Rillieux-la-Pape et Saint Fons luttent contre la précarité énergétique

En 2010, la Ville de Rillieux-la-Pape a mis en place un processus expérimental d’évaluation participative réalisé par des habitants, des partenaires locaux en lien avec des agents de la Ville. Ce travail collaboratif lui permettra de publier, en juin 2012, une seconde version de son Agenda 21 dont le volet climat-ressources met particulièrement l’accent sur la précarité énergétique.

Consciente de l’urgence d’agir en faveur du développement durable, la Ville de Rillieux-la-Pape a, depuis longtemps, mis en oeuvre une politique volontariste dans ce domaine. 1997 : signature d’une Charte de l’environnement. 1998 : création des Observateurs de quartiers. 2006 : publication d’un Agenda 21 structuré autour de quatre volets et deux cents actions. 2007 : reconnaissance par le Ministère de l’énergie, de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement du territoire (MEEDDAT). 2011 : participation à la première édition du salon Echos-Logis consacré à l’autoconstruction et à l’habitat durable.

L’année 2012 va constituer une nouvelle date phare de cet engagement. En juin, Rillieux-la-Pape va, en effet, publier une seconde version de son Agenda 21, suite à un long processus expérimental d’évaluation participative réalisé sur douze actions par des habitants, des partenaires locaux en lien avec des agents de la Ville. Ce nouvel Agenda 21 comprend, entre autres, un volet climat-ressources dont les actions – qui vont dans le sens du Plan Climat du Grand Lyon – porteront notamment sur les dépenses d’énergie.

Dans ce cadre, une action portée par le PIMMS (Point Information Médiation Multi Services) de Rillieux-la-Pape vise à sensibliser les familles en précarité énergétique. Ces personnes sont contraintes, pour des raisons financières, de réduire leur chauffage/électricité, voire de s’en priver. L’objectif consiste à accompagner ces habitants afin d’étudier avec eux s’ils peuvent bénéficier d’un tarif adapté à leur situation, mais aussi de voir dans quelle mesure ils peuvent réaliser des économies d’énergie. Marion Athiel, chargée de mission Agenda 21-Développement durable à la Ville de Rillieux-la-Pape, précise : « En 2012, nous allons commencer cette mission d’accompagnement avec l’ALE. Nous avons deux objectifs : faire un diagnostic avec l’appui des partenaires locaux et une cartographie de l’état de précarisation des habitants de la commune, et travailler sur un programme de formation à destination des partenaires de la ville : CCAS, PIMMS, CSF, travailleurs sociaux, associations, centres sociaux, etc. ». 

Un défi majeur pour Saint-Fons

Dans le cadre de son propre Plan Climat, la ville de Saint-Fons va mettre en oeuvre un certain nombre d’actions. Parmi celles-ci, une étude consacrée à la précarité énergétique sera menée en interne dans le courant du 1er semestre 2012 visant à poser les bases d’un diagnostic afin de mieux appréhender cette problématique sur la commune.

Il s’agit d’une question qui, selon Serge Perrin, adjoint au développement durable, « fédère l’ensemble des élus de Saint-Fons ». Lydie Gharib, chargée de mission Habitat, poursuit : « A l’aide d’un groupe de travail, nous souhaitons cerner le profil des habitants de Saint-Fons se trouvant en situation de précarité énergétique. Notre objectif est double : accompagner les personnes concernées avec efficacité et les aider à mettre en place des opérations d’auto-réhabilitations ». Localement, la question de l’efficacité énergétique des bâtiments devra également être intégrée à celle de la prévention qui s’imposera aux habitants dans la cadre de la mise en oeuvre des Plans de Prévention des Risques Technologiques. Pour la commune, dont la population est l’une des plus précaires de l’agglomération lyonnaise, il s’agit là d’un défi majeur.

« Energie Précarité Rhône » : un dispositif à amplifier

 

90 ménages en grande difficulté ont bénéficié de l’opération expérimentale « Energie et Précarité Rhône » initiée par le PACT du Rhône. Aujourd’hui, cette association espère pouvoir la développer à différentes échelles.

Traditionnellement, lorsqu’il est question de précarité énergétique, il est question des 3,4 millions de ménages français qui dépensent plus de 10% de leurs revenus pour approvisionner leur logement en énergie. Pour décrire plus précisément cette réalité, Delphine Agier, directrice adjointe du PACT ARIM du Rhône, tient toutefois à une approche plus globale : « La précarité énergétique concerne les ménages qui sont dans une situation socio-économique fragile et qui occupent un logement énergivore. » Pour évaluer, prévenir et traiter cette précarité énergétique, le PACT du Rhône, membre du premier réseau associatif national au service de l’habitat, a initié en 2007 avec HESPUL une action expérimentale novatrice. Visant à améliorer la situation financière et le confort thermique des ménages en difficulté énergétique, cette opération baptisée « Energie et Précarité Rhône » a reçu le soutien financier de plusieurs partenaires : le Conseil Général du Rhône, la Région Rhône-Alpes, la Fondation de France, l’ADEME ou encore la Fondation Abbé Pierre. En l’espace de trois ans, 90 ménages en grande difficulté – plus de 80% d’entre eux étaient en-dessous du seuil de pauvreté – signalés par des travailleurs sociaux, ont bénéficié de l’accompagnement du PACT du Rhône. Les urbanistes, conseillers sociaux et techniciens formés à l’évaluation énergétique de cette association ont ainsi tiré des conclusions majeures au sujet des ménages en situation de précarité énergétique. Ils ont, par exemple, eu la confirmation qu’il y avait très peu de comportements de surconsommation volontaire, mais que ces personnes occupaient bien des logements énergivores, voire de véritables « passoires thermiques ».

