Zoom sur le Plan d’action canopée de Montréal

25 mai 2018
Par

La Métropole de Lyon est souvent précurseur dans la mise en œuvre de politiques publiques destinées à lutter contre le changement climatique, il est cependant intéressant de découvrir les initiatives mises en place par d’autres villes ayant la même vision.

Le Plan Canopée de la Métropole de Lyon est un plan unique en son genre en France et en Europe, mais certaines villes internationales ont eu une démarche similaire. Nous avons donc choisi de vous présenter le Plan d’action canopée élaboré par Montréal en 2012 et dont l’idée est de favoriser le développement de la canopée urbaine grâce à l’augmentation du nombre d’arbres dans la ville. L’analyse de ce plan permet de donner une nouvelle dimension à la démarche entreprise par le Grand Lyon et de l’inscrire comme outil essentiel de la lutte contre le changement climatique.

 

DSCN9065

 

L’objectif du Plan d’action canopée de Montréal est d’augmenter l’indice de canopée urbaine de 20% à 25% d’ici 2025. Cet indice est calculé à partir de photographies aériennes prises pendant la période de feuillaison. En l’occurrence l’indice de canopée de la ville de Montréal a été évalué à 20.3% d’après des photographies prises en juin 2007.

À partir de ce constat, l’augmentation de la canopée urbaine devrait permettre de prévenir les phénomènes d’îlots de chaleur urbains pendant la période estivale et améliorer la gestion des eaux pluviales. Elle est aussi vue comme un moyen pour maintenir et protéger la biodiversité dans la perspective d’améliorer la qualité de vie des habitants et d’assurer aux générations futures la jouissance d’un patrimoine arboré.

Le Plan d’action Canopée de Montréal et le Plan Canopée de la Métropole de Lyon partent tous deux du principe que l’arbre est un élément central dans la lutte et l’adaptation des villes aux changements climatiques. Dans cette optique il est nécessaire de protéger et d’entretenir les arbres existants, mais aussi d’assurer un nombre important de plantations, pour Montréal par exemple il s’agirait de planter 2 333 hectares supplémentaires. Miser sur l’arbre comme outil de lutte contre les changements climatiques est un pari pour l’avenir dans la mesure où les principaux résultats ne seront visibles que d’ici une vingtaine d’années. L’intérêt est double car l’augmentation du couvert végétal permet de freiner l’artificialisation des sols et de se projeter dans une ville future plus connectée à son environnement.

 

DSCN9073

 

Le Plan Canopée de la Métropole de Lyon n’a pas encore été mis en œuvre, mais sa démarche pourrait s’inspirer de celle du Plan de Montréal qui repose sur la participation de tous les acteurs publics et privés. Un diagnostic réalisé en 2011 a permis de déterminer les secteurs ayant le plus besoin d’augmenter leur indice de canopée, le Plan prend donc en compte les spécificités locales pour déterminer le nombre d’arbres à planter. Globalement, la plantation de 300 000 arbres sur 10 ans sera nécessaire pour espérer atteindre l’objectif en 2025. Pour le réaliser, deux phases principales ont été déterminées (2012-2017 et 2018-2021) avec l’idée de réaliser les plus gros investissements rapidement pour bénéficier de la croissance des premiers arbres avant la fin du plan d’action.

Du point de vue financier, les coûts sont partagés entre tous les acteurs et peuvent prendre des formes diverses (don, action bénévole, fourniture d’arbres). Concrètement, le coût total est estimé à 158 millions de dollars sur 10 ans. S’il parait ambitieux, ce Plan est soutenu par l’opinion publique et sa mise en œuvre est en outre facilitée par le fait que Montréal dispose d’une pépinière municipale susceptible de répondre à 50% des besoins en plantations.

À terme il est admis que la valeur des services écosystémiques rendus par les arbres devrait rentabiliser les investissements effectués à l’horizon 2050.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le Plan d’action canopée de la ville de Montréal en suivant ce lien.

 

Tags: , , ,

Commentaires clos.