Sylv’ACCTES soutient une gestion durable de la forêt

Après 1 ans et demi d’existence, l’association Sylv’acctes partage ses premiers résultats : en 2016, elle a accompagné 500 hectares de forêt en accordant 165 000 euros d’aide financière en faveur du climat, de la biodiversité et du développement local (action 4.9 du Plan Climat de la Métropole).

Visite en forêt des partenaitres Sylv'ACCTES: financeurs, propriétaires forestiers et gestionnaires.

Visite en forêt des partenaires Sylv’ACCTES: financeurs, propriétaires forestiers et gestionnaires.

« La forêt rend de multiples services pour les habitants et les territoires », explique Loïc Casset, coordinateur de Sylv’ACCTES : « production de bois, puits de carbone, préservation de la qualité de l’eau, protection des paysages, attractivité, accueil du public (sentiers), protection des risques naturels (en montagne). Il convient donc de la préserver. C’est le rôle que s’est donné Sylv’ACCTES. Lyon est la 1ère Métropole à investir en dehors de son périmètre administratif et directement en forêt ». L’association a été créée en 2015 pour soutenir une gestion durable de la forêt dans les territoires proches de l’agglomération.

Investir dans des puits de carbone

« Le premier objectif est d’atténuer le changement climatique grâce aux puits de carbone que constitue la forêt », poursuit Loïc Casset. « 30 % du territoire régional est couvert par de la forêt, et permet chaque année d’absorber 18 millions de tonne de CO2 soit 3 % des émissions de CO2 nationales annuelles. Il s’agit donc de pérenniser des forêts jeunes et en croissance, sachant qu’une partie sert en plus à la production de bois (énergie/construction) ». En d’autres termes, « cette initiative permet d’élargir le périmètre d’action du Plan Climat du Grand Lyon, au-delà de son territoire, en jouant un rôle de complément, dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ». « Mais on ne peut parler de compensation carbone, car il faudrait pour cela que l’action en forêt de Sylv’ACCTES aboutissent à la production de crédits carbone échangeables contre des émissions de GES », précise Loïc Casset. L’action de l’association consiste également à adapter la forêt aux changements climatiques en cours : diversifier les essences, multiplier les étages du peuplement forestier, diminuer les densités de peuplement, optimiser les âges d’exploitabilité.

Soutenir le développement des territoires ruraux

La Métropole de Lyon s’est engagée, dans son Plan Climat, à favoriser la dynamique régionale de production de bois : il s’agit bien de répondre de manière durable aux usages croissants du bois, pour la construction et pour la production d’énergie. Sylv’ACCTES permet de soutenir un développement innovant dans les territoires ruraux et la structuration de la filière économique. A ce titre, l’association ne finance pas directement les propriétaires mais les entreprises qui réalisent les travaux : plantation, élagage, travaux d’éclaircie, etc. En contrepartie du soutien financier, les partenaires de Sylv’ACCTES (entreprises et collectivités) accompagnent l’amélioration de la gestion des forêts détenues par les communes ou propriétaires privés. « Notre aide permet d’accompagner des changements de pratique en matière de gestion des forêts », précise Loïc Casset. La démarche participe ainsi au maintien de l’emploi en zone rurale.

500 hectares de forêt améliorés

En 2016, 7 territoires ont bénéficié des premiers travaux, dans le Nord Isère, le Bugey, le Pilat et le Nord Ardèche. 431 700€ d’investissements ont permis d’améliorer la gestion de 500 hectares de forêts, représentant 52 bénéficiaires, soit un montant d’aides versées de 165 650 €. Cela permet très concrètement 2 254 arbres conservés pour la biodiversité et 364 000 tonnes de CO2 stockées, séquestrées ou substituées. En matière de production, les forêts ont généré 109 630 m3 de bois énergie et 261 610 m3 de bois d’œuvre.

En 2017, le nombre de territoires concernés en Rhône-Alpes devrait doubler. L’association souhaite se développer notamment sur l’Auvergne.

Comment bénéficier de ces aides ?

Les territoires forestiers doivent porter un Projet Sylvicole Territorial (PST). Sylv’ACCTES évalue l’efficacité des projets sylvicoles en fonction de quatre critères : efficacité CO2, amélioration de la biodiversité, impacts sur l’écosystème, impacts économiques.

 

Label Cit’ergie : Vénissieux et Rillieux-la-Pape, aux avant-postes de la transition énergétique

Economies d’énergie, rénovation thermique, énergies renouvelables, mobilité… Pour Vénissieux et Rillieux-la-Pape, la démarche Cit’ergie permet de mesurer chaque année l’avancée des projets sur le territoire et de renouveler les actions.

4 collectivités sont labellisées Cit'ergie. De gauche à droite aux côtés de l'ADEME : Métropole de Lyon (Vice-Président Bruno Charles)

Les 4 collectivités labellisées Cit’ergie lors de la réception de leur le label, décerné par l’ADEME. De gauche à droite : la Métropole de Lyon (Bruno Charles), la Ville de Lyon (Nicole Gay), la Ville de Vénissieux (Pierre-Alain Millet et Sandrine Perrier), la Ville de Rillieux-la-Pape (Alexandre Vincendet).

