Référentiel Habitat Durable : le millésime 2016 est arrivé

Créé par la Métropole en 2004, le référentiel Habitat Durable est régulièrement mis à jour par la collectivité. Le millésime 2016 a été publié. Objectif : que les constructeurs travaillant sur les opérations d’aménagement intègrent au mieux les performances énergétiques et la réduction de l’impact des constructions sur l’environnement.

Le calcul en énergie primaire du référentiel est plus exigeant que la RT 2012

Le calcul en énergie primaire du référentiel est plus exigeant que la RT 2012

Pour qui ?

Le référentiel habitat durable définit des exigences de performances environnementales que les projets de construction neuve doivent satisfaire et contenir. Il s’applique :

  • sur l’ensemble de la production de logements sociaux,
  • sur les cessions de terrains publics (Métropole ou commune) en secteur diffus,
  • dans les opérations d’urbanisme d’initiative publique (ZAC),
  • sur les opérations d’urbanisme négociées (PUP).

Comment ça marche ?

Afin de valider la conformité au référentiel, il est nécessaire de respecter toutes les cibles fermes (approche passive et conception bioclimatique, origine des bois, surface des baies…) ainsi qu’un minimum de cinq cibles souples, laissées à la libre appréciation du constructeur (qualité de l’air intérieur, gestion des eaux pluviales, électricité des parties privatives…).

412 opérations de logements utilisent le référentiel Habitat Durable sur la Métropole

412 opérations de logements utilisent le référentiel Habitat Durable sur la Métropole © SPL Lyon Confluence

Quelle différence avec les labels nationaux ou internationaux ?

Ils participent de la même volonté de dépasser les standards règlementaires et de proposer une approche globale et cohérente sur l’ensemble des composants d’un bâtiment. En réalité, la Métropole, l’ADEME et l’Agence Locale de l’Energie, qui ont co-construit le référentiel ensemble, ont toujours eu un temps d’avance sur les réglementations thermiques (RT) en vigueur à l’échelon de l’hexagone. Le premier référentiel, mis en place en 2004, anticipait la RT 2006. L’évolution de 2006 anticipait la RT 2010. Et celle de 2009 anticipait la RT 2012. La consommation en énergie primaire des logements, limitée à 50 kwhep/m²/an, est même plus exigeante que la réglementation (qui tolère 57,5 kwhep/m²/an).

Quelles évolutions ?

Evolution de la part des énergies renouvelables

La mise à jour 2016 permet de prendre en compte les différents retours d’expérience de la part des promoteurs et bailleurs sociaux qui ont eu à appliquer ce document. Ainsi, concernant la part des énergies renouvelables, la principale mesure concerne la suppression des apports passifs. Jusqu’à présent, la méthode de calcul du bilan énergétique global intégrait en effet l’apport du soleil en tant que chaleur pour les bâtiments. Sur les 20 % de part d’énergies renouvelables obligatoires à atteindre, certains programmes bénéficiaient d’un apport passif pouvant atteindre 10 à 11 %. Le référentiel 2016 se base aujourd’hui sur la vraie production d’énergies renouvelables.

Élargissement des systèmes

La version 2013 prenait en compte les énergies renouvelables suivantes : solaire passif, solaire thermique, solaire photovoltaïque, biomasse et éolien. En 2016, la réactualisation intègre de nouveaux systèmes valorisables, parmi lesquels les pompes à chaleur et la récupération d’énergie sur les eaux grises (par exemple les eaux de douches).

Critère alternatif

Sous certaines conditions, la part d’énergies renouvelables dans la production énergétique globale pourra être limitée à 10 % : cela s’appliquera pour les bâtiments qui ne situent pas sur le périmètre d’un réseau de chaleur ou dont la toiture est souvent à l’ombre, car cachée par d’autres bâtiments plus élevés. En contrepartie, un effort plus important est demandé sur l’enveloppe des bâtiments.

Le référentiel Habitat Durable a été créé en 2004

Le référentiel Habitat Durable a été créé en 2004 © SPL Lyon Confluence

Démarche environnementale globale

Le référentiel Habitat Durable a pour principal objectif de réduire la consommation énergétique des bâtiments. Mais il voit aussi plus loin en cherchant à mettre en avant une démarche environnementale globale :

  • promotion de matériaux sains (peintures peu polluantes, taux de composés organiques volatiles à ne pas dépasser…),
  • gestion vertueuse des déchets de chantiers  (rotation raisonnée de véhicules, prévention de pollution…),
  • mise en place d’une gestion des déchets ménagers (équipement des logements en bacs de tris),
  • garantie d’un confort visuel (facteur lumière de jour moyen de 1,5 % pour les chambres et 2% pour les séjours).

Certification nationale possible

Le référentiel Habitat Durable peut désormais être certifié par deux des organismes certificateurs : Cerqual et Prestaterre. Cela signifie que ces organismes de certifications attestent de la conformité du référentiel de la Métropole au niveau d’exigence équivalent aux certifications proposées par ces organismes. Pour les promoteurs privés, c’est un vrai argument commercial et pour les bailleurs sociaux, la labellisation ouvre droit à une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties.

Le référentiel en chiffres

412 opérations de logements ont appliqué le référentiel habitat durable depuis 2005, soit 1 192 487 m² de logements.

Pour en savoir plus

La version 2016 du référentiel Habitat Durable :

Référentiel Habitat Durable (2016) (628 téléchargements )

Retrouvez plus de détails du côté de l’Agence Locale de l’Energie.

