Hiver 2013 : Vaulx-en-Velin se chauffe au bois

Le bois est devenu, à 65%, le premier combustible de la chaufferie centrale de Vaulx-en-Velin. Une révolution énergétique pour le réseau de chaleur quarantenaire qui, jusqu’en 2011, fonctionnait au charbon, gaz et fioul lourd.

>> Mesure visée par l’action 2.2 du  Plan d’Actions Partenarial [clic !  à lire en p. 12]

SAMSUNG CSC

La chaufferie biomasse inaugurée en juin 2013 produit 89 % de l’énergie nécessaire au réseau de chaleur vaudais.

Fin octobre, début novembre. Les jours raccourcissent, les matinées se font plus fraîches, on se surprendrait même à allumer le radiateur en soirée : c’est la saison de chauffe qui débute avec les prémisses de l’hiver. Après une phase de tests concluante cet été, Vaulx-en-Velin passe son chauffage urbain à l’énergie bois.

Une production énergie soucieuse de l’environnement
Exploitée en délégation de service public par Cofely Services – filiale du groupe GDF Suez, la chaufferie biomasse compte trois chaudières bois interopérables pour une puissance cumulée de 22,5 MW. A titre de comparaison, la chaufferie biomasse de Vénissieux produit 12,7 MW ; celle de La Duchère 14 MW.

Sur place, M.Verand, directeur d’exploitation veille au grain : « c’est ici qu’est produite la chaleur nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire des habitations, écoles, collèges lycées et établissements professionnels – soit 12000 équivalents-logements. »
La chaufferie biomasse assure à elle seule 89% de la demande en énergie du réseau ! Pour le reste, elle est couplée avec des équipements d’appoint – une cogénération et deux chaudières gaz. Précaution oblige, une chaudière de sécurité au fioul demeure de manière à parer les sollicitations exceptionnelles du réseau, lors d’une période prolongée de grand froid par exemple.

La commune de Vaulx-en-Velin acte par là-même une mutation exemplaire, inscrite au titre du Plan Climat Énergie Territorial. L’installation rutilante permet d’économiser chaque année l’équivalent de 15000 tonnes de pétrole et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 37800 tonnes de CO2. « Soit l’équivalent de 7785 tours de la Terre en petite cylindrée ! » précise le directeur d’exploitation.

Un approvisionnement en circuits courts
Pour assurer le ravitaillement de la chaufferie au plus fort de l’hiver, 12 à 13 camions acheminent quotidiennement le bois de combustion – plaquettes forestières (50%), rafles de maïs, résidus agricoles et forestiers – depuis la plateforme de Saint-Maurice-de-Gourdans, à 30 km à peine de Lyon.
Au total, 12 exploitations locales, voire régionales, sont mobilisées pour fournir les 40000 tonnes annuelles nécessaires au fonctionnement de la chaufferie biomasse.

La chaufferie biomasse dispose d'une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

La chaufferie biomasse dispose d’une capacité de stockage de trois jours en pleine période de chauffe.

Une fois réceptionné, le bois est stocké, brûlé, séché puis carbonisé pour alimenter le réseau en énergie. On récupère les cendres en bout de course : 1200 tonnes annuelles dont 800 revalorisées en béton de mâchefer.

« En terme d’émission carbone, la combustion du bois est neutre, rappelle le directeur d’exploitation. Elle se contente de réémettre dans l’atmosphère le CO2 absorbé par l’arbre lors de sa croissance. »

Un prix de l’énergie plus avantageux
Nous l’avons vu, la chaufferie biomasse assure 65 % de la production de chaleur avec une énergie renouvelable. Coïncidence hasardeuse ? Point du tout : au dessus de 60%, la TVA passe à 5.5 pour la biomasse – contre 19,6 % pour les énergies fossiles. Une économie à la source répercutée sur le consommateur final.

Résultat ? Dès 2014, la facture moyenne de chauffage/eau chaude devrait diminuer de 18 % en moyenne : une réponse solidaire à la montée inquiétante de la précarité énergétique.

SAMSUNG CSCLe chauffage urbain Vaudais en chiffres

  • 25 km de réseau primaire
  • 135 sous-stations
  • 12 000 équivalents logements desservis
  • 40 000 tonnes de bois par an au maximum
  • 37 800 tonnes de CO2 par an en moins
  • 22,5 MW de puissance bois
  • 15 à 20% de baisse du prix de l’énergie
  • 65% de la chaleur produite par le bois

A7, les automobilistes lèvent le pied

panneau de signalisation vitesse limitée à 70 km/h

La traversée de Lyon limitée à 70 km/h

>> Mesure visée par le 2.4 du Plan d’Actions Partenarial [clic ! à lire en p.16]

Les furieux bolides du bitume n’ont qu’à bien se tenir ! Depuis ce vendredi 11 mai, les portions d’autoroute traversant le centre-ville de Lyon sont limitées à 70km/h. La décélération en question vise à réduire la pollution et le bruit aux abords des zones urbanisées de l’autoroute du Soleil.

En tout et pour tout, seuls trois kilomètres de l’A7 sont concernés par une vitesse maximale de 70 km/h : depuis la courbe de la Mulatière jusqu’à la sortie du tunnel Fourvière.
« Cette nouvelle mesure vise l’amélioration du plan de protection de l’atmosphère (PPA) du Grand Lyon qui doit être adopté prochainement » a déclaré le Préfet du Rhône Jean-François Carenco, à l’origine du décret.

De fait, 40% de la pollution de l’air dans l’agglomération lyonnaise sont directement imputables au trafic routier. Ralentir c’est consommer moins de carburant. Lever le pied (sans aller jusqu’à la tendinite), c’est déjà limiter ses rejets de microparticules nocives.

Paul F. emprunte quotidiennement l’A7 pour rejoindre son domicile à Oullins : « si la volonté politique est véritablement de réduire les émissions carbone sur l’agglomération, la limitation de vitesse pérenne et contrainte – matérialisée par autant de panneaux signalétiques [NDLR et de « prunes » au goût amer ?] – est certainement plus adaptée que l’affichage lumineux épisodique lors des pics de pollution.» Et d’ajouter, pragmatique : « même si je vais perdre un temps précieux… »

Si l’A7 ouvre la voie, cette première disposition – entrée en vigueur le 11 mai 2012 – s’inscrit dans un schéma plus global visant l’homogénéisation progressive des limitations de vitesse aux abords de Lyon. De cette façon, la vitesse maximale autorisée sur les voies rapides de l’agglomération lyonnaise sera réduite de 20 km/h, d’ici fin juin. [NDLR Dans le même temps, les limitations de vitesse épisodiques* seront abandonnées.]

Perdre un peu de son temps pour en faire gagner à la planète, ça a du bon, non ?

* Le Grand Lyon compte 125 jours annuels d’alerte à la pollution