Des orchidées sauvages au parc de Parilly

2 mars 2020
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© Métropole - Grégory Marcucci

© Métropole – Grégory Marcucci

Du bonheur pour les promeneurs du parc de Parilly et une grande satisfaction pour les jardiniers en charge de son entretien ! 

Depuis quelques jours sont apparues des fleurs d’Himantoglossum robertianum plus communément appelée Orchis géant. C’est le signe encourageant pour les gestionnaires du parc que la nature reprend le dessus et que des zones redeviennent sauvages grâce à la gestion différenciée mise en place dans le parc depuis une dizaine d’années.

Un peu d’information pour les passionnés de botanique : Le botaniste Loiseleur Delonchamps a dédié cette belle orchidée au Docteur Gaspard Nicolas Robert (1776-1857) qui l’avait découverte en 1805 à Toulon et  lui en avait fait parvenir un pied.  Cette espèce d’orchidée est précoce et fleurit très tôt, de janvier à avril. Très répandue sur le pourtour méditerranéen, elle remonte vers le nord depuis les années 2000. Il s’agit d’une plante robuste et trapue, haute de 25 à 80 cm. La tige porte à sa base de grandes feuilles charnues et brillantes et à son extrémité une inflorescence dense constituée d’une vingtaine à une trentaine de fleurs grandes et colorées, très nectarifères et avec une fine odeur d’iris.

On estime que sur les 160 espèces d’orchidées présentes en France métropolitaine, une soixantaine sont menacées de disparition, et les activités humaines sont en grande partie responsables du déclin des populations :

  • Assèchement des zones humides, habitat naturel de certaines orchidées telles que Hammarbya paludosa, aujourd’hui en danger. 
  • Disparition des milieux dit « ouverts » (prairies, landes, friches) : De nombreuses orchidées ont besoin d’un milieu « ouvert », c’est-à-dire non boisé, où la végétation, basse et peu dense, leur permet de se développer sans être gênées par d’autres espèces. C’est notamment le cas de Anacamptis laxiflora et de Ophrys aymoninii, deux espèces considérées comme vulnérables. Or, ce type d’habitat tend à se raréfier avec la disparition du pastoralisme : lorsque moutons et chèvres ne sont plus là pour « tondre » la végétation, ces espaces de pâturage extensif sont peu à peu envahis par les broussailles puis la forêt, et les orchidées n’ont alors plus aucune chance d’y trouver leur place.
  • Fauchage systématique et précoce : Chassées de leur habitat naturel, nombre d’orchidées trouvent refuge au bord des routes, où elles bénéficient de conditions favorables à leur développement. Cependant, le fauchage précoce des bas-côtés empêche, au printemps, la floraison de certaines espèces. Retarder le fauchage de quelques semaines suffit parfois pour permettre à ces plantes d’achever leur cycle végétatif.
  • Raréfaction des insectes pollinisateurs : Les insectes pollinisateurs, on le sait, sont indispensables au maintien de la biodiversité végétale, puisqu’ils interviennent dans la reproduction de bon nombre de plantes à fleurs. Sans eux, pas de pollinisation pour les plantes entomophiles… aux rangs desquelles les orchidées figurent en bonne place. Et, plus encore que d’autres espèces, les orchidées sont, de ce point de vue, particulièrement vulnérables, car elles sont souvent pollinisées par des insectes très spécifiques et peu abondants. Si l’insecte disparaît, l’orchidée ne se reproduit plus, et l’espèce s’éteint.
  • Des orchidées victimes de leur succès : Enfin, certaines orchidées sont tout simplement victimes de l’intérêt que le public leur témoigne. Cueillette de fleurs spectaculaires qui faneront tristement dans des vases, prélèvements de plantes dans la nature dans l’espoir de les réimplanter au jardin (l’opération est vouée à l’échec !), autant de comportements inconscients ou irresponsables qui, en plus d’être illégaux (certaines espèces d’orchidées sont protégées et leur cueillette est donc interdite), sont responsables de leur raréfaction.

Aussi, amis randonneurs, merci de laisser croître et embellir ces belles plantes !

 

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