Label Cit’ergie : Vénissieux et Rillieux-la-Pape, aux avant-postes de la transition énergétique

Economies d’énergie, rénovation thermique, énergies renouvelables, mobilité… Pour Vénissieux et Rillieux-la-Pape, la démarche Cit’ergie permet de mesurer chaque année l’avancée des projets sur le territoire et de renouveler les actions.

4 collectivités sont labellisées Cit'ergie. De gauche à droite aux côtés de l'ADEME : Métropole de Lyon (Vice-Président Bruno Charles)

Les 4 collectivités labellisées Cit’ergie lors de la réception de leur le label, décerné par l’ADEME. De gauche à droite : la Métropole de Lyon (Bruno Charles), la Ville de Lyon (Nicole Gay), la Ville de Vénissieux (Pierre-Alain Millet et Sandrine Perrier), la Ville de Rillieux-la-Pape (Alexandre Vincendet).

En juin 2016, Vénissieux a reçu le label Cit’ergie et Rillieux-la-Pape le label Cap Cit’ergie. Pour rappel, la Métropole est labellisée depuis 2014 au niveau Cit’ergie et anime un réseau avec les trois autres collectivités engagées sur le territoire : la Ville de Lyon, labellisée en 2015, Rillieux-la-Pape et Vénissieux. Cécile Vigouroux, responsable du service environnement à la ville de Vénissieux et Catherine Vial, chef du service environnement et énergie de Rillieux-la-Pape, reviennent sur un an d’expérience dans la démarche.

Quel est votre niveau d’engagement dans la démarche Cit’ergie ?

Cécile Vigouroux : Vénissieux a obtenu le label au niveau Cit’ergie, ce qui qui veut dire que nous avons déjà réalisé plus de 50 % de notre potentiel d’action (soit 56 %). Cette distinction confirme la mise en œuvre de plus de la moitié des possibilités d’actions et de progression dont notre commune a la compétence.

Catherine Vial : Pour Rillieux, le label CAP Cit’ergie montre que nous sommes en bonne voie pour atteindre le label Cit’ergie en 4 ans : la ville a réalisée 49,2 % de son objectif. Prochaine étape, atteindre le niveau Cit’ergie, situé à plus de 50 %.

Qu’apporte Cit’ergie pour la collectivité ?

Cécile Vigouroux : L’obtention de ce label est une récompense, mais aussi un encouragement pour mobiliser les services. Car c’est avant tout un bon outil de management pour s’assurer de l’avancée des projets sur le territoire, un outil d’évaluation, une démarche d’amélioration continue. Le label nous permet d’être exhaustif, plus transparent, plus visible dans ce que l’on fait. Aujourd’hui, l’information est plus partagée, il y a plus d’adhésion à nos actions.

Catherine Vial : Effectivement, le label récompense d’abord une démarche. Il permet de mettre la collectivité en mode projet, de mobiliser tous les services et les acteurs du territoire. Cit’ergie récompense notamment notre modèle de gouvernance, avec un comité de pilotage annuel et une revue des services deux fois par an. Le label pousse à mettre réellement en œuvre les actions programmées, à en assurer le suivi, à en évaluer les impacts  et amène ainsi à un processus d’amélioration continue.

Quels sont vos points forts ?

Cécile Vigouroux : Dans le cadre du plan climat, on a atteint le facteur 4 en matière de réduction des Gaz à effet de serre (GES) sur le patrimoine et services de la ville. Un de nos autres points forts est le réseau de chaleur : 3 chaudières bois ont été installées et raccordées au réseau, qui bénéficie ainsi d’un taux de mixité EnR (énergie renouvelable) de 58 % en 2017 (contre 39 % en 2012). Le réseau dessert près de la moitié de la population. Vénissieux, la Métropole de Lyon et l’Etat ont par ailleurs mis en place un Programme d’intérêt général (PIG) sur cinq ans (2013-2017) pour soutenir la rénovation énergétique des logements privés. Le label récompense également notre Plan de déplacement de l’administration, mis en place dès 2012, et notre politique d’achats durables. Enfin, la ville a lancé un appel à projet pour soutenir les éco-projets d’habitants depuis 2011 sur la commune. 6 à 10 éco-projets sont soutenus chaque année pour un budget d’environ 5 000 euros.

Catherine Vial : La commission nationale du label a souligné les objectifs en matière d’économie d’énergie sur éclairage public (- 50 % en 5 ans), notamment par des actions sur la régulation horaire et le remplacement des ampoules classiques par des LED. Autre point fort, le réseau de chaleur que la ville de Rillieux-la-Pape a fait classer fin 2013 : désormais toute nouvelle construction est obligée de s’y raccorder. Une extension de ce réseau est en cours. Enfin, 50 % de la flotte de véhicules de la ville est passée au GNV (gaz naturel pour véhicule).

