L’Œdicnème criard : un oiseau sous protection

3 août 2019
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Un plan local pour préserver l’Œdicnème criard

Validé par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) puis lancé en 2015, ce plan cherche à concilier un développement urbain dynamique de la plaine de l’est lyonnais et la préservation, à long terme, de l’Œdicnème criard, un oiseau protégé. Ce migrateur, présent chez nous de février à octobre, affectionne particulièrement les milieux ouverts avec peu ou pas de végétation. Les immenses champs destinés aux cultures céréalières ainsi que les espaces de friches lui conviennent parfaitement pour se nourrir et nicher.

© Dominique TISSIER

© Dominique TISSIER

80 couples ont été identifiés sur le périmètre du plan (voir carte ci-dessous). Ils devront être maintenus à l’horizon 2050 ainsi qu’une surface minimale favorable à l’espèce de 12 000 hectares.

Pour atteindre ces objectifs, un programme annuel d’actions est mis en œuvre par 2 associations, la Ligue pour la protection des oiseaux Auvergne-Rhône-Alpes et l’Association Porte de l’Isère Environnement (APIE). Il comporte des actions de suivi de la population et d’information des collectivités sur sa répartition, de protection des nichées, d’accompagnement d’aménageurs volontaires pour la réalisation de mesure compensatoire liée à l’Œdicnème, d’études pour mieux connaître la biologie et les déplacements de l’espèce…

Le plan est piloté et financé dans le cadre d’un large partenariat regroupant la Métropole de Lyon, les Communautés de communes de l’Est lyonnais et du pays de l’Ozon, la Communauté d’agglomération Porte de l’Isère, des porteurs de projets d’aménagement, adhérents au plan, les services de l’État et le monde agricole, représenté par les Chambres d’agriculture du Rhône et de l’Isère.

périmètre PLSOC

Mieux connaître les déplacements de l’espèce pour améliorer sa protection

Espèce rare, adepte du camouflage, et disposant de mœurs crépusculaires et nocturnes, la biologie et les déplacements de l’Œdicnème criard restent, en grande partie, une énigme pour les scientifiques. C’est pourquoi, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) a assigné au plan local de sauvegarde la mission de mieux connaître l’oiseau, préalable pour améliorer sa protection.

Première mission : connaître ses déplacements !

Pendant 5 ans, les associations animatrices du plan vont suivre la dynamique spatiale de la population et son utilisation des différents habitats à travers la mise en œuvre d’un programme de baguage des poussins et l’équipement d’individus adultes avec des modules GPS.

6 poussins ont été bagués en 2018 et 28 en 2019. L’opération consiste en un repérage préalable des secteurs de nidification puis de leur suivi pour connaître la réussite, ou l’échec (le plus souvent malheureusement), de la ponte. Lorsque les poussins ont environ 20 jours, une équipe, encadré par un bagueur habilité, les localise et les récupère, en douceur, car les jeunes ont consigne de ne pas bouger avant le retour des parents… Chaque poussin est équipé d’une bague « officielle », attachée au programme européen de recherche sur les populations d’oiseaux mis en œuvre au niveau national par le Muséum national d’histoire naturelle, et de bagues de couleur. Ces dernières permettent d’identifier un oiseau à la jumelle. Pour exemple, un des poussins bagués en 2018 à Colombier-Saugnieu a ainsi été retrouvé nicheur à Satolas-et-Bonce en 2019. La pose de balise GPS sur des oiseaux adultes débutera en 2020.

© Paul Adlam

© Paul Adlam

Pour plus d’informations sur l’Œdicnème criard et les oiseaux de la métropole en général, vous pourrez, à partir de septembre 2019, vous procurez l’ouvrage de Dominique Tissier et Loïc Le Comte : Les Oiseaux du Rhône et de la Métropole de Lyon, riche de 330 photos et 18 dessins.
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