Vallée de la chimie : le photovoltaïque pour donner de la valeur ajoutée aux sites industriels

Friches abandonnées, parkings, toitures de hangars… Un maximum d’espaces disponibles situés dans la « Vallée de la chimie », à l’entrée sud de Lyon, seront valorisés en centrale photovoltaïque dans le cadre de l’Appel des 30 !.

Blog plan climat - appel des 30

L’Appel des 30 !, initiative unique en Europe

Lancé en 2014 pour attirer de nouvelles entreprises dans la Vallée de la chimie, l’Appel des 30 ! a été réédité en 2016. Cette démarche vise à valoriser les gisements fonciers mobilisables de la Vallée de la Chimie et à attirer des activités innovantes des filières chimie, cleantech, énergie et environnement. Dans le cadre de cette seconde édition, l’Appel des 30 ! a voulu aller plus loin en trouvant une valeur ajoutée ou un usage à des  espaces délaissés parfois pollués ou dans des zones de risques technologiques. Portée par des partenaires publics (les communes, la Métropole de Lyon, les services de l’État…) et privés (entreprises implantées sur le secteur, organisme financier…), cette initiative s’adresse à des porteurs de projets professionnels et met à leur disposition :

  • des terrains inexploités, situés à l’intérieur des sites industriels,
  • des locaux d’entreprises,
  • des surfaces de toitures et de parkings destinées à accueillir des installations photovoltaïques,
  • des terrains délaissés, situées en zone très contraintes, à cause des risques industriels, à reconvertir en espaces naturels, bénéfiques pour l’environnement et la biodiversité.

Lancé en septembre 2016, l’appel à candidatures ciblait trois domaines d’activité :

  • l’industrie, principalement dans les domaines de la chimie, de l’énergie renouvelable et de l’environnement ;
  • le photovoltaïque, qui conforte la Vallée de la Chimie comme Usine énergétique métropolitaine ;
  • le paysage productif, avec le positionnement de démonstrateurs innovants dans la production de biomasse et la remédiation des sols, créant ainsi un véritable écosystème au service de la Vallée

10 projets lauréats ont été choisis parmi les 27 pré-sélectionnés .

Le photovoltaïque, préoccupation de la Vallée de la Chimie

Pour monter l’appel à projets de centrales photovoltaïques, la Métropole de Lyon a d’abord recherché des sites bien exposés, puis a sollicité les partenaires, propriétaires de ces sites. Au total, 87 000m2 de toitures et parkings ont été identifiés, pour une puissance de 7,7 MW  (soit 1/3 de la puissance actuellement installée sur l’ensemble de la Métropole de Lyon). « Installer des panneaux solaires sur les toitures des hangars est intéressant, mais cela reste une approche classique peu innovante, explique Fabien Bordon, chef de projet à mission de Vallée de la chimie, nous avons eu l’idée d’une approche collective à l’échelle de la Vallée pour regrouper toutes les surfaces, gérées par le privé. Ce dispositif a permis aux industriels qui ne s’étaient encore pas posé la question d’installer une centrale photovoltaïque, de passer à l’action en intégrant un positionnement plus écologique. Les entreprises sont également rassurées par le suivi et l’accompagnement de la Métropole de Lyon qui apporte son expertise. »

Exploiter l’ensemble de l’espace perdu

Afin de privilégier d’augmenter les surfaces aménagées et la production d’énergie, les 6 propriétaires industriels de la Vallée (Arkema, JTEKT, Kem One, Vos Logistics, Total Cres, IFP EN) ont choisi d’attribuer des surfaces à un opérateur unique : Terre et Lac – Langa. La Métropole a d’abord formulé son analyse des candidats, avant de la partager avec les propriétaires fonciers qui ont fait le choix de leur partenaire photovoltaïque. « Certains terrains, moins faciles à aménager que d’autres, sont moins rentables. En faisant le choix d’un opérateur unique, nous avons cherché à aménager le plus de centrales solaires possibles, sur la totalité des gisements.  Il y a une vraie logique de projet global. Tous les gisements vont ainsi être exploités.», précise Fabien Bordon.

Un projet participatif

Le projet de panneaux solaires mis au point, il a fallu prévoir la vente d’électricité sur le réseau  -afin d’assurer les recettes-. Terre et Lac – Langa candidate aux appels à projets de la commission de régulation de l’énergie qui sont lancés au niveau national. Les premiers résultats sur les projets en toitures sont positifs et les deux projets déposés par la société ont été retenus, lui permettant ainsi de vendre l’électricité produite.

Et après ? Le contrat de rachat de l’électricité est signé pour 20 ans, et les panneaux pourront être exploités bien plus longtemps si les propriétaires fonciers veulent poursuivre l’opération. La Métropole négocie actuellement pour investir dans la société de projet et souhaite également faire participer les Grands lyonnais au projet « Nous voulons mettre en place un financement participatif, détaille Fabien Bordon, et ainsi proposer aux salariés et habitants de devenir acteur de ce projet innovant. »

 

 

Lyon Vaise, Spi West équilibre les énergies

Le premier immeuble de bureaux à énergie zéro de l’agglomération étrenne ses façades, arrondies de panneaux photovoltaïques, sous le soleil de Lyon Vaise. Le Spi West – c’est son nom – incarne la performance énergétique d’un ancien quartier industriel en reconversion.

>> Mesure visée par le 4.2 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.34]

Spi West à Lyon Vaise

Bâtiment Spi West, vue générale, côté Rives numériques © Stéphane Rambaud

Lyon 9. Sous ses allures de soucoupe volante posée à la pointe nord du quartier de l’Industrie, Spi West est le premier immeuble tertiaire à énergie zéro de l’agglomération. Dans la toute proximité des Rives de Saône, le bâtiment – inauguré en février dernier – héberge une pépinière d’entreprises numériques, des bureaux d’études et des commerces.

« J’veux du soleil ! » pourrait entonner le démonstrateur nouvelle génération qui équilibre ses consommations énergétiques au moyen d’une production propre, via une centrale photovoltaïque. Avec 800 m² de panneaux solaires – en toiture, où ils servent également de couverture et de protection, et en façades, où les panneaux sont traités en brise-soleil photovoltaïques verriers – la centrale produit l’équivalent des besoins énergétiques de l’immeuble, très inférieurs (27kWh/m²) au niveau de référence du label BBC (Bâtiment Basse Consommation). « En clair, 100 % des besoins du bâtiment en matière de chauffage, de ventilation, de rafraîchissement et d’éclairage sont couverts », explique Patrick Leroy, architecte-associé chez Sud Architectes qui a dessiné le bâtiment.

Une attention toute particulière a été apportée à l’éclairage des bureaux avec, notamment, la commande de l’éclairage des locaux par détecteurs de présence et éclairage gradable asservi à des sondes de luminosité.

De la même façon, la température et la ventilation des locaux sont contrôlées à distance, au moyen des ces capteurs intelligents.

L’orientation et la volumétrie de l’édifice, le traitement des façades – une ossature bois réduisant les ponts thermiques et revêtues de parements de terre cuite agrafés – l’ensemble des choix techniques et de matériaux parachèvent l’éco-construction pour conférer à Spi West sa performance exemplaire.