 

Écorénov’ : une charte des partenaires pour consolider la démarche

Engagée depuis 2015, la plate-forme d’éco-rénovation Écorénov’ réunit de nombreux partenaires. Lesquels ont signé le 30 novembre une charte commune qui va faciliter leurs échanges et permettre au dispositif de se structurer encore davantage.

Les partenaires signataires de la charte Écorénov' ©DR

Les partenaires signataires de la charte Écorénov’ ©DR

Écorénov’, c’est quoi ?

Il s’agit de la plateforme locale de rénovation énergétique de l’habitat privé de la Métropole de Lyon. Elle permet aux propriétaires de maisons individuelles ou aux copropriétés de bénéficier de subventions pour réaliser des travaux énergétiques dans leurs logements. Travaux qui entraîneront, à court terme, des réductions significatives de consommations énergétiques. La porte d’entrée de toutes les démarches d’Écorénov’ est l’ALE (Agence Locale de l’Habitat).

Le plan Climat impulse la démarche

La plate-forme est une des actions fortes du Plan Climat de la Métropole de Lyon, voté en 2012. À l’époque, le volet habitat de ce plan affichait la volonté de développer des rénovations thermiques très performantes, en atteignant le niveau « BBC Rénovation », soit 96 kWhep/an/m2.
Suite à l’adoption du plan début 2012, une première phase (2012-2014) a permis de rénover 1700 logements du parc social et 850 logements du parc privé. Les résultats affichés (6000 tonnes de C02 économisées par an) ont conforté la collectivité dans la nécessité d’amplifier ce volet de la rénovation énergétique des habitations. En 2014, la Métropole a répondu à l’appel à manifestation d’intérêt de la Région et de l’ADEME pour mettre en place une plate-forme, qui a vu le jour début 2015. Éco’rénov bénéficie d’un budget de 30 millions d’euros d’investissement, inscrite à la Programmation Pluriannuelle d’Investissement 2015-2020.

Tour à tour, les partenaires ont signé la charte

Tour à tour, les partenaires ont signé la charte

Points d’échanges réguliers

Pour maintenir le dialogue avec les acteurs de la rénovation énergétique sur le territoire, Ecorenov’ est piloté par un comité de suivi partenarial. Réuni à deux reprises en 2015, le rendez-vous de cette fin d’année 2016 avait pour but de signer la « charte des partenaires » et de partager les points de vue autour de tables-rondes. Les sujets abordés : l’accompagnement des particuliers et la mobilisation des professionnels pour une éco-rénovation de qualité. L’occasion d’instaurer dialogues et échanges entre les différentes structures présentes.

Signature d’une charte partenariale

Le 30 novembre 2016, la signature de la charte des partenaires est venue officialiser une alliance forte qui existe depuis le lancement de la plate-forme. Elle va permettre aux signataires de valoriser leurs actions, de faire connaître le dispositif auprès des professionnels du bâtiment, ou encore de faciliter la prise de décision de travaux chez les particuliers. Elle a également pour objectif d’aider la filière professionnelle à se structurer sur la thématique, tout en gardant en tête que la qualité architecturale et urbaine des projets est importante. Avec cette charte, tous œuvrent pour consolider et booster le secteur de l’éco-rénovation. Ambition : atteindre 1200 à 1800 logements éco-rénovés par an.

Rassembler différents horizons

Autre intérêt de la charte : fédérer des différents corps de métiers  (conseil, maîtrise d’oeuvre, entreprises du bâtiment, énergéticiens, banques…) afin d’atteindre ensemble les objectifs affichés. Cette signature rassemble aussi bien les financeurs (Métropole, Région, ADEME) que les spécialistes de l’accompagnement humain et technique (ALE, Soliha). Mais aussi les acteurs de la maîtrise d’œuvre (Ordre des Architectes, CAPEB,  BTP Rhône) ceux représentant les copropriétaires (UNIS…). Autres interlocuteurs associés, les banques, afin de les sensibiliser à la délivrance de prêts à taux zéro, et les énergéticiens : Enedis et GRDF, distributeurs d’énergie et qui disposent des consommations des particuliers. Ils seront très utiles dans un futur proche, lorsqu’il s’agira de mesure les économies réelles réalisées.

« Les copropriétaires ont rapidement adhéré »

Isabelle Vincent © DR

Isabelle Vincent © DR

Isabelle Vincent, présidente du conseil syndical de la copropriété « Les 3 écureuils » à Villeurbanne
« Notre bâtiment date de 1969 et comprend 27 logements. Il ne comporte quasiment aucune isolation et comme nous avions le ravalement de la façade et la reprise de la toiture-terrasse à programmer, nous avons évoqué la nécessité de repenser aussi l’isolation. Entre l’envoi de l’ordre du jour de notre assemblée générale et sa tenue, nous avons fait des permanences pour recevoir les copropriétaires et répondre à leurs questions sur l’éco-rénovation. Si nous n’avions pas la réponse, nous avons tout fait pour l’avoir lors de l’AG. Ce jour-là, une personne de l’ALE était présente pour appuyer nos propos. Nous avons pu présenter différents scénarios et les aides proposées par la Métropole ont bien entendu également pesé dans la balance. À l’arrivée, 26 des 27 copropriétaires ont opté pour le BBC. »

Pour en savoir plus

Téléchargez la charte des partenaires Ecorenov’

Retrouvez la démarche Ecorenov’

Réseau de chaleur urbain : ça bouge !

Le contrat du plus important des neuf réseaux de chaleur urbains (RCU) que compte le territoire de la Métropole vient d’être attribué à ELM, société dédiée de Dalkia, qui va développer et gérer le chauffage pour plus de 80 000 logements pour les 25 prochaines années. L’occasion de faire le point sur cette énergie économique et écologique.