Quelle que soit la situation rencontrée, Delphine Agier explique qu’améliorer le logement des personnes en précarité énergétique demande une mobilisation importante : « Lorsqu’il s’agit de propriétaires sous le seuil de pauvreté, la marge de manœuvre pour réaliser des travaux est très réduite, on parvient à traiter l’essentiel mais un haut niveau de performance ne peut être atteint en une seule phase de travaux. Quant il s’agit de locataires, c’est également compliqué car très peu de travaux leur incombent. Nous entamons alors une médiation auprès du propriétaire afin d’essayer de le convaincre d’engager des travaux… Enfin, parfois le relogement est la meilleure solution. »

Malgré les limites de l’action, les résultats sont très encourageants et les ménages accompagnés voient réellement leur situation s’améliorer. Le PACT ARIM du Rhône souhaite poursuivre l’opération et développe à présent cette approche à travers l’ensemble de ses actions auprès des ménages, des copropriétés, …. Par exemple, le Grand Lyon lui a confié le PIG (Programme d’Intérêt Général) Energétique de Vénissieux qui consiste précisément à mettre en place des actions de rénovation énergétique dans les copropriétés et les maisons individuelles. Le PACT du Rhône plaide aussi pour que l’action puisse continuer à exister en tant que telle. C’est tout le sens des propos de Delphine Agier : « Il faut agir sur deux échelles complémentaires. Il est souhaitable que les collectivités territoriales entreprennent des programmes de rénovation énergétique de grande ampleur, notamment dans les territoires où la population est globalement modeste. Mais nous sommes tout aussi convaincus qu’il faut maintenir une action spécifique pour les ménages en difficulté repérés par les travailleurs sociaux et qui sont souvent isolés face à ces questions. »

« J’ai l’impression d’être au XIXe siècle »

« Quand on est dans cette situation, on est trop pudique. J’avais honte de dire que je ne pouvais pas payer mes factures… » « J’ai l’impression d’être au XIXe siècle… »[1] 

Tels sont les témoignages, les ressentis des ménages en précarité énergétique. En grande privation, ils éprouvent souvent un sentiment de culpabilité et une vraie dépréciation de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Les conséquences d’un logement mal chauffé et mal ventilé peuvent être désastreuse pour la santé des occupants. Un système de chauffage à combustion mal entretenu et une mauvaise aération peuvent provoquer des intoxications au monoxyde de carbone, mortel. L’humidité excessive, les problèmes d’aération et les modes de chauffage défectueux favorisent l’apparition de moisissures. Les allergies respiratoires chroniques peuvent ensuite se développer à loisir…


[1] Témoignages recueillis par le bureau d’études sociologiques OSL dans le cadre de son évaluation de l’expérimentation Energie et Précarité Rhône

 

Contact : PACT ARIM du Rhône – 51 rue Jean Jaurès – 69007 Lyon – 04 37 28 70 35 – dagier@pact-habitat.org         www.pact-habitat.orgwww.pact-rhone-alpes.org

Communes, Climat et Energie: la dynamique BEAM* 21

 

 

Chassieu, Corbas, Lyon, Saint-Fons, Saint-Priest, Rillieux-la-Pape et Vénissieux sont engagées dans le programme de formation BEAM 21. De quoi s’agit-t-il ? D’un programme européen porté et animé en France par l’Agence Locale de l’Energie de l’agglomération lyonnaise, missionnée par le Grand Lyon**. La finalité est d’approfondir les connaissances d’élus et techniciens sur le climat et l’énergie. Mais aussi de développer le partage d’expérience.    

 

BEAM 21 est lancé en 2009. L’ambition de ce nouveau programme européen est de permettre la diffusion de savoirs et compétences en termes de climat et d’énergie au sein des conseils municipaux et d’équilibrer le niveau d’information partagé par les élus et les techniciens. Une opportunité intéressante puisque communes et communautés de communes de plus de 50 000 habitants doivent avoir adopté un plan climat-énergie territorial pour le 31 décembre 2012.

