Rhodia se lance dans le recyclage des terres rares

Poudres luminophores de l'unité Solvay Rhodia

Poudres luminophores : gros plan © Didier Van Tilmann - Solvay Rhodia - 2012

Sur le site historique de l’usine Rhodia, à Saint-Fons, une ancienne bâtisse d’agrochimie s’est reconvertie en unité de recyclage des terres rares issues des lampes à économie d’énergie : une première en Europe ! Cette unité a été inaugurée le 27 septembre 2012.

A l’heure où la pression s’accentue sur le marché des terres rares, notamment utilisées dans la fabrication d’éoliennes, de panneaux solaires, d’ampoules à économie d’énergie ou de batteries de voitures électriques, Rhodia débute son activité de recyclage des terres rares en France.

Les terres rares, indispensables aux technologies vertes

La demande mondiale de terres rares devrait augmenter à 185 000 tonnes par an d’ici 2015 ! Elles sont incontournables pour le développement des énergies renouvelables (batteries rechargeables en premier lieu).
Ces terres dites « rares » (lanthane, cérium, terbium, yttrium) sont paradoxalement assez répandues mais leur extraction impacte fortement l’environnement et le marché offre peu de producteurs. Aussi est-il primordial de développer des moyens pour une utilisation plus efficace de ces ressources. A commencer par leur recyclage.

« Ce procédé permet de récupérer les terres rares contenues dans les lampes à économie d’énergie, les batteries ou les aimants afin de préserver la ressource et diversifier les sources d’approvisionnement, » explique Frédéric Carencotte, Directeur Industriel de Rhodia Rare Earth Systems en charge des projets de recyclage.

Les terres rares au service des cleantech

Rhodia, acteur du pôle de compétitivité chimie-environnement Axelera, a choisi le site de Saint-Fons pour réceptionner les poudres luminophores issues des lampes à économie d’énergie usagées.

Le concentré en terres rares de ces poudres est extrait puis recyclé en préservant 100 % des propriétés d’usage initiales. Les terres rares sont ensuite transférées à La Rochelle, second site français désigné pour ce type de recyclage, où elles sont successivement séparées et traitées pour être réutilisées dans la fabrication de nouvelles lampes.

Dans le cadre de la Vallée de la chimie, ce projet du groupe Rhodia est un exemple de mutation des activités industrielles historiques vers les cleantech. Un investissement de 15 000 000 € pour recycler les terres rares issues d’un nouveau gisement : la « mine urbaine ».

Le saviez-vous ?
Une ampoule basse consommation contient à 88 % de verre, 5 % de métaux, 4 % de plastiques, 3 % de poudre contenant les « terres rares » et 0,005 % de mercure.

Rejets industriels, l’innovation Alter Eco

L’industrie rejette d’importantes quantités d’énergie. Dans un contexte marqué par la nécessaire sobriété énergétique, la valorisation des rejets industriels à basse température, c’est-à-dire inférieurs à 150°C, revêt des enjeux majeurs. C’est pour y répondre qu’est né en octobre 2008 le projet Alter Eco, projet de recherche et de développement dans la maîtrise de l’énergie, labellisé par le pôle de compétitivité Axelera, élaboré par le Centre d’Etudes et de Recherches Economique sur l’Energie (CEREN), coordonné par Arkéma et regroupant différents partenaires scientifiques et industriels*. Un projet qui s’inscrit dans le Plan d’Action Partenarial du Plan Climat du Grand Lyon, un des financeurs du projet.

 
*: le CEA/LITEN – Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux, le CETIAT- Centre technique des industries aérauliques et thermiques, Ciat, le CTP- Centre Technique du Papier, Danfoss Commercial Compressor, EDF, Eymin Leydier, GEA-Erge-Spirale, Iterg – Institut des Corps Gras, le GRETH– Groupement pour la Recherche sur les Echangeurs Thermiques et Rhodia.