En juin 2016, Vénissieux a reçu le label Cit’ergie et Rillieux-la-Pape le label Cap Cit’ergie. Pour rappel, la Métropole est labellisée depuis 2014 au niveau Cit’ergie et anime un réseau avec les trois autres collectivités engagées sur le territoire : la Ville de Lyon, labellisée en 2015, Rillieux-la-Pape et Vénissieux. Cécile Vigouroux, responsable du service environnement à la ville de Vénissieux et Catherine Vial, chef du service environnement et énergie de Rillieux-la-Pape, reviennent sur un an d’expérience dans la démarche.

Quel est votre niveau d’engagement dans la démarche Cit’ergie ?

Cécile Vigouroux : Vénissieux a obtenu le label au niveau Cit’ergie, ce qui qui veut dire que nous avons déjà réalisé plus de 50 % de notre potentiel d’action (soit 56 %). Cette distinction confirme la mise en œuvre de plus de la moitié des possibilités d’actions et de progression dont notre commune a la compétence.

Catherine Vial : Pour Rillieux, le label CAP Cit’ergie montre que nous sommes en bonne voie pour atteindre le label Cit’ergie en 4 ans : la ville a réalisée 49,2 % de son objectif. Prochaine étape, atteindre le niveau Cit’ergie, situé à plus de 50 %.

Qu’apporte Cit’ergie pour la collectivité ?

Cécile Vigouroux : L’obtention de ce label est une récompense, mais aussi un encouragement pour mobiliser les services. Car c’est avant tout un bon outil de management pour s’assurer de l’avancée des projets sur le territoire, un outil d’évaluation, une démarche d’amélioration continue. Le label nous permet d’être exhaustif, plus transparent, plus visible dans ce que l’on fait. Aujourd’hui, l’information est plus partagée, il y a plus d’adhésion à nos actions.

Catherine Vial : Effectivement, le label récompense d’abord une démarche. Il permet de mettre la collectivité en mode projet, de mobiliser tous les services et les acteurs du territoire. Cit’ergie récompense notamment notre modèle de gouvernance, avec un comité de pilotage annuel et une revue des services deux fois par an. Le label pousse à mettre réellement en œuvre les actions programmées, à en assurer le suivi, à en évaluer les impacts  et amène ainsi à un processus d’amélioration continue.

Quels sont vos points forts ?

Cécile Vigouroux : Dans le cadre du plan climat, on a atteint le facteur 4 en matière de réduction des Gaz à effet de serre (GES) sur le patrimoine et services de la ville. Un de nos autres points forts est le réseau de chaleur : 3 chaudières bois ont été installées et raccordées au réseau, qui bénéficie ainsi d’un taux de mixité EnR (énergie renouvelable) de 58 % en 2017 (contre 39 % en 2012). Le réseau dessert près de la moitié de la population. Vénissieux, la Métropole de Lyon et l’Etat ont par ailleurs mis en place un Programme d’intérêt général (PIG) sur cinq ans (2013-2017) pour soutenir la rénovation énergétique des logements privés. Le label récompense également notre Plan de déplacement de l’administration, mis en place dès 2012, et notre politique d’achats durables. Enfin, la ville a lancé un appel à projet pour soutenir les éco-projets d’habitants depuis 2011 sur la commune. 6 à 10 éco-projets sont soutenus chaque année pour un budget d’environ 5 000 euros.

Catherine Vial : La commission nationale du label a souligné les objectifs en matière d’économie d’énergie sur éclairage public (- 50 % en 5 ans), notamment par des actions sur la régulation horaire et le remplacement des ampoules classiques par des LED. Autre point fort, le réseau de chaleur que la ville de Rillieux-la-Pape a fait classer fin 2013 : désormais toute nouvelle construction est obligée de s’y raccorder. Une extension de ce réseau est en cours. Enfin, 50 % de la flotte de véhicules de la ville est passée au GNV (gaz naturel pour véhicule).

Quelles seront vos prochains chantiers ?

Cécile Vigouroux : Notre objectif est d’abord de réaliser notre plan d’actions : développer les modes de déplacements alternatifs à la voiture, développer les achats durables (critères environnementaux dans les marchés publics), la maîtrise des énergies, etc.

Catherine Vial : Alors qu’elle n’est pas « obligée », la ville a lancé un bilan des émissions de GES sur son patrimoine et ses services. Pour les bâtiments communaux, elle formalise un cahier de prescriptions qui sera repris dans les marchés de maîtrise d’œuvre et de travaux pour systématiser l’intégration de critère de développement durable : chantiers propres, approvisionnement local, gestion des déchets, qualité des matériaux, faibles consommations d’énergies…. La ville vient également d’entrer au capital de la SPL Oser bâtiments publics. Enfin, nous avons multiplié les partenariats pour mobiliser les habitants : avec l’ALE et Soliha sur des actions de sensibilisations pour les habitants (éco gestes), avec GRDF sur la thermographie ou avec Toits en transition (mise à disposition d’une école pour installer des panneaux solaires pour un projet photovoltaïque citoyen).

Le label Cit’ergie

Cit’ergie est la déclinaison française du « European Energy Award » qui récompense les démarches énergie-climat exemplaires mises en oeuvre dans plusieurs pays européens. En France, le label est porté et diffusé par l’Ademe. Il est donné pour 4 ans.