La chaleur est produite dans une centrale thermique afin de passer dans les canalisations jusqu'aux sous-stations

La chaleur est produite dans une centrale thermique afin de passer dans les canalisations jusqu’aux sous-stations (ici Vaulx-en-Velin)

Développement conséquent du réseau

La signature de ce nouveau contrat marque une grande avancée dans le maillage du réseau de chaleur urbain. Le réseau « Centre Métropole » existant* va ainsi voir son nombre de kilomètres doubler, pour passer de 65 à 130 km. La quantité de chaleur vendue va quant à elle être multipliée par 3. Et de 33 000 équivalents logements desservis aujourd’hui sur ce périmètre, ils seront ainsi 86 000 à être raccordés à l’horizon 2040.

Le RCU, comment ça marche ?

Produite par une centrale thermique, la chaleur est distribuée dans des canalisations via le réseau primaire jusqu’à une sous-station, positionnée dans chaque immeuble desservi. Les besoins en chaleur (eau chaude sanitaire et chauffage) sont ensuite distribués via un réseau secondaire qui appartient à chaque propriétaire de bâtiment. Pour se raccorder, la régie ou le conseil syndical doit faire voter le projet en assemblée générale avant de signer la police d’abonnement avec le délégataire.

 

Le réseau de chaleur urbain se développe notamment sur le quartier de Lyon Confluence

Le réseau de chaleur urbain se développe notamment sur le quartier de Lyon Confluence

Prix plus abordable

Pour les particuliers, se raccorder à un réseau de chaleur urbain présente dans la plupart des cas un réel intérêt financier. Pour le réseau Centre Métropole, le prix sera en effet plus compétitif que celui du fioul, des chaudières gaz (individuelles ou collectives), ou encore de l’électricité. L’évolution tarifaire est également beaucoup plus maîtrisée car les réseaux permettent l’utilisation de ressources locales et c’est la collectivité qui est maître des changements de prix sur la durée. Les modifications tarifaires du fioul ou du gaz, elles, sont beaucoup moins prévisibles car elles dépendent souvent de contextes géopolitiques.

Gain environnemental

Se chauffer via le RCU, c’est aussi faire un geste fort pour la planète puisque cela mobilise les énergies renouvelables. D’une part, celles provenant de la chaleur des usines d’incinération, désormais mieux valorisées. Et d’autre part, par l’utilisation du bois énergie. Y avoir recours dans des installations d’envergure plutôt qu’au sein de plusieurs logements individuels permet de mieux traiter les fumées générées et de limiter considérablement la combustion de poussière dans l’atmosphère. Le nouveau contrat prévoit la création d’une nouvelle chaufferie biomasse de forte capacité : la chaufferie bois de Surville, dans le 7eme arrondissement, aura une capacité de 34MW à horizon 2019 puis de 50MW en 2024. Une belle augmentation puisque la puissance actuelle de l’ensemble des chaufferies bois du territoire est de 70 MW.

La combustion des poussières générées par les fumées des chaudières bois est beaucoup plus contenue que des installations individuelles

La combustion des poussières générées par les fumées des chaudières bois est beaucoup plus contenue que des installations individuelles

Une Métropole plus verte et attentive

Les réseaux de chaleur urbains du territoire datent des années 70, à l’époque où de nombreux grands ensembles ont été érigés. Alimentés à l’origine par l’énergie fossile ou au gaz, les réseaux sont aujourd’hui approvisionnés à plus de 60% au moyen d’énergies renouvelables. Et ce depuis l’adoption, en 2012, du plan Climat qui a œuvré pour une Métropole plus responsable sur les questions d’énergies renouvelables. Une attention écologique qui va de pair avec une implication plus forte dans le suivi de la qualité de service rendu aux usagers. La Métropole œuvre à tous les niveaux (technique, financier, juridique) pour que l’exigence soit au rendez-vous en termes de résultats pour les citoyens.

Poursuivre l’effort, partout

À moyen terme, l’objectif de la collectivité est de pérenniser la compétitivité des réseaux existants, notamment  en remplaçant les canalisations vétustes et en optimisant le fonctionnement des moyens de production existants et à créer. Aujourd’hui dépourvues de RCU, de nombreuses communes péri-urbaines pourraient en bénéficier dans les années à venir.  Avec les objectifs inscrits dans la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte et une augmentation constante de la population du territoire, les réseaux de chaleur urbains de la Métropole de Lyon ont donc de beaux jours devant eux.

* Centre Métropole est le plus important des neuf réseaux de chaleur urbains existants sur le territoire de la Métropole de Lyon. Les autres sont ceux de Givors, La Tour de Salvagny, Lyon Confluence, Lyon La Duchère, Rillieux-la-Pape, Stahonay-Camp, Vaulx-en-Velin et Vénissieux.

Pour en savoir plus

Retrouvez sur le site de l’Agence Locale de l’Energie les fiches réseaux de chaleur.

 

 

Solvay : ou comment éco-réhabiliter en zone PPRT

Porté par le groupe Solvay, le projet Aeride a permis de réhabiliter un immeuble de bureaux en répondant à une double problématique : être moins énergivore et s’adapter aux contraintes d’une zone à risques. Explications.

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

La rénovation du bâtiment offre un meilleur confort et une plus grande sécurité aux usagers

Aeride, pour Amélioration Énergétique et Rénovation de l’Immeuble Delta. Construit durant l’après-guerre, ce bâtiment de 3900 m2, propriété de Solvay, abrite la direction de la sécurité du groupe. Sa vétusté, responsable de 33 % des déperditions de chaleur, a conduit à une profonde réhabilitation pour répondre aux normes environnementales, et offrir de meilleures conditions de travail. Menés sur 18 mois, d’octobre 2014 à mars 2016, les travaux offrent depuis peu un nouveau confort aux usagers. Et un bâtiment énergétique de tout premier ordre.

