Avec DORéMI, l’éco-rénovation a tout bon

Le dispositif DORéMI encourage les propriétaires de maisons individuelles à s’engager dans une éco-rénovation complète. Reportage lors d’un test sur la bonne étanchéité d’une maison.

Le formateur Dorémi explique le test de l'étanchéité à l'air auquel il va procéder

Le formateur DORéMI explique le test de l’étanchéité à l’air auquel il va procéder

« Ah, ici, il y a une petite fuite ! » Son engin dégageant de la fumée à la main, Julien Vye teste l’étanchéité à l’air d’une maison engagée dans un chantier d’éco-rénovation, un matin de juillet sur la commune de Saint-Genis-Les-Ollières.
À ses côtés, de nombreux artisans (plombier, électricien, menuisier, plaquiste..) suivent scrupuleusement le résultat du test. Tous ont participé au dispositif DORéMI, qui propose aux propriétaires de maisons individuelles de s’engager dans un programme complet d’éco-rénovation. Avec la livraison clé en main d’un groupement d’artisans formés aux problématiques énergétiques et le gage d’un suivi de chantier rigoureux.

Maison sous pression et test de fuites
Ce matin-là, c’est donc l’heure du test. Mais de quoi s’agit-il exactement ? En fait cela se déroule en deux parties. D’abord, grâce à l’installation d’une porte soufflante (un gros ventilateur), Julien mesure, par une pression constante équivalente à un vent de 35 km/h, l’entrée d’air dans la maison. Et tout ce qui en sort. La maison est mise sous pression. Et si fuite il y a, elle se dégonfle, telle un ballon. Le premier test mesure donc la valeur de fuite en indiquant un débit de m3 par air.
Une fois le chiffre tombé, place à la recherche de fuites. À l’aide d’un générateur de fumées (du type de ceux utilisés en boîte de nuit pour les effets spéciaux), Julien traque les petits trous d’air. Souvent concernés, percement électriques, menuiseries et isolations sont saupoudrés de fumées. Dès qu’elle s’échappe vers l’extérieur, les artisans corrigent rapidement le tir.

Le test de l'étanchéité à l'air permet de déceler d'éventuelles fuites

Le test de l’étanchéité à l’air permet de déceler d’éventuelles fuites

Une éco-rénovation proche de la RT2012
Au final, ce jour-là, la valeur de pertes était proche de la RT 2012, chose rare pour une maison en éco-rénovation. Avec une valeur bien meilleure que l’objectif initialement fixé, les formateurs DORéMI ont félicité les artisans pour leur travail. Entamé en avril 2016, le chantier d’éco-rénovation a été achevé fin juillet. Décaissement sur 50 cm pour créer des pièces de vie au rez-de-chaussée, remplacement de toutes les fenêtres, suppression du balcon, renouvellement complet de l’isolation… Les artisans se sont relayés et ont aussi travaillé de concert pour offrir une rénovation thermique performante.
Fin août, Olivier Lavaux, son épouse et ses deux enfants de 8 et 13 ans s’installeront dans une maison construite dans les années 60. Mais qui désormais, énergétiquement parlant, fait beaucoup moins que son âge.

La maison a été éco-rénovée en quatre mois

La maison a été éco-rénovée en quatre mois

DORéMI ?
Dorémi, pour Dispositif Opérationnel de Rénovation énergétique des Maisons Individuelles est un outil de formation-action développé depuis 2011 l’Institut négaWatt. Officiellement lancé sur le territoire de la Métropole de Lyon en mai 2015, par la signature d’une convention de partenariat entre la collectivité et 5 partenaires, il s’inscrit dans le cadre du plan Climat. En proposant une rénovation complète, souvent moins coûteuse et plus performante que la modification d’un seul poste (fenêtres ou chaudière), la Métropole de Lyon s’engage aussi à subventionner une partie des travaux.
Tous les propriétaires de maison individuelle, située dans le Grand Lyon, datant d’avant 1975 et peu ou pas rénovée thermiquement, peuvent bénéficier de Dorémi. À la clé : une division, par 4 à 6, de la consommation de chauffage.
04 37 48 25 90 // 14 Place Jules Ferry – 69006 Lyon // doremi@ale-lyon.org


« Les artisans travaillent en synergie »

Olivier Lavaux, propriétaire des lieux

Olivier Lavaux, propriétaire

Olivier Lavaux, propriétaire

« J’arrive de Toulouse et j’ai acheté la maison en janvier 2016. Il s’agit d’une bâtisse des années 60, construite sur le modèle Favier, avec un garage en rez-de-chaussée et des pièces de vie à l’étage, ce qui ne correspond plus aux modes de vie actuels. J’avais donc l’ambition de procéder à des aménagements. Et quitte à faire des travaux et à repartir de zéro, autant respecter au mieux l’environnement. Je voulais notamment en finir avec le chauffage au fioul. Je me suis donc rendu au salon Pollutec, en novembre 2015, où l’on m’a présenté le dispositif DORéMI. Ce qui m’a séduit ? Que l’on me recommande des artisans et qu’ils travaillent ensemble, en synergie. Il y a une réflexion commune en faveur du développement durable. »