Quelles seront vos prochains chantiers ?

Cécile Vigouroux : Notre objectif est d’abord de réaliser notre plan d’actions : développer les modes de déplacements alternatifs à la voiture, développer les achats durables (critères environnementaux dans les marchés publics), la maîtrise des énergies, etc.

Catherine Vial : Alors qu’elle n’est pas « obligée », la ville a lancé un bilan des émissions de GES sur son patrimoine et ses services. Pour les bâtiments communaux, elle formalise un cahier de prescriptions qui sera repris dans les marchés de maîtrise d’œuvre et de travaux pour systématiser l’intégration de critère de développement durable : chantiers propres, approvisionnement local, gestion des déchets, qualité des matériaux, faibles consommations d’énergies…. La ville vient également d’entrer au capital de la SPL Oser bâtiments publics. Enfin, nous avons multiplié les partenariats pour mobiliser les habitants : avec l’ALE et Soliha sur des actions de sensibilisations pour les habitants (éco gestes), avec GRDF sur la thermographie ou avec Toits en transition (mise à disposition d’une école pour installer des panneaux solaires pour un projet photovoltaïque citoyen).

Le label Cit’ergie

Cit’ergie est la déclinaison française du « European Energy Award » qui récompense les démarches énergie-climat exemplaires mises en oeuvre dans plusieurs pays européens. En France, le label est porté et diffusé par l’Ademe. Il est donné pour 4 ans.

 

Défi Famille À Énergie Positive : que sont devenus les sous-voltés ?

Elles ont participé à la troisième saison du défi Famille à Énergie Positive. Elles, ce sont les familles qui composaient les « Sous-voltés de Villeurbanne », une équipe dynamique qui a conservé de bonnes habitudes énergétiques.

Sylvie, Brigitte, Sonia, Jean-Marc, Anouck et Bruno au sein de la conciergerie LELL ouvert par Bruno cette année

Sylvie, Brigitte, Sonia, Jean-Marc, Anouck et Bruno au sein de la conciergerie LELL ouvert par Bruno cette année

À la recherche d’une expérience collective

Sonia, Brigitte, Anouck et Jean-Marc, Bruno et Sylvie. Avec leurs familles, tous ont pris part au Défi Famille à Énergie positive avec les mêmes envies : évoluer, trouver d’autres façons de consommer, faire de vraies économies, partager avec d’autres qui agissent différemment… Une expérience personnelle et collective pour laquelle il a fallu parfois motiver le reste de la famille, enfants et conjoint. Mais le côté ludique a vite séduit l’ensemble des participants, tous désireux de se mesurer aux autres et à eux-mêmes.

Une vraie dynamique de groupe

L’équipe d’une dizaine de familles s’est rencontrée régulièrement durant le concours. Ainsi, une fois par mois, tous se retrouvaient chez l’un d’entre eux pour partager un repas et discuter. Une convivialité fondamentale pour réussir et qui a permis de tisser des liens. Car la plus-value du Défi est aussi dans la rencontre et le réel plaisir à s’engager autour des mêmes valeurs.
Menée par Thomas, le capitaine, déjà présent l’année précédente, la « team » a aussi mis en place un blog en ligne. Son utilité ? Dès que quelqu’un trouvait une information pertinente sur l’énergie, il la relayait et alimentait la réflexion du groupe.

Trois ans après, les gestes perdurent

Ne pas laisser de lumières allumées dans les pièces vides, mieux gérer le chauffage et la cuisson, mettre des prises coupe-veilles ou encore réduire le volume d’eau des chasses d’eau et programmer le thermostat . Durant le concours, des éco-gestes simples ont été mis en place. Ce changement dans les comportements est encore présent aujourd’hui, où la vigilance est toujours de mise. Avec des résultats visibles : de – 15 à – 44 % pour la consommation d’énergie, et – 43 % pour la réduction de la consommation d’eau. Chose insolite, le défi a mis en lumière des situations cocasses : ainsi, au début du concours, Bruno s’est tout simplement rendu compte que depuis son emménagement, on lui facturait… les consommations de son voisin !

En route vers d’autres engagements

Et une fois le concours fini ? La plupart des sous-voltés ont eu envie de poursuivre l’aventure, de différentes manières. Le capitaine Thomas a emmené certains participants au concours Famille à alimentation positive. D’autres ont préféré le « Défi 80 km » ou « Le climat dans nos assiettes ». Bruno, Brigitte, Anouck et le chef Delphine ont ainsi cuisiné un repas dont l’impact carbone devait être le plus bas possible.