Une réhabilitation, deux objectifs

Au moment de faire face à la nécessaire rénovation de cet immeuble, Solvay a dû répondre à deux objectifs. Celui de mener une éco-réhabilitation exemplaire d’un point de vue énergétique avec un engagement en faveur du développement durable. Et l’obligation de composer, dans le même temps, avec les contraintes de la zone PPRT (Plan de prévention des risques technologiques). Le tout avec la volonté de montrer qu’il est possible de réhabiliter de manière ambitieuse un bâtiment situé en zone SEVESO.

Un exemple du système constructif de la façade de l’immeuble

Le bois, matériau plébiscité

Pour mener à bien le volet environnemental du projet, Solvay a opté pour une utilisation poussée du bois. Fenêtres, isolation, chauffage : la majorité des composants et des systèmes utilisent ce matériau. Mur bois en matériaux biosourcés, menuiserie bois-alu, isolation thermique par l’extérieur à base de fibre de bois composent aujourd’hui l’édifice. Ce dernier comporte aussi un bardage final en polymère, dont la durée de vie est supérieure à 30 ans, afin d’exclure toute dégradation rapide. À l’arrivée, grâce à ces modifications, les consommations énergétiques de l’immeuble ont été divisées par 4.

Résistance à la surpression

Localisé en zone SEVESO, seuil haut, le bâtiment est exposé à un risque technologique de surpression de 112 millibars, défini dans le PPRT. Un seuil déterminé par les scénarios d’explosions de l’atelier voisin, seuil auquel les façades et les parties vitrées ne pouvaient pas faire face. Ce qui signifiait que la sécurité des usagers n’était pas assurée. Pour y remédier, Solvay a revu la composition du bâtiment. Il accueille une nouvelle façade, collée sur l’existant. Et les fenêtres et leurs châssis sont désormais solidaires.

Le bâtiment Solvay est situé en zone SEVESO, seuil haut

Bénéfices inattendus

Améliorer le confort des salariés était l’un des objectifs recherchés du projet. Objectif atteint puisque grâce à une meilleure isolation thermique, les occupants du bâtiment ont moins froid en hiver et moins chaud en été. D’autres bénéfices, non ciblés au départ, sont également apparus lors de l’utilisation des lieux. Grâce à l’épaisseur des vitrages, l’absence de bruit en est un. Les salariés peuvent désormais pleinement en profiter, en ayant l’impression de travailler comme dans un cocon.

Un exemple pour la Vallée de la Chimie

Implanté au cœur du site industriel de la Vallée de la Chimie, Solvay a achevé une réhabilitation qui pourrait bien donner des idées aux groupes voisins. Car la majorité des bâtiments construits à l’époque l’ont été sur le même principe, celui du béton/poutre. La reproduction de ce type d’opérations est donc envisageable afin de faire du site industriel un modèle énergétique. Une « réplicabilité » qui peut également s’appliquer aux bâtiments administratifs, aux équipements éducatifs ou encore aux logements collectifs.

Avec DORéMI, l’éco-rénovation a tout bon

Le dispositif DORéMI encourage les propriétaires de maisons individuelles à s’engager dans une éco-rénovation complète. Reportage lors d’un test sur la bonne étanchéité d’une maison.

Le formateur Dorémi explique le test de l'étanchéité à l'air auquel il va procéder

Le formateur DORéMI explique le test de l’étanchéité à l’air auquel il va procéder

« Ah, ici, il y a une petite fuite ! » Son engin dégageant de la fumée à la main, Julien Vye teste l’étanchéité à l’air d’une maison engagée dans un chantier d’éco-rénovation, un matin de juillet sur la commune de Saint-Genis-Les-Ollières.
À ses côtés, de nombreux artisans (plombier, électricien, menuisier, plaquiste..) suivent scrupuleusement le résultat du test. Tous ont participé au dispositif DORéMI, qui propose aux propriétaires de maisons individuelles de s’engager dans un programme complet d’éco-rénovation. Avec la livraison clé en main d’un groupement d’artisans formés aux problématiques énergétiques et le gage d’un suivi de chantier rigoureux.

Maison sous pression et test de fuites
Ce matin-là, c’est donc l’heure du test. Mais de quoi s’agit-il exactement ? En fait cela se déroule en deux parties. D’abord, grâce à l’installation d’une porte soufflante (un gros ventilateur), Julien mesure, par une pression constante équivalente à un vent de 35 km/h, l’entrée d’air dans la maison. Et tout ce qui en sort. La maison est mise sous pression. Et si fuite il y a, elle se dégonfle, telle un ballon. Le premier test mesure donc la valeur de fuite en indiquant un débit de m3 par air.
Une fois le chiffre tombé, place à la recherche de fuites. À l’aide d’un générateur de fumées (du type de ceux utilisés en boîte de nuit pour les effets spéciaux), Julien traque les petits trous d’air. Souvent concernés, percement électriques, menuiseries et isolations sont saupoudrés de fumées. Dès qu’elle s’échappe vers l’extérieur, les artisans corrigent rapidement le tir.