« Plus vigilants à de petits détails »
Gaëtan Martin, plombier à Oullins

Gaëtan Martin, plombier

Gaëtan Martin, plombier

« Avec DORéMI, on apprend une nouvelle manière de travailler. Nous sommes plus vigilants à des petits détails de chantiers qui n’avaient pas d’importance pour nous jusqu’à présent mais auxquels on pensera désormais à l’avenir. Par exemple ? Quand on fait passer des tuyaux dans des trous, d’ordinaire, on met du béton pour reboucher autour. Là, on nous a appris à utiliser une rustine spécifique. Il y a une préoccupation énergétique très importante, qui n’est pas abordée sur d’autres chantiers. Cela nous permet de monter en gamme. Le fait d’être organisé en groupement ? On travaille mieux ensemble, on se connaît. Et on pourra se rassembler encore à l’avenir pour séduire de futurs clients. »

« Proposer une rénovation thermique performante »
Franck Janin, formateur Dorémi

Franck Janin, formateur Dorémi

Franck Janin, formateur Dorémi

« Aux propriétaires qui se renseignent pour changer leurs fenêtres, l’Agence locale de l’Énergie et la Métropole de Lyon leur disent : « Pourquoi vous n’éco-rénovez pas tout de A à Z ? ». Il s’agit d’éviter au maximum les ponts thermiques et les pertes de chaleur. DORéMI permet au client de ne pas se soucier du dialogue entre artisans et des contraintes de planning, le dispositif le fait pour lui. Mais surtout, DORéMI apprend aux entreprises à se synchroniser entre elles. Il n’est pas question d’apprendre son travail à l’électricien. Mais plutôt de dire : pour une bonne étanchéité à l’air, qui pose le scotch ? Est-ce le plaquiste ? Et où doit-il le mettre pour ne pas gêner le menuisier ensuite ? Nous proposons donc des groupements, formés à la méthode, et qui prennent vite conscience des petites erreurs à ne plus commettre car elles pourraient impacter les performances énergétiques à l’avenir. »

Défi Famille À Énergie Positive : de bonnes habitudes pour longtemps ?

Brigitte et Fred de Corbas. Gene de Villeurbanne. Ivan et Marylin d’Albigny. Tous ont participé au « Défi Famille A Energie Positive » en 2011-2012. Sensibilisés, informés, entraînés aux éco-gestes, ont-ils conservé de bonnes habitudes quatre ans plus tard ? Et gardent-ils un bon souvenir du concours ? Rencontre.

Du lien, des amis

Unanimité sur le bénéfice du groupe, qui mêlait la famille, des proches ou de parfaits inconnus. Marylin et Ivan, très engagés pour l’écologie à Albigny ont rassemblé des amis dans leur équipe. Tout comme Brigitte et Fred, enseignants  à Corbas. À l’inverse, Gene, maman d’une famille  nombreuse, ne connaissait personne au départ. Elle a découvert « un vrai groupe humain qui se constituait autour de valeurs super intéressantes », et ce sont devenus des amis !

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Gene et le carnet de bord de son équipe

La stimulation du défi

L’équipe permet de partager des conseils et des astuces, et d’aborder les sujets autrement. Une bonne stimulation pour assumer des tâches ingrates, comme dégivrer le réfrigérateur avant la réunion suivante, se rappelle Gene. « Tout le monde a bien joué le jeu, l’équipe était efficace et stimulante », notent Brigitte et Fred.

Les enfants en première ligne !

Pour les enfants aussi, l’expérience a bien fonctionné et n’a pas été oubliée. Les deux petites filles d’Yvan, Marilyn étaient très jeunes au moment du concours, mais elles ont appris à bien éteindre la lumière en sortant d’une pièce, et le geste est acquis. « Elles font déjà très attention au quotidien », notent leurs parents. Dans la famille de Gene, le démarrage a été plus lent et, surtout, il a fallu convaincre le père de famille.  « Je faisais des efforts pour la planète alors que lui songeait aux économies. De fil en aiguille, en voyant les factures diminuer, il s’est intéressé à la question », raconte-t-elle. Leurs filles, au contraire, se sont tout de suite beaucoup impliquées dans le concours en participant également aux réunions. La cadette a même dessiné le logo de l’équipe. Depuis, l’aînée a emporté les éco-gestes appris jusqu’en Belgique où elle a initié ses colocataires.

