Écorénov’ : une charte des partenaires pour consolider la démarche

Engagée depuis 2015, la plate-forme d’éco-rénovation Écorénov’ réunit de nombreux partenaires. Lesquels ont signé le 30 novembre une charte commune qui va faciliter leurs échanges et permettre au dispositif de se structurer encore davantage.

Les partenaires signataires de la charte Écorénov' ©DR

Les partenaires signataires de la charte Écorénov’ ©DR

Écorénov’, c’est quoi ?

Il s’agit de la plateforme locale de rénovation énergétique de l’habitat privé de la Métropole de Lyon. Elle permet aux propriétaires de maisons individuelles ou aux copropriétés de bénéficier de subventions pour réaliser des travaux énergétiques dans leurs logements. Travaux qui entraîneront, à court terme, des réductions significatives de consommations énergétiques. La porte d’entrée de toutes les démarches d’Écorénov’ est l’ALE (Agence Locale de l’Habitat).

Le plan Climat impulse la démarche

La plate-forme est une des actions fortes du Plan Climat de la Métropole de Lyon, voté en 2012. À l’époque, le volet habitat de ce plan affichait la volonté de développer des rénovations thermiques très performantes, en atteignant le niveau « BBC Rénovation », soit 96 kWhep/an/m2.
Suite à l’adoption du plan début 2012, une première phase (2012-2014) a permis de rénover 1700 logements du parc social et 850 logements du parc privé. Les résultats affichés (6000 tonnes de C02 économisées par an) ont conforté la collectivité dans la nécessité d’amplifier ce volet de la rénovation énergétique des habitations. En 2014, la Métropole a répondu à l’appel à manifestation d’intérêt de la Région et de l’ADEME pour mettre en place une plate-forme, qui a vu le jour début 2015. Éco’rénov bénéficie d’un budget de 30 millions d’euros d’investissement, inscrite à la Programmation Pluriannuelle d’Investissement 2015-2020.

Tour à tour, les partenaires ont signé la charte

Tour à tour, les partenaires ont signé la charte

Points d’échanges réguliers

Pour maintenir le dialogue avec les acteurs de la rénovation énergétique sur le territoire, Ecorenov’ est piloté par un comité de suivi partenarial. Réuni à deux reprises en 2015, le rendez-vous de cette fin d’année 2016 avait pour but de signer la « charte des partenaires » et de partager les points de vue autour de tables-rondes. Les sujets abordés : l’accompagnement des particuliers et la mobilisation des professionnels pour une éco-rénovation de qualité. L’occasion d’instaurer dialogues et échanges entre les différentes structures présentes.

Signature d’une charte partenariale

Le 30 novembre 2016, la signature de la charte des partenaires est venue officialiser une alliance forte qui existe depuis le lancement de la plate-forme. Elle va permettre aux signataires de valoriser leurs actions, de faire connaître le dispositif auprès des professionnels du bâtiment, ou encore de faciliter la prise de décision de travaux chez les particuliers. Elle a également pour objectif d’aider la filière professionnelle à se structurer sur la thématique, tout en gardant en tête que la qualité architecturale et urbaine des projets est importante. Avec cette charte, tous œuvrent pour consolider et booster le secteur de l’éco-rénovation. Ambition : atteindre 1200 à 1800 logements éco-rénovés par an.

Rassembler différents horizons

Autre intérêt de la charte : fédérer des différents corps de métiers  (conseil, maîtrise d’oeuvre, entreprises du bâtiment, énergéticiens, banques…) afin d’atteindre ensemble les objectifs affichés. Cette signature rassemble aussi bien les financeurs (Métropole, Région, ADEME) que les spécialistes de l’accompagnement humain et technique (ALE, Soliha). Mais aussi les acteurs de la maîtrise d’œuvre (Ordre des Architectes, CAPEB,  BTP Rhône) ceux représentant les copropriétaires (UNIS…). Autres interlocuteurs associés, les banques, afin de les sensibiliser à la délivrance de prêts à taux zéro, et les énergéticiens : Enedis et GRDF, distributeurs d’énergie et qui disposent des consommations des particuliers. Ils seront très utiles dans un futur proche, lorsqu’il s’agira de mesure les économies réelles réalisées.