Le test de l'étanchéité à l'air permet de déceler d'éventuelles fuites

Le test de l’étanchéité à l’air permet de déceler d’éventuelles fuites

Une éco-rénovation proche de la RT2012
Au final, ce jour-là, la valeur de pertes était proche de la RT 2012, chose rare pour une maison en éco-rénovation. Avec une valeur bien meilleure que l’objectif initialement fixé, les formateurs DORéMI ont félicité les artisans pour leur travail. Entamé en avril 2016, le chantier d’éco-rénovation a été achevé fin juillet. Décaissement sur 50 cm pour créer des pièces de vie au rez-de-chaussée, remplacement de toutes les fenêtres, suppression du balcon, renouvellement complet de l’isolation… Les artisans se sont relayés et ont aussi travaillé de concert pour offrir une rénovation thermique performante.
Fin août, Olivier Lavaux, son épouse et ses deux enfants de 8 et 13 ans s’installeront dans une maison construite dans les années 60. Mais qui désormais, énergétiquement parlant, fait beaucoup moins que son âge.

La maison a été éco-rénovée en quatre mois

La maison a été éco-rénovée en quatre mois

DORéMI ?
Dorémi, pour Dispositif Opérationnel de Rénovation énergétique des Maisons Individuelles est un outil de formation-action développé depuis 2011 l’Institut négaWatt. Officiellement lancé sur le territoire de la Métropole de Lyon en mai 2015, par la signature d’une convention de partenariat entre la collectivité et 5 partenaires, il s’inscrit dans le cadre du plan Climat. En proposant une rénovation complète, souvent moins coûteuse et plus performante que la modification d’un seul poste (fenêtres ou chaudière), la Métropole de Lyon s’engage aussi à subventionner une partie des travaux.
Tous les propriétaires de maison individuelle, située dans le Grand Lyon, datant d’avant 1975 et peu ou pas rénovée thermiquement, peuvent bénéficier de Dorémi. À la clé : une division, par 4 à 6, de la consommation de chauffage.
04 37 48 25 90 // 14 Place Jules Ferry – 69006 Lyon // doremi@ale-lyon.org


« Les artisans travaillent en synergie »

Olivier Lavaux, propriétaire des lieux

Olivier Lavaux, propriétaire

Olivier Lavaux, propriétaire

« J’arrive de Toulouse et j’ai acheté la maison en janvier 2016. Il s’agit d’une bâtisse des années 60, construite sur le modèle Favier, avec un garage en rez-de-chaussée et des pièces de vie à l’étage, ce qui ne correspond plus aux modes de vie actuels. J’avais donc l’ambition de procéder à des aménagements. Et quitte à faire des travaux et à repartir de zéro, autant respecter au mieux l’environnement. Je voulais notamment en finir avec le chauffage au fioul. Je me suis donc rendu au salon Pollutec, en novembre 2015, où l’on m’a présenté le dispositif DORéMI. Ce qui m’a séduit ? Que l’on me recommande des artisans et qu’ils travaillent ensemble, en synergie. Il y a une réflexion commune en faveur du développement durable. »

« Plus vigilants à de petits détails »
Gaëtan Martin, plombier à Oullins

Gaëtan Martin, plombier

Gaëtan Martin, plombier

« Avec DORéMI, on apprend une nouvelle manière de travailler. Nous sommes plus vigilants à des petits détails de chantiers qui n’avaient pas d’importance pour nous jusqu’à présent mais auxquels on pensera désormais à l’avenir. Par exemple ? Quand on fait passer des tuyaux dans des trous, d’ordinaire, on met du béton pour reboucher autour. Là, on nous a appris à utiliser une rustine spécifique. Il y a une préoccupation énergétique très importante, qui n’est pas abordée sur d’autres chantiers. Cela nous permet de monter en gamme. Le fait d’être organisé en groupement ? On travaille mieux ensemble, on se connaît. Et on pourra se rassembler encore à l’avenir pour séduire de futurs clients. »

« Proposer une rénovation thermique performante »
Franck Janin, formateur Dorémi

Franck Janin, formateur Dorémi

Franck Janin, formateur Dorémi

« Aux propriétaires qui se renseignent pour changer leurs fenêtres, l’Agence locale de l’Énergie et la Métropole de Lyon leur disent : « Pourquoi vous n’éco-rénovez pas tout de A à Z ? ». Il s’agit d’éviter au maximum les ponts thermiques et les pertes de chaleur. DORéMI permet au client de ne pas se soucier du dialogue entre artisans et des contraintes de planning, le dispositif le fait pour lui. Mais surtout, DORéMI apprend aux entreprises à se synchroniser entre elles. Il n’est pas question d’apprendre son travail à l’électricien. Mais plutôt de dire : pour une bonne étanchéité à l’air, qui pose le scotch ? Est-ce le plaquiste ? Et où doit-il le mettre pour ne pas gêner le menuisier ensuite ? Nous proposons donc des groupements, formés à la méthode, et qui prennent vite conscience des petites erreurs à ne plus commettre car elles pourraient impacter les performances énergétiques à l’avenir. »

Les films de la CEC

Revivez les temps forts de la Conférence Energie Climat du 12 novembre 2015 en visionnant les vidéos diffusées à cette occasion ainsi que le film souvenir de l’événement !

Emissions de CO2 du territoire : comment sont-elles calculées ?

Ecorenov’ : campagne de rénovation de l’habitat.

Adaptation au changement climatique, un nouveau volet pour le Plan Climat !

Retour en image sur la 4ème Conférence Energie Climat, le 12 novembre 2015.

… prochaine CEC en 2017, d’ici là nous aurons l’occasion d’échanger par projet pour aller toujours plus loin dans la mise en oeuvre du plan d’action partenarial !