Fred et Brigitte ont beaucoup diminué leur consommation d’eau. Ils ont installé un osmoseur dans leur cuisine qui filtre l’eau et la partie non filtrée est récupérée pour d’autres usages de la maison.

Fred et Brigitte ont beaucoup diminué leur consommation d’eau. Ils ont installé un osmoseur dans leur cuisine qui filtre l’eau et la partie non filtrée est récupérée pour d’autres usages de la maison.

Des outils ludiques

Le Défi Famille À Énergie Positive aide à voir ce qui est consommé réellement en énergie et donne des clés simples pour diminuer ses consommations. Il a laissé un bon souvenir pour son côté « ludique et challenge » et les outils intéressants qui étaient proposés. Le guide des 100 éco-gestes, par exemple, a beaucoup servi pour trouver de nouvelles idées d’économies. Car, même pour ceux qui sont déjà vigilants, il y a toujours de nouvelles habitudes à intégrer au quotidien. Même utilité pour le Wattmètre, qui fait prendre conscience qu’un appareil, même éteint, consomme de l’électricité.

Quel bilan alors ?

Pour Brigitte et Fred « C’est une super expérience ! », car quand on s’y met, on fait des économies ! Gene a le même avis positif. La conclusion de Marylin et Ivan : « C’est un concours où tout le monde gagne à la fin. Chacun fait ce qu’il veut, à son rythme, et ce n’est pas culpabilisant. »

Pour en savoir plus 

Rendez-vous sur le Site du défi pour découvrir l’initiative : prochain recrutement en septembre !

Électricité : la Métropole passe au vert

Désormais, la moitié de l’électricité consommée par les bâtiments de la Métropole de Lyon est verte, c’est-à-dire certifiée 100% renouvelable.

L'Hôtel de la Métropole de Lyon est concerné à 100 % par cette nouvelle sources d'énergie

L’Hôtel de la Métropole de Lyon est concerné à 100 % par cette nouvelle source d’énergie (Photo T.Fournier)

Tous concernés

Sites opérationnels (usines de traitements de l’eau, d’incinération des déchets, tunnels, etc.), locaux administratifs et techniques : l’ensemble des bâtiments de la Métropole, hormis les collèges, est concerné par cette avancée majeure. Désormais, la lumière, le chauffage ou l’ascenseur fonctionnent pour moitié grâce à l’électricité dite verte, c’est-à-dire produite par des systèmes hydrauliques, éoliens ou solaires.

Des sites à 100 % !

Les deux contrats passés avec les prestataires EDF et Gaz Electricité de Grenoble garantissent une électricité verte à 50 %. Mais certains bâtiments, et pas des moindres, vont plus loin. C’est notamment le cas pour l’Hôtel de Métropole qui abrite la majorité des effectifs, rue du Lac. Lui et le centre d’échanges Lyon Perrache sont fournis en totalité par une électricité certifiée d’origine renouvelable.

Le centre d’échanges Lyon-Perrache est fourni en totalité par une électricité certifiée d’origine renouvelable (Photo T.Fournier)

Le centre d’échanges Lyon-Perrache est fourni en totalité par une électricité certifiée d’origine renouvelable (Photo T.Fournier)

Ambition : montrer la marche à suivre

La Direction de la Logistique, du Patrimoine et des Bâtiments – en charge de l’achat de l’ensemble des énergies pour les besoins de la Métropole de Lyon- a franchi le pas. Avec plusieurs autres collectivités et établissements publics en France, comme les villes de Lyon et de Paris ou les Aéroports de Lyon, qui l’ont déjà franchi à des degrés d’engagement divers, la Métropole de Lyon montre la marche à suivre. Tout en y allant de manière progressive, afin que les fournisseurs puissent aussi avoir le temps de s’adapter à ces nouvelles commandes.

À peine plus cher que l’électricité classique

Au moment de franchir un palier dans l’adoption d’une électricité verte, la collectivité a bénéficié d’une conjoncture favorable : l’offre étant encore bien supérieure à la demande, le prix d’achat de cette énergie renouvelable est quasiment au même niveau que l’offre de marché de l’électricité classique. Un tout petit peu plus cher, certes (+0,9%), mais beaucoup plus vert. D’où la volonté d’aller au-delà des objectifs nationaux en la matière. Avec le sentiment, aussi, de donner un coup de pouce à la filière en favorisant son développement.

Que dit la loi ?

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale en 2030. En prenant le parti de passer directement à 50 %, la Métropole de Lyon prend donc de l’avance et montre l’exemple. Pour rappel, en 2014, la part d’électricité « verte » dans la consommation totale d’électricité en France était de 16%*. Le chemin à parcourir est donc encore long. Et bonne nouvelle : tout le monde peut s’y mettre, collectivité, comme simple citoyen ! Alors rendez-vous ici !