« Les copropriétaires ont rapidement adhéré »

Isabelle Vincent © DR

Isabelle Vincent © DR

Isabelle Vincent, présidente du conseil syndical de la copropriété « Les 3 écureuils » à Villeurbanne
« Notre bâtiment date de 1969 et comprend 27 logements. Il ne comporte quasiment aucune isolation et comme nous avions le ravalement de la façade et la reprise de la toiture-terrasse à programmer, nous avons évoqué la nécessité de repenser aussi l’isolation. Entre l’envoi de l’ordre du jour de notre assemblée générale et sa tenue, nous avons fait des permanences pour recevoir les copropriétaires et répondre à leurs questions sur l’éco-rénovation. Si nous n’avions pas la réponse, nous avons tout fait pour l’avoir lors de l’AG. Ce jour-là, une personne de l’ALE était présente pour appuyer nos propos. Nous avons pu présenter différents scénarios et les aides proposées par la Métropole ont bien entendu également pesé dans la balance. À l’arrivée, 26 des 27 copropriétaires ont opté pour le BBC. »

Pour en savoir plus

Téléchargez la charte des partenaires Ecorenov’

Retrouvez la démarche Ecorenov’

Solvay : ou comment éco-réhabiliter en zone PPRT

Porté par le groupe Solvay, le projet Aeride a permis de réhabiliter un immeuble de bureaux en répondant à une double problématique : être moins énergivore et s’adapter aux contraintes d’une zone à risques. Explications.

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

Aeride, pour Amélioration Énergétique et Rénovation de l’Immeuble Delta. Construit durant l’après-guerre, ce bâtiment de 3900 m2, propriété de Solvay, abrite la direction de la sécurité du groupe. Sa vétusté, responsable de 33 % des déperditions de chaleur, a conduit à une profonde réhabilitation pour répondre aux normes environnementales, et offrir de meilleures conditions de travail. Menés sur 18 mois, d’octobre 2014 à mars 2016, les travaux offrent depuis peu un nouveau confort aux usagers. Et un bâtiment énergétique de tout premier ordre.

Une réhabilitation, deux objectifs

Au moment de faire face à la nécessaire rénovation de cet immeuble, Solvay a dû répondre à deux objectifs. Celui de mener une éco-réhabilitation exemplaire d’un point de vue énergétique avec un engagement en faveur du développement durable. Et l’obligation de composer, dans le même temps, avec les contraintes de la zone PPRT (Plan de prévention des risques technologiques). Le tout avec la volonté de montrer qu’il est possible de réhabiliter de manière ambitieuse un bâtiment situé en zone SEVESO.

Un exemple du système constructif de la façade de l’immeuble

Le bois, matériau plébiscité

Pour mener à bien le volet environnemental du projet, Solvay a opté pour une utilisation poussée du bois. Fenêtres, isolation, chauffage : la majorité des composants et des systèmes utilisent ce matériau. Mur bois en matériaux biosourcés, menuiserie bois-alu, isolation thermique par l’extérieur à base de fibre de bois composent aujourd’hui l’édifice. Ce dernier comporte aussi un bardage final en polymère, dont la durée de vie est supérieure à 30 ans, afin d’exclure toute dégradation rapide. À l’arrivée, grâce à ces modifications, les consommations énergétiques de l’immeuble ont été divisées par 4.

Résistance à la surpression

Localisé en zone SEVESO, seuil haut, le bâtiment est exposé à un risque technologique de surpression de 112 millibars, défini dans le PPRT. Un seuil déterminé par les scénarios d’explosions de l’atelier voisin, seuil auquel les façades et les parties vitrées ne pouvaient pas faire face. Ce qui signifiait que la sécurité des usagers n’était pas assurée. Pour y remédier, Solvay a revu la composition du bâtiment. Il accueille une nouvelle façade, collée sur l’existant. Et les fenêtres et leurs châssis sont désormais solidaires.

Le bâtiment Solvay est situé en zone SEVESO, seuil haut

Bénéfices inattendus

Améliorer le confort des salariés était l’un des objectifs recherchés du projet. Objectif atteint puisque grâce à une meilleure isolation thermique, les occupants du bâtiment ont moins froid en hiver et moins chaud en été. D’autres bénéfices, non ciblés au départ, sont également apparus lors de l’utilisation des lieux. Grâce à l’épaisseur des vitrages, l’absence de bruit en est un. Les salariés peuvent désormais pleinement en profiter, en ayant l’impression de travailler comme dans un cocon.

Un exemple pour la Vallée de la Chimie

Implanté au cœur du site industriel de la Vallée de la Chimie, Solvay a achevé une réhabilitation qui pourrait bien donner des idées aux groupes voisins. Car la majorité des bâtiments construits à l’époque l’ont été sur le même principe, celui du béton/poutre. La reproduction de ce type d’opérations est donc envisageable afin de faire du site industriel un modèle énergétique. Une « réplicabilité » qui peut également s’appliquer aux bâtiments administratifs, aux équipements éducatifs ou encore aux logements collectifs.