 

 

 

Château Roy se transforme

>> Action 4.5 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.40]

Dans le cadre de son Plan Climat, la Métropole de Lyon encourage les rénovations d’immeubles au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) sur son territoire. A Fontaines-sur-Saône, la Résidence Château Roy a entrepris une rénovation globale de ses bâtiments afin d’en améliorer l’efficacité énergétique. Allons voir les premiers résultats des travaux en compagnie de locataires, d’ASUR Architectes, de la Maîtrise d’Œuvre Sociale et de Benoit Crozier, responsable d’opérations à Grand Lyon Habitat.

Bienvenue à Château Roy

La COURLY est devenue la Métropole de Lyon

La résidence, construite dans les années 1970, est située sur les quais de Saône dans un environnement particulièrement vert. Grand Lyon Habitat, propriétaire des 132 logements, revient avec nous sur cette réhabilitation.

Viser haut

Cette rénovation poursuit plusieurs objectifs :

  • Réduire les besoins en énergie des bâtiments. Les travaux effectués permettront d’atteindre le niveau BBC+ (équivalent BBC neuf), soit 55kWhep/m².an.
  • Renouveler le système de chauffage. Suite à des dysfonctionnements fréquents de l’ancien système de chauffage électrique au sol, trois bâtiments n’étaient chauffés que partiellement. Grand Lyon Habitat a changé le plan des travaux pour commencer par ces immeubles et mettre la chaufferie en route dès son installation.
  • Améliorer le confort des locataires en effectuant aussi des travaux à l’intérieur des appartements.

L’ensemble des rénovations permettra de revaloriser la résidence et d’alléger sensiblement les dépenses énergétiques des locataires.

Façade en cours de rénovationEn route !

Petit aperçu des travaux :

Rénovation énergétique – extérieurs :

  • Remplacement du chauffage collectif électrique et des radiateurs électriques individuels par une chaufferie bois avec une chaudière gaz d’appoint. Elle permettra de chauffer l’ensemble des immeubles et de générer l’eau chaude nécessaire aux locataires
  • Isolation des façades et des vides sanitaires
  • Isolation et réfection de l’étanchéité des toitures et des terrasses
  • Changement des portes et fenêtres
  • Pose de volets-roulants
  • Création de sas dans chaque allée avec la mise en place d’une deuxième porte
  • Changement des éclairages et pose de détecteurs de mouvements

Rénovation énergétique – intérieurs :

  • Thermostat individuel pour régler le chauffage
  • Changement des radiateurs
  • Installation de VMC hygroréglables
  • Reprise de l’installation électrique
L'ancienne façade des bâtiments

L’ancienne façade des bâtiments

Autres travaux :

  • Peintures des balcons
  • Changement des boîtes aux lettres
  • Condamnation des vide-ordure
  • Installation de chasses d’eau double débit et de mitigeurs
  • Remplacement des baignoires par des douches dans les T2 et par de nouvelles baignoires dans les T3 et T4
  • Réfection complète des salles-de-bain et WC dans l’ensemble des logements (équipements sanitaires, meubles avec vasques, reprise des peintures…)

Les premiers résultats des travaux se font déjà sentir ! Les locataires dont les bâtiments sont terminés témoignent : la nouvelle isolation apporte un confort supplémentaire et un des locataires assure économiser 1 mètre cube d’eau par mois depuis la rénovation.

En visitant l’appartement d’une locataire, nous avons pu constater les résultats. Les radiateurs et fenêtres ainsi que la porte d’entrée ont été changés, la salle-de-bain est comme neuve avec une douche plus que spacieuse et le thermostat permet de réguler la température de l’appartement efficacement.

Sur sept bâtiments, trois sont aujourd’hui complètement rénovés. Le chantier se terminera en novembre 2015.

La nouvelle façade

La nouvelle façade

Globalement, les travaux permettent de passer de 446 à 55kWhep/m².an, soit un gain de 148 tonnes de CO2 par an, l’équivalent de 17 tours du monde en avion ou encore de plus de 608 000 km en voiture chaque année !

6 millions d’euros

La découverte d’amiante dans certains matériaux a entraîné des coûts supplémentaires, portant ainsi le montant total de la rénovation à 6 millions d’euros.

Pour financer ces travaux, Grand Lyon Habitat a mobilisé des fonds propres, ses locataires et des partenaires.

Ainsi, l’État, la Métropole de Lyon, la Région et l’ADEME financent 36% du projet, soit plus de 2 millions d’euros. Les locataires sont mis à contribution à hauteur de 16% via une hausse de loyer après travaux et la création d’une « 3° ligne » sur la quittance, permettant d’investir une partie des futures économies réalisées grâce à la rénovation.

Reste 48%, que Grand Lyon Habitat finance sur fonds propres.

Des locataires impliqués

Au départ, certains locataires appréhendaient la rénovation : ils avaient peur de « payer le chauffage des autres » (avec la suppression des radiateurs d’appoint, le chauffage est maintenant entièrement financé par les charges collectives) et de recevoir des entreprises dans leur logement pendant les travaux. Craintes non justifiées, car ils ont été dans l’ensemble agréablement surpris par les résultats et par le professionnalisme des entreprises qui ont su s’adapter à leurs contraintes.

Grand Lyon Habitat a mis en place un processus de concertation autour des travaux. En plus des réunions d’information, un appartement témoin a été créé, des entretiens individuels avec les locataires ont été réalisés et des ateliers de sensibilisation aux économies d’énergie ont été proposés aux habitants. Après les travaux, deux enquêtes de satisfaction à trois mois et un an permettront d’avoir un retour sur la réhabilitation.

Une résidence verte !

Une résidence verte !

