».

Pour le Grand Lyon, l’établissement de la cartographie (par le bureau d’étude ICE) a ainsi été basé sur l’hypothèse (fortes) d’une conjonction des caractéristiques suivantes:

• en situation de vulnérabilité économique (sans emploi, sans diplôme, chômeur, retraité, au foyer, étudiant, contrat jeune, contrat d’apprentissage, stagiaire, ou en intérim) et

• avec trois d’enfants ou plus, ou dont la personne de référence est âgée de plus de 65 ans ou de moins de 25 et

• habitant un logement construit avant 1975, sa résidence principale.

Ainsi 19 % des ménages (soit environ 50 000 logements) du Grand Lyon sont potentiellement en situation de précarité énergétique (de 8 à 26 % selon les communes).

Cette carte diffère sensiblement de la carte produite par l’INSEE. Outre le fait qu’elle indique une précarité « potentielle », et non une précarité « mesurée » comme le permet le puissant outil statistique de l’INSEE, elle interpelle par la localisation de cette précarité énergétique potentielle. L’est semble plus « épargné » par la précarité énergétique dans l’habitat (notamment Vaulx en Velin), tandis que des communes de l’ouest voient leur situation vis à vis de ce type de précarité nettement moins bonne que pour les indicateurs développés par l’INSEE. Une première explication à cet état de fait est la référence à la date de construction du logement dans le cadre du travail réalisé sur la précarité énergétique. Cet élément évite probablement à beaucoup de ménages de l’est lyonnais habitants des logements construits à partir des années 80 d’apparaître dans la comptabilisation de la précarité énergétique. A l’inverse, elle met en évidence une fragilité potentielle de nombreux ménages de l’ouest lyonnais.

Ces premiers éléments appellent évidemment une collecte de données plus précises pour qu’une réelle précarité énergétique puisse apparaître dans les futures analyses locales de la précarité. Cela demandera des croisements statistiques entre revenus et qualité du logement, ce qui nécessite de nouvelles enquêtes. Les membres de la conférence énergie climat ont, lors des ateliers de concertation du 21 octobre 2010, donné un caractère prioritaire à cette collecte de données, afin de pouvoir mieux comprendre et mieux lutter contre le phénomène de la précarité énergétique.

Lettre de l’INSEE: Précarité Grand Lyon INSEE (882 téléchargements )

Volets « habitat » et « énergie » des scenarii martyr (accès restreint aux membres de la CEC): [Téléchargement non trouvé] et [Téléchargement non trouvé]

Contribution du conseil de développement du Grand Lyon, qui interpelle sur ce phénomène dans le récit de projection-fiction qui présente une vision du Grand Lyon en 2050: Contribution du Conseil de Développement (717 téléchargements )