Le Grand Lyon, signataire de la Convention des maires et engagé dans une démarche de Plan Climat, se mobilise alors avec l’ALE pour solliciter les communes de l’agglomération. Elles sont sept au final et incarnent, avec le Grand Lyon et l’ALE, la déclinaison française du programme également développé en Autriche, Bulgarie, République Tchèque, Allemagne, Lettonie, Lituanie, Pologne et Roumanie. 

Le programme de formation est définitivement validé à l’automne 2010, affiné par les besoins et attentes exprimés des communes. Chacune d’entre elles a, grâce à BEAM 21, la possibilité de former trois techniciens ainsi que trois élus et de consolider sa démarche Plan Climat. Cette formation de 50 heures, est pour moitié assurée en ateliers et pour moitié par e-learning.  Elle a commencé début 2011 pour un premier groupe tandis qu’un deuxième groupe sera mobilisé à partir de fin 2011. Les thématiques abordées  vont du changement climatique aux énergies locales en passant par les déplacements municipaux, 10 au total. La particularité de cette formation est de faire intervenir des acteurs-experts locaux (ALE, INSA, Sigerly, association AMORCE…) et de favoriser ainsi le transfert de compétences et le partage des savoirs. Une bonne manière de développer les synergies.

[Mise à jour 16/01/2012: les communes de BRON, CALUIRE, DARDILLY, DECINES et MEYZIEU rejoignent le programme BEAM 21 pour la nouvelle session 2012!]

Contacts :

ALE : 04 37 48 22 42

Fabien Moudileno

Sylvain Godinot

 

* Blended capacity-building on sustainable energy measures and action plans for European municipalities.

** Missionnée par le Grand Lyon, l’ALE accompagne également 26 communes de l’agglomération dans la mise en œuvre de leur Plan Climat.

Transport de marchandises dans le Grand Lyon, moins encombrant, moins polluant

Au sein du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck & Bus (LUTB)*, City Fret est un programme innovant de démonstration des solutions pour un transport de marchandises optimisé et plus sobre en énergie. Ce programme s’inscrit dans l’axe stratégique « Cleantech » de la politique du Grand Lyon en matière de développement économique. City Fret est aussi un jeu que vous pouvez découvrir ici (lien : http://lutb.fr/).

 

Il n’y a pas une façon unique de distribuer de la marchandise. Les besoins sont aussi multiples que les produits qui sont aujourd’hui transportés sur l’ensemble de l’agglomération. Le programme City Fret, développé au sein de LUTB, a pour finalité de concilier les savoir-faire et de favoriser la mise en œuvre de pilotes visant un transport de marchandises optimisé et moins polluant sur différents espaces urbains dont celui du Grand Lyon. « L’objectif est que les systèmes soient les plus intelligents possibles et que la distribution soit efficace. L’enjeu est que ce type de transport ne soit pas un obstacle à la fluidité de circulation en ville et qu’il s’inscrive dans un partage harmonieux de l’espace entre les différents utilisateurs des voies et des transports eux-mêmes » explique Denis Caux responsable du programme City Fret. Mutualisation des véhicules, remplissage optimal… sont autant de pistes d’ores et déjà étudiées.

Le Grand Lyon est largement impliqué dans les travaux menés dans le cadre de City Fret, à la fois comme partenaire et « espace » de démonstration, mais aussi comme porteur de projets.  Il intervient par exemple dans Géode, le programme d’utilisation de véhicules hybrides pour les bennes à ordures ménagères, un projet né en 2009 sous l’impulsion de Renault Trucks. La communauté urbaine est aussi partenaire du projet européen Freilot (2009-2012) qui valorise les transports non polluants, des marchandises notamment, expérimenté dans quatre grandes villes européennes.

Au niveau du portage de projets, le Grand Lyon est chef de file dans la mise en œuvre du projet Optimod’. Il s’agit de constituer un groupe d’acteurs clés du territoire pour permettre l’analyse et la gestion des données multiples (feux tricolores, fluidité du trafic, travaux) afin de mettre à disposition des usagers un « super GPS » capable de fournir les informations les plus détaillées possibles et le meilleur itinéraire en temps réel et prévisionnel à 15 mn, 30 mn. Au niveau logistique, le grand projet Part Dieu 2030 est un vaste champ d’étude. « Pour la première fois dans un programme urbain de cette envergure, un volet est entièrement consacré au transport de marchandises » souligne Denis Caux. Dans le cadre de ce projet sont notamment en cours de réflexion la mise en place d’une centrale de distribution urbaine, l’évolution du pôle multimodal et des structures commerciales avec la mise en place de voies réservées ou encore un centre de consolidation qui permettrait de stocker les matériaux des différentes entreprises dans un même lieu et de limiter ainsi les transports.

Pour plus d’infos : http://lutb.fr/

 

* LUTB accompagne les projets de ses membres et crée notamment des synergies en permettant l’association de grands groupes, de petites unités et de centres de recherche. Tous les projets en lien avec l’évolution du transport de marchandises peuvent être présentés au pôle.