Une rencontre inter centres-sociaux autour du développement durable

16 février 2018
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L’environnement et les comportements citoyens, au cœur des changements de demain, sont devenus une préoccupation majeure des collectivités. C’est dans cet esprit que le forum « Ras le bol du développement durable » s’est tenu le 24 novembre dernier, au sein de l’Association des centres socioculturels d’Oullins (ACSO).logo-acso

Cet événement, consacré à la thématique du développement durable, et initié en 2014, est organisé par un collectif de centres sociaux du grand Lyon. Il réunit chaque année les centres sociaux du Rhône qui souhaitent inscrire leurs actions dans une démarche éco-citoyenne, et de sensibilisation à l’environnement.

C’est donc à l’occasion d’un petit déjeuner convivial, que se sont retrouvés le 24 novembre, les participants à la quatrième édition du forum pour répondre à une question qui a éveillé la curiosité de tous : « Ras le bol du développement durable ? »

Pour les fidèles de l’événement, l’heure est aux retrouvailles, tandis que de nouvelles venues, ayant eu écho de l’évènement, se sont jointes à cette matinée, intriguées par cette question.

Dans l’attente que tout le monde arrive, des petits groupes de discussions se forment, l’occasion d’échanger sur les motivations de chacun et de la raison de leur présence, le tout dans une ambiance joyeuse. Ce sont donc bénévoles, directeurs de structures, animateurs, membres de la Métropole et de la fédération des centres sociaux, qui ont pris place dans l’assemblée.

Cette année, la matinée s’est organisée en trois temps :

  • le premier, rythmé par l’intervention de Manu Bodinier d’AequitaZ. Cette association donne la parole aux jeunes citoyens en situation de précarité, notamment à travers la mise en place de débats démocratiques où chacun est invité à exprimer ses envies.  C’est dans cette démarche de lutte contre les inégalités, et en développant les pouvoir d’agir des citoyens, qu’Aequitaz entend contribuer à une société plus juste.
  • Un deuxième temps consacré à la réflexion en différents ateliers, afin de réagir à l’intervention.
  • Enfin, un dernier temps de restitution était proposé en présence de la fédération des centres sociaux.

Le défi de cette rencontre : se renouveler et mobiliser autour de cette thématique. Alors, vraiment ras le bol du développement durable ?

C’est dans ce contexte qu’Olivier Borius, directeur de l’association des centres socioculturels d’Oullins, interpellé sur l’aspect provocateur de ce titre nous explique : « Le comité de pilotage de cet événement, constitué de plusieurs centres sociaux du Grand Lyon, l’a choisi de manière à faire réagir sur une notion aujourd’hui de plus en plus galvaudée et parfois vidée de son sens. »

En donnant la parole à Manu Bodinier, issu du mouvement d’éducation populaire, le choix était, certes d’apporter des éléments théoriques, mais surtout de proposer aux participants d‘échanger sur des expériences qui ont démontré leur efficacité. Pour débuter cette réflexion, Manu Bodinier a dans un premier temps rappelé le contexte économique et politique dans lequel s’inscrit le développement durable, notamment dans la façon de répondre à nos besoins.

Ainsi, notre système économique et politique ne prend pas toujours en compte la planète et ses contraintes, et notre manière de consommer des biens et services ne nous permet pas toujours de prendre conscience de l’impact de nos achats sur l’environnement, et les inégalités que l’on créé par là-même. Notre système, axé sur la recherche du profit, représente une menace pour l’environnement et entretient les inégalités.

Manu a abordé les inégalités et l’organisation de notre société actuelle, avec la métaphore des escaliers roulants, symbole de l’échelle sociale. Manu nous explique ainsi : « La société est comme un palier duquel partiraient deux escaliers roulants, un qui monte et l’autre qui descend. Tandis que certains montent avec l’escalator dans le bon sens, d’autres sont comme condamnés à monter l’escalator qui descend. »

Cette image nous fait comprendre que l’ascension sociale peut être plus difficile pour les personnes se trouvant sur l’escalier qui descend. Autrement dit, les personnes issues d’un milieu populaire, sont confrontées aux mêmes inégalités et se retrouvent en difficulté pour évoluer dans l’échelle sociale. Les efforts fournis, qui peuvent être, en outre, beaucoup plus importants que ceux fournis par une personne plus favorisée, les ramènent inexorablement à leur condition initiale. Pas d’évolution possible. Ils sont condamnés à conserver leur statut social. A partir de ce constat, comment pouvons-nous permettre à ces personnes d’agir, de leur donner les moyens de s’extraire de leur condition ?

Justement, le centre social a vocation à favoriser l’éducation populaire, et à développer le pouvoir d’agir, de par notamment de sa proximité, faisant de celui-ci un interlocuteur privilégié des habitants. C’est donc en partant des expériences de chacun qu’une réflexion en groupe s’est ouverte afin d’échanger ensemble autour de la place des centres sociaux dans l’appropriation de cette thématique par tout un chacun.

L’important est d’agir concrètement et d’encourager la prise d’initiatives de façon à toucher un public parfois éloigné des questions liées à l’environnement. Il est également nécessaire d’adopter soi-même des comportements responsables, pour pouvoir les transmettre de manière cohérente et durable. Car bien que les démarches soient nombreuses, modifier les comportements aussi bien individuels, que collectifs n’ait pas chose aisée. Comme l’explique Philippe Villeval, directeur du centre social de Point du jour : « Nous pouvons certainement plus agir avec les habitants, mais également au sein de nos structures, par le choix des fournisseurs par exemple, pour les repas à la crèche ou au centre de loisirs, et aussi valoriser, faire connaitre toutes ces actions parce que nous faisons déjà beaucoup de choses. » 

Le groupe a identifié l’importance de mettre en place des partenariats, pour venir en appui à certaines actions. Ainsi, comme l’explique Philippe Villeval, : « Les centres sociaux représentent une force collective dont nous n’avons pas toujours conscience. Mais nous devons également nous allier à d’autres, sur les territoires ou au niveau du réseau, et surtout accompagner davantage les habitants pour qu’ils puissent exprimer ce qui est important, et être entendus »

Ces différents ateliers ont permis d’identifier les bonnes pratiques des centres sociaux, et de prendre conscience de ce qui se fait déjà en matière de développement durable. A l’issue de ces échanges, un sentiment d’espoir et de réconfort nous gagne et ne peut qu’encourager chacun à poursuivre les efforts entrepris.

L’évènement s’est clôturé autour d’un buffet gourmand, concocté par des familles du centre social. L’occasion de régaler nos papilles et d’échanger sur les impressions de chacun après une matinée intense, riche en débats et enseignements. La réflexion pourra se poursuivre autour d’un bilan de cette journée. Certains, venus pour la première fois, repartent dans l’optique de revenir l’année prochaine. Ras le bol du développement durable ? Certainement pas…

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