Avec plus de 50% de participation aux réunions, 78% de retours favorables concernant la réhabilitation et grâce au dialogue avec le bailleur, les locataires se sont véritablement saisis du projet. Ils sont incollables sur les chiffres de la réhabilitation : consommations d’électricité, d’eau, montage financier…

Avant de se quitter, les locataires tiennent à préciser que la rénovation « donne une belle image » de la résidence qui est maintenant « très jolie ».

« On est bien chez nous ! »

Visitons les Clochettes

Visitons les Clochettes

 

Pour en savoir plus sur cette rénovation :

Les Clochettes font peau neuve !

Les Clochettes font peau neuve !

>> Action 4.5 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.40]

Dans le cadre de son Plan Climat, la Métropole de Lyon encourage les rénovations d’immeubles au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) sur son territoire. Nous nous rendons à Saint-Fons pour visiter la copropriété des Clochettes en compagnie de M. Jobard, propriétaire, et de M. Monteil, chef de projet pour le PACT ARIM du Rhône.                  

Les Clochettes en travaux 

Nous nous installons dans le jardin situé au cœur de la copropriété, où de nombreux habitants de tout âge et de toute origine se rencontrent. La copropriété des Clochettes accueille près de 1 000 habitants, soit environ un quart de la population du plateau des Clochettes !

Construite au début des années 1960, la résidence se compose de 272 logements répartis en quatre bâtiments. Même si ces immeubles ont fait l’objet de travaux régulièrement, la copropriété a aujourd’hui décidé de s’engager dans une rénovation plus complète. Retour sur une réhabilitation ambitieuse.

Une copropriété engagée

A la demande de la copropriété qui rencontrait quelques difficultés, un plan de sauvegarde a été signé en 2010 par l’État, l’Agence Nationale de l’Habitat, le Grand Lyon, la Ville de Saint-Fons, le Conseil Général et Procivis. L’engagement du conseil syndical, des copropriétaires et des partenaires a permis d’élaborer étape par étape un projet de réhabilitation complet, avec l’accompagnement du PACT ARIM. L’objectif : revaloriser les immeubles en luttant contre la précarité énergétique tout en travaillant sur l’amélioration de son fonctionnement.

En 2012, la possibilité de mobiliser de nouvelles aides grâce au Plan Climat du Grand Lyon et à la Région Rhône-Alpes a permis à la copropriété de se fixer comme nouvel objectif l’atteinte du niveau de performance énergétique « BBC rénovation ». Avec une diminution de moitié des consommations de chauffage, les ménages feront des économies importantes et le confort des logements sera amélioré, en hiver comme en été.

Une réhabilitation complète

L’absence d’isolation dans les constructions des années 1960 fait qu’il est nécessaire aujourd’hui de faire de gros travaux pour atteindre le niveau « BBC rénovation ». Le programme de travaux, voté en 2012 en assemblée générale des copropriétaires, a dû être ajusté en 2013 suite à la découverte d’amiante dans certains matériaux (façades, toiture, fenêtres). Les travaux ont commencé en juillet 2014 et se termineront en décembre 2016.

Ancienne façade

L’ancienne façade

Le premier volet des rénovations vise à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, avec :

  • L’isolation thermique par l’extérieur des façades, terrasses et caves
  • Le changement des fenêtres (non obligatoire pour les propriétaires les ayant remplacées peu auparavant)
  • La pose de volets-roulants
  • L’installation d’une ventilation naturelle assistée 
Une nouvelle isolation pour une nouvelle façade

Une nouvelle isolation pour une nouvelle façade

Le deuxième volet a pour but de sécuriser les immeubles avec notamment :

  • L’amélioration de la sécurité incendie
  • Le remplacement de l’éclairage des caves
  • La reprise de l’électricité des parties communes

Enfin, d’autres travaux sont réalisés pour compléter la rénovation :

  • Installation de bouquets de paraboles sur le toit de chaque immeuble
  • Désamiantage

Ces travaux ont permis de réaliser une économie de 634 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 72 tours du monde en avion ou encore de plus de 2,6 millions de kilomètres en voiture !

Les travaux continuent !

Les travaux continuent !

Quel montage financier ?

Coût total de la réhabilitation : 6,7 millions d’euros soit en moyenne 24 600 € / logement.

A titre exceptionnel, les partenaires ont contribué au financement des travaux à hauteur de 70% du montant de l’opération, en octroyant des aides collectives et des aides individuelles selon les niveaux de ressources des propriétaires. Les restes à charge, compris entre 500 et 13 000 € par logement, sont relativement faibles comparés à l’ampleur du projet. En outre, certains propriétaires ont accès à des dispositifs d’avance de trésorerie et de prêt à taux zéro proposés par Procivis.

Rendez-vous début 2017 pour voir le résultat !

Copropriété Alpes C et D à Saint-Priest : une réhabilitation exemplaire

>> Action 4.5 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.40]

Dans le cadre de son Plan Climat, la Métropole de Lyon encourage les rénovations d’immeubles au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) sur son territoire. Visite d’un projet ambitieux à Saint-Priest avec Riad Chérif, Président du conseil syndical de la copropriété Alpes C et D, et Stéphane Collacciani, directeur de projet ORU & Politique de la Ville à la Métropole de Lyon.

Façade avant travaux

Façade avant travaux

Le projet de tout un centre-ville

Saint-Priest a connu une augmentation exceptionnelle de sa population, passant de 2 500 à 40 000 habitants en moins d’un siècle. De nouveaux quartiers se sont développés, créant plusieurs centres urbains. Depuis 2001, la ville et ses partenaires (Grand Lyon, Etat, Région…) ont mis en place une opération de renouvellement urbain « coeur de Saint-Priest » qui s’étend sur 61 hectares et concerne 2 500 logements, soit 6 500 habitants, dans le but de créer un véritable centre-ville sur ce territoire résidentiel de « grands ensembles ».

