Solvay : ou comment éco-réhabiliter en zone PPRT

Porté par le groupe Solvay, le projet Aeride a permis de réhabiliter un immeuble de bureaux en répondant à une double problématique : être moins énergivore et s’adapter aux contraintes d’une zone à risques. Explications.

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

Aeride, pour Amélioration Énergétique et Rénovation de l’Immeuble Delta. Construit durant l’après-guerre, ce bâtiment de 3900 m2, propriété de Solvay, abrite la direction de la sécurité du groupe. Sa vétusté, responsable de 33 % des déperditions de chaleur, a conduit à une profonde réhabilitation pour répondre aux normes environnementales, et offrir de meilleures conditions de travail. Menés sur 18 mois, d’octobre 2014 à mars 2016, les travaux offrent depuis peu un nouveau confort aux usagers. Et un bâtiment énergétique de tout premier ordre.

Une réhabilitation, deux objectifs

Au moment de faire face à la nécessaire rénovation de cet immeuble, Solvay a dû répondre à deux objectifs. Celui de mener une éco-réhabilitation exemplaire d’un point de vue énergétique avec un engagement en faveur du développement durable. Et l’obligation de composer, dans le même temps, avec les contraintes de la zone PPRT (Plan de prévention des risques technologiques). Le tout avec la volonté de montrer qu’il est possible de réhabiliter de manière ambitieuse un bâtiment situé en zone SEVESO.

Un exemple du système constructif de la façade de l’immeuble

Le bois, matériau plébiscité

Pour mener à bien le volet environnemental du projet, Solvay a opté pour une utilisation poussée du bois. Fenêtres, isolation, chauffage : la majorité des composants et des systèmes utilisent ce matériau. Mur bois en matériaux biosourcés, menuiserie bois-alu, isolation thermique par l’extérieur à base de fibre de bois composent aujourd’hui l’édifice. Ce dernier comporte aussi un bardage final en polymère, dont la durée de vie est supérieure à 30 ans, afin d’exclure toute dégradation rapide. À l’arrivée, grâce à ces modifications, les consommations énergétiques de l’immeuble ont été divisées par 4.

Résistance à la surpression

Localisé en zone SEVESO, seuil haut, le bâtiment est exposé à un risque technologique de surpression de 112 millibars, défini dans le PPRT. Un seuil déterminé par les scénarios d’explosions de l’atelier voisin, seuil auquel les façades et les parties vitrées ne pouvaient pas faire face. Ce qui signifiait que la sécurité des usagers n’était pas assurée. Pour y remédier, Solvay a revu la composition du bâtiment. Il accueille une nouvelle façade, collée sur l’existant. Et les fenêtres et leurs châssis sont désormais solidaires.

Le bâtiment Solvay est situé en zone SEVESO, seuil haut

Bénéfices inattendus

Améliorer le confort des salariés était l’un des objectifs recherchés du projet. Objectif atteint puisque grâce à une meilleure isolation thermique, les occupants du bâtiment ont moins froid en hiver et moins chaud en été. D’autres bénéfices, non ciblés au départ, sont également apparus lors de l’utilisation des lieux. Grâce à l’épaisseur des vitrages, l’absence de bruit en est un. Les salariés peuvent désormais pleinement en profiter, en ayant l’impression de travailler comme dans un cocon.

Un exemple pour la Vallée de la Chimie

Implanté au cœur du site industriel de la Vallée de la Chimie, Solvay a achevé une réhabilitation qui pourrait bien donner des idées aux groupes voisins. Car la majorité des bâtiments construits à l’époque l’ont été sur le même principe, celui du béton/poutre. La reproduction de ce type d’opérations est donc envisageable afin de faire du site industriel un modèle énergétique. Une « réplicabilité » qui peut également s’appliquer aux bâtiments administratifs, aux équipements éducatifs ou encore aux logements collectifs.

Rénovation énergétique, de nouvelles subventions pour sauter le pas

Pour encourager les ménages à la rénovation énergétique de leur habitat, le gouvernement développe de nouvelles aides. Ce sont désormais 46 % des français qui pourront obtenir une subvention publique pour leurs travaux d’éco-rénovation. Pour accompagner les (co)propriétaires et locataires dans leurs démarches et connaître les modalités de financement, un guichet unique a été mis en place.

>> Mesure visée par l’action 4.4 et 4.5 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 40]

Conseiller énergie ALE

Un conseiller énergie en plein travail dans les locaux de l’ALE.
© Rose-Marie Loisy – idelibile / ADEME

Changer la chaudière, poser des fenêtres à double vitrage, isoler les murs et la toiture de votre logement, miser sur les énergies renouvelables pour la production eau chaude sanitaire, etc. : nombreux sont les travaux susceptibles de diminuer vos consommations d’énergie – et, par là même de mettre le holà aux factures trop salées.

Deux nouvelles primes à l’éco-rénovation

Les opérations de cette nature chiffrent vite et pour espérer faire des économies à terme, il faut être en capacité d’en supporter l’investissement initial. Pour soutenir l’éco-rénovation et encourager les ménages à mettre la main au porte-monnaie, le gouvernement et l’Agence nationale de l’habitat (Anah) revoient leur dispositif de financement à la hausse.

Deux primes exceptionnelles de 1350 et 3000 euros font ainsi leur entrée :

  • une prime de 1350 euros pour les ménages aux revenus moyens et
  • une prime de 3000 euros pour les ménages les plus modestes.

Résultat ? 46 % des ménages français peuvent désormais compter sur les aides publiques. Pour les autres, le crédit d’impôt développement durable (CIDD) et le prêt à taux zero (PTZ) demeurent des solutions encourageantes.

Un service public de la rénovation énergétique

Pour soutenir la mise en place de ces nouvelles mesures inscrites au dispositif « J’éco-rénove, j’économise», le réseau Rénovation info services se développe partout en France autour des structures locales de l’énergie.

Porte d’entrée pour le territoire du Grand Lyon l’ALE assure le conseil technique et l’accompagnement de projets, elle renseigne sur les moyens de financement ainsi que sur les nouvelles aides disponibles, dont les dossiers éligibles sont montés par l’Anah.

En améliorant la performance énergétique de votre bien, vous augmentez sa valeur et votre confort tout en diminuant votre facture énergétique.

En améliorant la performance énergétique de votre bien, vous augmentez sa valeur et votre confort tout en diminuant votre facture énergétique.

« Nos conseillers répondent gratuitement à toutes les questions techniques et financières sur l’habitat, les économies d’énergie, les énergies renouvelables et l’éco-consommation » explique Stéphane Rouvier, chargé de communication côté ALE.

« On espère que le nouveau dispositif engendrera une augmentation de la demande d’éco-rénovation, notamment dans les copropriétés ». L’ALE a développé dans ce sens un outil de diagnostic en ligne : renocopro, qui propose un parcours chronologique en 4 étapes.

Pour aller plus loin

  • Point info-énergie ALE : permanence téléphonique du mardi au vendredi 04 37 48 22 42, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30
  • Plus d’infos sur le site gouvernemental