La première marche vers de grands projets

Certains ont vu encore plus loin : Bruno a monté LELL, un marché en ligne pour commander des aliments produits dans un rayon de 50 km autour de Lyon. Ne reste plus ensuite qu’à aller retirer la commande au local.
Quand à Jean-Marc, salarié de l’association Hespul (chargée d’accompagner des projets liés au photovoltaïque, à la transition énergétique, aux smartgrids et à l’éco-urbanisme) il met en place, avec la structure Toits en transition, une centrale solaire sur les toits de Lyon. Enfin, question énergie, certains ont changé de fournisseurs pour se tourner vers l’énergie renouvelable et Enercoop. Ce qui leur a permis de participer à « Docteur Watt », une formation d’autodiagnostic pour réduire facilement les consommations des appareils électriques.
Au final, le défi Famille à Énergie positive a donné des ailes aux sous-voltés !

Pour en savoir plus

Rendez-vous sur le site du défi pour découvrir l’initiative : prochain recrutement en septembre !

Cet article a été rédigé par les volontaires d’Unis-Cité dans le cadre du projet « Héros ordinaires ».

 

 

Défi Famille À Énergie Positive : de bonnes habitudes pour longtemps ?

Brigitte et Fred de Corbas. Gene de Villeurbanne. Ivan et Marylin d’Albigny. Tous ont participé au « Défi Famille A Energie Positive » en 2011-2012. Sensibilisés, informés, entraînés aux éco-gestes, ont-ils conservé de bonnes habitudes quatre ans plus tard ? Et gardent-ils un bon souvenir du concours ? Rencontre.

Du lien, des amis

Unanimité sur le bénéfice du groupe, qui mêlait la famille, des proches ou de parfaits inconnus. Marylin et Ivan, très engagés pour l’écologie à Albigny ont rassemblé des amis dans leur équipe. Tout comme Brigitte et Fred, enseignants  à Corbas. À l’inverse, Gene, maman d’une famille  nombreuse, ne connaissait personne au départ. Elle a découvert « un vrai groupe humain qui se constituait autour de valeurs super intéressantes », et ce sont devenus des amis !

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Gene et le carnet de bord de son équipe

La stimulation du défi

L’équipe permet de partager des conseils et des astuces, et d’aborder les sujets autrement. Une bonne stimulation pour assumer des tâches ingrates, comme dégivrer le réfrigérateur avant la réunion suivante, se rappelle Gene. « Tout le monde a bien joué le jeu, l’équipe était efficace et stimulante », notent Brigitte et Fred.

Les enfants en première ligne !

Pour les enfants aussi, l’expérience a bien fonctionné et n’a pas été oubliée. Les deux petites filles d’Yvan, Marilyn étaient très jeunes au moment du concours, mais elles ont appris à bien éteindre la lumière en sortant d’une pièce, et le geste est acquis. « Elles font déjà très attention au quotidien », notent leurs parents. Dans la famille de Gene, le démarrage a été plus lent et, surtout, il a fallu convaincre le père de famille.  « Je faisais des efforts pour la planète alors que lui songeait aux économies. De fil en aiguille, en voyant les factures diminuer, il s’est intéressé à la question », raconte-t-elle. Leurs filles, au contraire, se sont tout de suite beaucoup impliquées dans le concours en participant également aux réunions. La cadette a même dessiné le logo de l’équipe. Depuis, l’aînée a emporté les éco-gestes appris jusqu’en Belgique où elle a initié ses colocataires.

Fred et Brigitte ont beaucoup diminué leur consommation d’eau. Ils ont installé un osmoseur dans leur cuisine qui filtre l’eau et la partie non filtrée est récupérée pour d’autres usages de la maison.

Fred et Brigitte ont beaucoup diminué leur consommation d’eau. Ils ont installé un osmoseur dans leur cuisine qui filtre l’eau et la partie non filtrée est récupérée pour d’autres usages de la maison.

Des outils ludiques

Le Défi Famille À Énergie Positive aide à voir ce qui est consommé réellement en énergie et donne des clés simples pour diminuer ses consommations. Il a laissé un bon souvenir pour son côté « ludique et challenge » et les outils intéressants qui étaient proposés. Le guide des 100 éco-gestes, par exemple, a beaucoup servi pour trouver de nouvelles idées d’économies. Car, même pour ceux qui sont déjà vigilants, il y a toujours de nouvelles habitudes à intégrer au quotidien. Même utilité pour le Wattmètre, qui fait prendre conscience qu’un appareil, même éteint, consomme de l’électricité.

Quel bilan alors ?

Pour Brigitte et Fred « C’est une super expérience ! », car quand on s’y met, on fait des économies ! Gene a le même avis positif. La conclusion de Marylin et Ivan : « C’est un concours où tout le monde gagne à la fin. Chacun fait ce qu’il veut, à son rythme, et ce n’est pas culpabilisant. »

Pour en savoir plus 

Rendez-vous sur le Site du défi pour découvrir l’initiative : prochain recrutement en septembre !