La réhabilitation de la copropriété Alpes C et D est un « petit grand projet » selon Stéphane Collacciani, qui participe à l’Opération de Renouvellement Urbain. Même si elle ne concerne que deux bâtiments, construits au milieu des années 1960, elle a pour but de replacer cet ensemble dans le marché immobilier ainsi que dans le centre-ville renouvelé en réhabilitant 90 logements à un niveau d’exigence architectural et énergétique élevé.

Les immeubles C et D font partie d’un ensemble de dix bâtiments situés au coeur du périmètre de l’Opération de Renouvellement Urbain, dont deux ont été détruits après acquisition des 198 logements par le Grand Lyon. Les bâtiments C et D ayant peu fait l’objet de rénovations de grande ampleur, la copropriété et les pouvoirs publics se sont lancés dans une opération de réhabilitation. Retour sur une rénovation exemplaire.

Les immeubles font l'objet d'un plan de sauvegarde

Les immeubles font l’objet d’un plan de sauvegarde

Aller plus loin qu’un coup de peinture

La copropriété envisageait au départ un simple ravalement de façade autofinancé. Les partenaires publics (ANAH, Ville de Saint Priest, Métropole de Lyon) ont missionné l’association Pact Arim pour accompagner les copropriétaires dans leurs réflexions sur le projet de travaux. Grâce aux aides au syndicat et aux aides individuelles liées aux conditions de ressources et aux engagements de la copropriété et des partenaires, le projet de rénovation a pris peu à peu de l’ampleur.

Le conseil syndical a alors tenu à fixer un objectif précis à cette rénovation et à étudier plus en détails le plan de financement. Les partenaires ont vu grand et ont décidé d’atteindre le seuil BBC rénovation (moins de 96 kWhep/m².an), privilégiant ainsi la performance énergétique et une meilleure maîtrise des charges.

Les travaux, définis après un audit énergétique des bâtiments, ont été votés en 2013 lors d’une Assemblée Générale des copropriétaires. Le conseil syndical est devenu à ce moment-là maître d’ouvrage pour les travaux et études complémentaires (amiante…), se saisissant pleinement du projet.

Nouvelle façade isolée, côté rue

Nouvelle façade isolée, côté rue

Des habitants informés et engagés

Le projet a globalement été bien accueilli par les propriétaires, qui ont pu donner leur avis lors de réunions de concertation et d’assemblées générales où étaient votés les travaux. Les parties prenantes se réunissaient en amont de ces assemblées lors de réunions publiques pour les préparer en abordant les aspects techniques.

Au-delà des copropriétaires, les San-Priots aussi sont concernés par cette réhabilitation ! Des expositions sur l’opération de renouvellement urbain du centre-ville et un article dans la lettre d’information Cœur Saint-Priest ont permis d’informer les riverains du projet.

Zoom sur les travaux

Les travaux ont débuté en juillet 2014 et devraient se terminer en novembre 2015. Ils comportent deux volets : un volet architectural (avec notamment le ravalement des façades en harmonie avec les nouveaux immeubles créés dans le quartier dans le cadre de la ZAC du Triangle) et un volet énergétique.

Pour atteindre le niveau de rénovation BBC, la copropriété a entrepris de nombreux travaux :

  • Isolation maximale des bâtiments : isolation extérieure de la façade, des caves, des terrasses, des pignons, changement des fenêtres et des volets
  • Travail architectural sur les parties communes et la façade
  • Renforcement de l’étanchéité du bâtiment
  • Uniformisation des allées (fenêtres, clés, peintures)
  • Révision de l’électricité
  • Pose de panneaux photovoltaïques sur le toit
  • Création d’un système de ventilation assistée
  • Changement des portes palières (installation de portes coupe-feu)
  • Mise en place de mats en toiture pour les paraboles
  • Équipement de chaque logement avec un thermostat permettant la régulation individuelle de la température entre 19 et 21°

Globalement, les travaux permettent de passer de 224 à 90 kWhep/m².an, soit un gain de 196 tonnes de CO2 par an, l’équivalent de 22 tours du monde en avion ou encore de plus de 805 000 km en voiture chaque année !

A gauche, la nouvelle façade. A droite, l'ancienne

A gauche, la nouvelle façade. A droite, l’ancienne

Une réhabilitation exceptionnelle

Le niveau de rénovation des immeubles C et D de la copropriété des Alpes est exceptionnel. Le projet est de forte ampleur, avec un coût d’opération se chiffrant à environ 40 000 € par logement. Le plan de sauvegarde a cependant permis de mobiliser des aides importantes.

Le montage financier du projet, réalisé avec l’aide du PACT ARIM, a permis de mobiliser toutes les aides disponibles. Ainsi, sur les 3,6 millions d’euros de travaux, 93% sont issus de financements publics, ce qui est une situation exceptionnelle. Le complément est financé par les propriétaires, avec un reste à charge s’élevant de 500 à 4 900€ par logement. En outre, un système de prêt à taux zéro (ProcivisRhone) a été mis en place comme aide au financement.

Enfin, la dynamique et l’implication du conseil syndical en tant que maître d’ouvrage sont à souligner. Le conseil syndical s’est monté comme une véritable force à même de mener les travaux et de permettre à l’ensemble des copropriétaires de s’approprier le projet.

Espérons que les San-Priots seront séduits par le résultat !